CHAPITRE 30

2701 Words
ELIA Je bougeais mes hanches de gauche à droite sur le rythme de la musique. J’avais tellement chaud, au milieu de tous ces gens… L’ambiance était électrique et j’étais complètement perdu dans mon monde. Je ressentais un sentiment de bien-être et de paix, comme si personne n’était autour de moi et que je dansais seule sur le sable frais. Je m’étais tenue à deux cocktails, qui m’avaient largement suffit. Comme d’habitude, je regrettais un peu d’avoir forcé un peu trop, mais je me sentais tellement bien que je n’y accordais pas trop d’importance. Il était à peine une heure et demie et les garçons s’étaient éloignés depuis un moment. On ne s’était pas arrêté de danser depuis au moins une heure. On avait échappé de peu à une bagarre à côté de nous, et quelqu’un avait renversé accidentellement le reste de son verre sur le bas de la robe de Sydney. Voilà pourquoi on s’était mis un peu en retrait. Après tout, on n’était pas là pour trouver des mecs. D’ailleurs, on en avait repoussé plusieurs, jusqu’à maintenant. Je sortais de mes pensées en sentant de grosse main se poser sur mes hanches. J’ouvrais complètement les yeux avant de me retourner et de faire face à un mec pas très grand, qui me souriait avec un air niai qui me donnait envie de le gifler. Je lui faisais signe qu’il pouvait partir, mais il s’approchait un peu plus de moi. Je posais mes mains sur ses épaules et son sourire disparaissait. Il partait aussitôt rejoindre ses potes qui se foutaient de lui et je me tournais vers les filles… qui n’étaient plus là. Je regardais autour de moi, constatant que je ne reconnaissais personne. Ils ne m’avaient pas laissé toute seule, quand même ? Je passais au milieu des gens, la vision brouillée à cause de l’alcool. Je sentais une main se poser sur mon bras et je me retournais rapidement, rassurée de voir qu’il s’agissait de Chelsea. – Eh, tu vas où ? – Je vous cherchais. – On était juste à côté de toi, tu es sûr que ça va ? Me demandait-elle en fronçant les sourcils. – Oui. Je me sentais bête de ne pas avoir cherché plus longtemps et d’être parti comme ça dans la foule. Je ne me sentais pas bien du tout et j’avais maintenant envie de rentrer. L’alcool m’avait vraiment assommée. – Je vais rentrer. – Déjà ? Attend encore un peu, on partira tous ensemble. Je haussais les épaules. Je ne savais pas si j’allais pouvoir tenir plus longtemps debout. Quelqu’un passait un bras autour de mon cou et je me crispais en regardant de qui il s’agissait. Ce n’était que Nate, qui m’observait avec un grand sourire. – Tu veux un verre d’eau ? – Oui. Dis-je, sans vraiment avoir réfléchi. – Bouge-pas. Il repartait avant même que je lui dise un « merci » et je levais les yeux vers Chelsea. – Viens, il y a trop de monde, on va s’éloigner un peu. Elle me prenait la main et on rejoignait le groupe, qui était légèrement en retrait. Voilà que je pouvais mieux respirer. – Oh, Elia, tu n’as pas l’air bien du tout. Me disait Ben en retenant un sourire. Je l’ignorais en me tournant vers la foule. Si seulement Nate pouvait revenir tout de suite. J’avais besoin de boire autre chose que de l’alcool. J’avais limite envie de vomir et je détestais cette sensation. – Je vais rentrer. Dis-je après un moment. On se voit plus tard. – Quoi ? Tu ne rentres pas toute seule, tu es folle. Me disait Julian, qui tenait une fille par la main. – Si, ça va aller. Je vais appeler un taxi. Dis-je en sortant mon portable. Je voyais que j’avais un appel manqué. Mon corps faisait un bon quand je voyais le nom d’Augustino s’afficher. En revanche, il n’avait pas laissé de message. – Je vais remonter, on se voit plus tard. Dis-je en reculant. – Tiens, bois un coup. Je baissais les yeux en voyant un gobelet rempli d’eau tendu devant moi. Nate