CHAPITRE 16

1518 Words
ELIA – Bon, je te fais confiance pour boire de l’alcool en ma santé. – Bien évidemment. On s’asseyait autour d’une table, sur des canapés rouges confortable dans le fond d’un bar. Je n’étais jamais venu ici, mais l’endroit été chic et festif et j’adorais ça. – Qu’est-ce que je vous sers ? Nous demandait un serveur. – Un verre de vin blanc et… – Un jus de fruit. Elle finissait pour moi. – Ça marche. Il partait et Cassidy se rapprochait de moi au-dessus de la table. – J’en peux plus de cette journée. J’ai l’impression que ma tête va exploser. Je n’ai fait que d’y penser. – Eh bien, au moins, tu penses à quelque chose de positif. Je lui faisais un petit sourire avant de prendre sa main gauche pour regarder son alliance. Elle était magnifique. – J’envie ta vie, tu ne peux pas savoir comment. – Je sais ma chérie, mais tu as encore deux ans pour me rattraper. Profite. Moi, c’est fini maintenant. Tout ce qui m’attend, c’est vivre éternellement avec le même homme et changer des couches jusqu’à la crise d’adolescence. Elle faisait semblant de s’étrangler et je rigolais. – Une vie tout à fait normal, si tu veux mon avis. – Oh, je ne me plains pas. J’ai bien profité avant de me faire passer la corde au cou. – Tu m’étonnes. Je reculais sur mon siège pour laisser le serveur poser nos verres. – Et toi, racontes, ça en es où avec Ben ? Il s’est calmé ? Je mordais l’intérieur de mes joues en baissant la tête. Je n’avais pas envie de revenir sur le sujet, mais j’avais quand même envie de la mettre au courant. On partageait toujours tout. – Je l’ai quitté. – Quoi ? Elle s’étranglait presque avec son jus de fruit alors que je haussais les épaules. – Qu’est-ce qu’il a fait ? – A ton avis ? – Oh, le s******d. Raconte-moi tout. Je lui racontais la situation en évitant de parler de la fin de soirée de samedi. – Quel connard. Je ne comprends pas. Il a bousillé douze ans de sa vie, comme ça. Elle claquait des doigts en secouant la tête. – Je suis désolé ma chérie. – Ça va, bizarrement, je me sens bien. Si on exclut la case Augustino. – Vraiment ? Je suis contente que tu ne déprimes pas. Ça veut sûrement dire que ça devais se finir. – Oui, je le pense. – Et maintenant, tu vas faire quoi ? b****r tout ce qui bouge ou attendre que quelqu’un te tombe dessus ? Je repensais immédiatement à Augustino, qui rentrait parfaitement dans les deux contextes. – Tu as déjà quelqu’un en tête, c’est ça ? – Pas du tout. Dis-je immédiatement. Je prenais mon verre pour boire quelques gorgées de vin. – D’accord, alors je peux t’aider à en trouver un ? Peut-être Michael ? Tu sais qu’il aimerait bien t’inviter à boire un café. – Arrête, non, pas question. Michael est un coureur, pas moi. – Justement, il a de l’expérience. Je rigolais en secouant la tête. – Je plains ton futur enfant. Il va avoir une maman obsédée qui ne peut pas s’empêcher de dire des conneries. – Ouais, une super maman. Elle posait une main sur son ventre encore plat et je levais les yeux au ciel. – Tu vas lui dire quand, à Ian ? – Peut-être ce soir, ou ce week-end. Il m’emmène au restaurant. – Eh bien, parfaite occasion. – Oui, peut-être. Elle soufflait avant de passer une main dans ses cheveux. – Bon, on trinque ? Dis-je en levant mon verre. – Oui. – A ta future vie parfaite en famille. *** Je rentrais à vingt heures, épuisée par cette journée. Ma mère n’était pas là et j’étais contente de me retrouver un peu seule. Je me couchais sur le canapé, balançant mes talons qui me faisaient mal aux pieds sur le carrelage. Je n’allumais pas la télé, comme à mon habitude. Je fixais seulement le plafond, me concentrant sur ma respiration qui emplissait le calme de la pièce. Voilà qui résumait bien ma vie. J’étais seule. Je fermais les yeux en soupirant, ne sachant pas du tout quoi faire de ma soirée. Avant, quand je rentrais de mon stage ou des cours, je me rendais chez Ben. Je faisais mes cours sur son bureau pendant qu’il jouait à la Playstation avec Nate et Julian. Maintenant, je devais rentrer ici toute seule et apprendre à changer mes habitudes. Mon portable vibrait et je tirais mon sac près de moi pour prendre mon portable. Un numéro inconnu s’affichait avec un message : PARFOIS, LE HASARD FAIT BIEN LES CHOSES. J’ESPÉRAIS