était revenu. – Merci. Je buvais difficilement. Avaler encore du liquide me donnait un peu plus envie de vomir. – Tu rentres ? – Oui, je suis fatiguée. Dis-je en évitant son regard. – Oui, tu as surtout bien bu, j’ai l’impression. On va te raccompagner. – Non, hors de question. Je vais appeler un taxi. Vous, restez ici. – Je te le commande alors. Il sortait son téléphone et je croisais le regard de Ben, qui me regardait d’une drôle de manière. Je détournais le regard et croisais les bras sous ma poitrine. Je commençais à avoir froid, alors que ça n’arrivait jamais. – C’est bon, il arrive dans treize minutes. – Merci. Finissez bien. Je commençais à remonter, rassurée que personne ne me suive. En revenant sur le dur, je secouais machinalement mes sandales pour faire partir le sable. Un bloc de béton me faisait des appels de phares, au loin, et je le rejoignais pour aller m’asseoir. Le fond de la musique était comme une berceuse, qui me donnait un peu plus envie de dormir. J’avais hâte de retrouver mon lit, j’étais vraiment hors service. – Tu t’es perdue ma jolie ? Je sursautais en voyant un petit groupe s’approcher dangereusement de moi. A voir leur démarche, ils étaient bien torchés. J’étais rassurée de voir qu’une fille les accompagnaient. Ils n’allaient pas pouvoir faire leur gros lourd. – Non, j’attends quelqu’un. – Oh, et ce quelqu’un est aussi belle que toi ? Cette fois, ils s’arrêtaient à côté de moi. J’évitais de les regarder, priant silencieusement pour que mon taxi arrive. – Non, c’est mon copain. Je ne pouvais m’empêcher de penser à Gus en disant ça. – Oh, on dirait qu’il t’a fait faux bon. Tu peux venir avec nous, si tu veux. Ou alors, on peut te raccompagner. L’un des mecs s’asseyait à côté de moi et je me décalais, prise d’une soudaine envie de vomir. – Non, il va arriver. Une voiture s’arrêtait pile à ce moment-là devant nous et je soufflais, rassurée. Je me dépêchais de me lever et mes yeux sortaient de leurs orbites en voyant Gus en sortir. Je sentais sa main puissante me tirer en arrière. Puis, quelqu’un me rattrapait avant que je ne voie l’homme que j’aimais beaucoup trop écraser son poing sur le mec qui s’était assis à côté de moi. J’en restais bouche bée. Le mec basculait en arrière et son groupe reculait de quelques pas. Gus se tournait vers moi et son regard désapprobateur me faisait flipper. – Monte dans la voiture. Je fronçais les sourcils avant de me laisser entraîner par l’homme qui me tenait fermement les épaules. Je montais derrière le conducteur, que j’identifiais maintenant comme Léonardo. Gus montait à côté de moi et la voiture démarrait. Un silence gênant s’installait et je baissais les yeux sur ma jupe, gênée qu’il me voit dans un tel état. – Tu me ramène chez moi ? Demandais-je au bout d’un moment en fixant la route par ma vitre. Il prenait une grande inspiration et je fermais brièvement les yeux. – Non, chez moi. Tu as besoin de décuver. Tu es complètement bourrée. Je me retenais de soupirer. Sa voix grave était chargée de colère, même s’il essayait de garder son calme. J’étais comme une gamine qui venait de se faire chopper par son père. – Je peux aussi bien décuver dans mon lit. J’osais le regarder et son regard me faisait directement détourner les yeux. Il était tellement beau, alors que moi, j’étais dans un état pitoyable devant lui. – Combien de verres as-tu bu ? – Je ne sais plus. Peut-être six ou sept. Dis-je en soupirant. Il soupirait à son tour, mais sans me répondre. Je posais ma tête contre la vitre, me rappelant le jour où il m’avait ramené chez lui, la première fois qu’il m’avait vraiment parlé. Quand on franchissait l’immense portail de sa demeure, je me détachais, et quand la voiture s’arrêtait devant l’entrée, je descendais. Gus faisait le tour de la voiture et posait une main sur mes fesses pour me presser à entrer à l’intérieur. Quand j’arrivais dans sa chambre, je retenais un soupir. D’un côté, j’étais heureuse qu’il soit venu me chercher et d’être avec lui, mais d’un autre, je n’aimais pas le voir énervé contre moi. – Déshabille-toi. – Quoi ? Dis-je en me retournant vers lui. – Tu as besoin de prendre une douche. Déshabille-toi. Je fronçais les sourcils, maintenant son regard de braise. – Tu n’as pas besoin de me dire ce que je dois faire. Je suis assez grande pour savoir ce que je dois faire. – Ah oui ? Pourtant, tu ne connais pas tes limites. Il s’approchait de moi et je retenais ma respiration quand il passait ses mains derrière mes fesses pour descendre ma fermeture. Ma jupe atterrissait sur le sol, et une sensation de chaleur remontait entre mes cuisses. Je ne le quittais pas des yeux alors qu’il défaisait le premier bouton de mon chemisier pour l’enlever ensuite. Je levais les bras pour l’aider et il m’invitait ensuite à m’asseoir sur le lit pour enlever mes sandales. Je le laissais faire, regardant maintenant ses beaux cheveux bruns coiffés en arrière. Le silence entre nous était plus agréable qu’il y a quelques secondes. Une fois mes sandales enlevées, je me levais, plantant mes yeux dans les siens. Je jurais voir du désir. Il me prenait la main et m’emmenait dans la salle de bain. Je restais planté à côté du lavabo alors qu’il allait faire couler l’eau du bain. Je me reprenais et me tournais vers les miroirs. Je prenais une lingette avant de m’essuyer les yeux. J’étais horrible, avec mes traces noires sous les yeux. Je prenais une autre lingette pour finir d’enlever ce c*****e. – Viens. Je retenais une nouvelle fois ma respiration en sentant sa main chaude se poser sur le bas de mon dos. Je tournais doucement la tête et croisais son regard brûlant, ce qui intensifiait ma soif de lui sauter dessus. Il m’attirait contre lui et passait ses doigts sous l’élastique de mon tanga. Il le faisait descendre sur mes cuisses et je battais des jambes pour le retirer. Je n’avais plus que mon soutien-gorge, qu’il défaisait en un quart de seconde, avant de m’emmener vers le bain où l’eau coulait encore. – Tu peux me laisser, je suis assez lucide pour me doucher seule. – Oui, et je suis assez intelligent pour le savoir. Je veux juste te regarder. Je tournais la tête vers lui, surprise qu’il me dise ça. Un sourire nerveux se dessinait sur mon visage. Quand je levais ma jambe pour entrer dans l’eau, sa main venait claquer mes fesses et je me tournais, choquée. – Ne profite pas de la situation. Dis-je en me retenant de rire. Je jurais voir un sourire joueur sur son visage. Je me dépêchais de rentrer dans l’eau, manquant presque de me casser la gueule. L’eau était chaude et une fois allongée dedans, je me sentais déjà mieux. Gus s’asseyait sur le rebord de l’immense baignoire avant d’éteindre le robinet. Il prenait la pomme de douche avant d’allumer l’eau et de m’asperger la tête. – Eh, ça va, ça va ! Criais-je en mettant une main devant mon visage. Il éteignait l’eau et je prenais le gel douche individuel posé sur une étagère au-dessus de la baignoire. Gus me l’arrachait des mains avant d’en mettre dans sa main. Je le regardais d’un air joueur avant de lever les bras pour qu’il me tartine son gel sur moi. Il se concentrait sur sa tâche et j’appréciais silencieusement ses doigts qui faisaient des allers-retours sur ma peau. – Tes amis allaient te laisser rentrer seule ? Me disait-il après un moment. – Nate m’a commandé un taxi. C’est moi qui aie insisté pour remonter seule. Il serrait les dents en évitant mon regard. Merde, le taxi. Et, merde, le travail… J’avais complètement oublié qu’on était dimanche, enfin, lundi, maintenant. Je ne serais