TE CROISER ENCORE UNE FOIS... Mon cœur se mettait à tambouriner dans ma poitrine quand je réalisais que ce message venait d’Augustino. Comment avait-il eu mon numéro ? Je me relevais du canapé, souriant bêtement alors que je sentais tout mon corps se réveiller. Une bouffée de chaleur me saisissait et je mordais ma lèvre inférieure en écrivant : AS-TU AUSSI TROUVÉ MON NUMÉRO PAS HASARD ? JE NE CROIS PAS… J’appuyais sur envoyer en rapprochant les genoux de ma poitrine. Mon téléphone dans ma main, je me mettais à rire toute seule. Voilà ce qui me manquait dans cette journée. Quelqu’un qui pense à moi. JE T’AI DIT QUE J’OBTIENS TOUJOURS CE QUE JE VEUX… J’étais surprise par la rapidité à laquelle il répondait à mon message, et je levais la tête en réfléchissant à ma réponse. Bon, son message fuyait ma question, mais j’étais trop contente qu’il me parle pour en avoir quelque chose à faire. ET QU’EST-CE QUE TU VEUX ? Cette fois, il mettait plus de temps à répondre, et mes genoux tremblaient tout seul alors que je tentais de reprendre mon calme. Pourquoi mon cœur accélérait autant à cause de quelques petits messages, bordel ? TU VERRAS… Je fronçais les sourcils face à mon téléphone. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Tu verras… Qu’est-ce que je verrais ? Il voulait me revoir ? Il voulait qu’on continue à se voir pour coucher ensemble ? Mon dieu, rien que d’y penser, mon corps  s’embrasait. Je ne répondais pas à son dernier message alors que je mourais d’envie de relancer la conversation. Après tout, s’il avait cherché mon numéro et s’il m’avait envoyé un message, il n’allait pas arrêter de me parler, si ? Je me laissais tomber sur le canapé, ouvrant les snaps que j’avais reçu des filles et de Nate, qui était allé surfer avec Julian pendant que je travaillais. Les filles s’étaient posées chez Sydney pour se baigner et même si elles m’avaient demandé de les rejoindre, je n’avais plus envie de bouger. *** Le lendemain, j’assistais à une « réunion finance » qui était plus que barbante. Garrett, le directeur financier qui venait de New York, nous exposait les chiffres depuis plus d’une heure et je regardais les minutes défiler. Je n’étais pas du tout concentré, et j’espérais que Christian me fasse un compte-rendu à la fin. Aaron, qui se trouvait en face de moi à la table, levait de temps en temps les yeux au ciel pour montrer qu’il s’ennuyait et je rigolais discrètement à chaque fois. Cassidy notait tout sur son ordinateur à côté de moi et je n’en revenais pas qu’elle n’avait toujours pas décrochée. Garrett parlait, puis William, le directeur de notre site, puis encore Garrett. Après deux heures de réunion, il nous invitait enfin à sortir, et je reculais ma chaise, contente de pouvoir me dégourdir les jambes. Garrett me faisait signe alors que je calais mon ordinateur portable sous mon bras. J’attendais que les autres me dépassent pour aller vers lui. – Vous voulez me parler ? – Non, pas vraiment. Je voulais seulement vous féliciter. Vous rejoignez définitivement notre société. – Oh, merci beaucoup. – Ce n’est que la troisième fois que je vous vois, mais, Christian m’a dit beaucoup de bien sur vous. – Oh, Christian est un excellent tuteur. Je suis sûr qu’il exagère. – Vous savez, quand on ne pense pas du bien d’une personne, on ne dit rien, alors je le crois. – Merci. Dis-je en souriant. – Bien. C’est bon, on a fini, vous pouvez reprendre vos activités. Je le remerciais, puis le saluais une dernière fois avant de sortir. Cassidy m’attendait contre le mur, à la sortie de la salle de réunion, et je souriais face à son air amusé. – Toi aussi, tu es contente d’avoir fini la réunion ? Elle rigolait, puis croisait les bras. Elle arquait un sourcil, me regardant comme si elle me soupçonnait de quelque chose que j’ignorais. – Qu’est-ce que tu as ? – Tu ne m’avais pas dit que tu parlais à Monsieur-riche-et-parfait. – Quoi ? Elle montrait du doigt l’entrée et mon cœur s’arrêtait quand je croisais le regard d’Augustino. Les mains dans les poches, son costume noir parfaitement repassé, il baissait la tête, comme pour m’inviter à le rejoindre. Mon cœur s’accélérait alors que je sentais mes mains devenir moites. Mon dieu.
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