jamais en état de me lever pour aller travailler. – Qu’est-ce que tu as ? – Je travaille demain. Dis-je en soupirant. J’ai fait n’importe quoi. Je ramenais mes genoux à moi en posant mes coudes dessus. Je posais mes pouces sur mes tempes avant de me masser doucement. – Tu appelleras demain pour dire que tu n’iras pas. Je rigolais nerveusement, en sentant sa main passer dans mon dos. – Tu vie dans quel monde, toi ? Je ne travaille pas à la carte. J’ai des horaires à respecter. – Tu ne peux pas travailler ici ? – Je n’ai pas mes affaires. Dis-je en encerclant mes jambes de mes bras. J’ai besoin de mon ordinateur. Je soupirais avant de me redresser. – Je vais finir de me rincer. Je te rejoins dans la chambre. Il hésitait un moment avant de me tendre la pomme de douche. J’attendais qu’il sorte de la salle de bain pour me relever. Je laissais couler l’eau sur ma peau, puis sur mes cheveux, avant de prendre le shampooing. Quand je revenais dans la chambre, il n’était pas là. Un de ses T-shirt était plié sur le lit, et je devinais qu’il était pour moi. Je souriais déjà en l’imaginant sur moi. Je ne faisais que penser à ma journée de demain, et il n’y avait que Gus pour me faire oublier cette soirée. Je m’étais bien amusée, dans un sens, mais j’avais trop abusé de l’alcool. J’enlevais ma serviette au moment où j’entendais la porte de la chambre s’ouvrir. Je sursautais en me dépêchant de cacher mon corps avec le T-shirt, mais je me détendais en voyant qu’il ne s’agissait que de Gus, qui me regardait intensément. – Tu as mis du temps. – Oui. Encore merci d’être venu me chercher. Il ne répondait pas et s’approchait de moi, prenant le T-shirt de mes mains. Il m’aidait à le mettre et je tirais dessus. Il m’arrivait presque aux genoux. Il était tellement grand… – Tu es encore plus belle avec mes habits. Il me faisait un bisou juste en dessous de l’oreille et je basculais ma tête en arrière pour lui faciliter l’accès. Ce contact suffisait à m’enflammer. – Je voudrais bien te b****r jusqu’au petit matin, mais tu dois être en forme pour aller travailler demain. Me disait-il d’une voix trainante avant de m’embrasser. Je passais mes mains derrière son dos et il passait les siennes sur mes fesses avant de m’attirer contre lui. Sa langue jouait avec la mienne et des frissons me parcouraient le corps avant de l’enflammer un peu plus. C’était fou le pouvoir qu’il avait sur moi. Il n’avait qu’à m’embrasser pour que j’oublie tout le reste. – Elia… – Gus… Je passais mes mains sous sa chemise et il m’arrêtait en posant ses mains sur mes poignets. – Elia, il est bientôt trois heures du matin et je ne crois pas que tu sois en état de faire quoi que ce soit. – Mais si, justement. Dis-je en essayant de l’embrasser. Je fronçais les sourcils en le voyant tourner la tête avant que mes lèvres n’atteignent les siennes. – Tu n’as pas envie… – Bien sûr que si, Elia. Tu sais bien que si. Mais là, il faut que tu dormes. Je soupirais avant de reculer d’un pas. Il venait de plomber l’ambiance. Tout à coup, je me sentais fatiguée. Je contournais le lit avant de tirer la couette et de m’allonger. Je l’entendais soupirer, puis le bruit de sa ceinture me faisait immédiatement lever les yeux vers lui. Il se déshabillait, me regardant intensément de toute sa hauteur. Quand il retirait sa chemise, j’en profitais pour admirer son torse musclé. Il contournait le lit et tirait la couette avant de s’allonger à côté de moi. J’hésitais à le rejoindre, jusqu’à ce qu’il lève le bras pour que je vienne poser ma tête sur son torse. Sa main se posait sur mon bras et je fermais les yeux. Jamais il ne m’avait montré autant d’affection. C’étaient ces moments que je préférais. Le sentir contre moi, avec moi.
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