CHAPITRE 26

2471 Words
ELIA Je sortais de la chambre, priant pour ne croiser personne pendant cette excursion. Je ne savais même pas comment faire pour aller sur le toit, mais je trouvais ça amusant de devoir le chercher dans cette maison immense. Si je devais me rendre sur le toit, je n'avais qu'à trouver des escaliers. Je longeais le couloir, descendais quelques marches avant de me retrouver dans une pièce spacieuse et silencieuse où se trouvait une table de billard. Je m'approchais pour la toucher du bout des doigts avant d'inspecter le reste de la pièce. Dans chacun des coins, à ma gauche, il y avait deux fauteuils en cuir marron qui semblaient assez vieux. Les nombreuses fenêtres illuminaient l'espace. De l'autre côté, un canapé de la même matière que les fauteuils faisait face à la table de billard. Plus loin, la pièce s'ouvrait sur un bar avec des tabourets où plusieurs frigos noirs se cachaient derrière. A travers la vitre, je voyais des dizaines de bouteilles de vin rangées. J'adorais cette pièce, mais je n'aurais jamais dû m'y rendre. J'avais trop peur de croiser quelqu'un. Je sortais, partant dans l'autre couloir qui devait mener derrière la cour. J'arrivais dans un petit hall, où les murs, le sol et le plafond étaient recouverts de carrelage blanc. Une grande porte marron en bois se trouvait au coin et j'apercevais une petite terrasse par les grandes fenêtres. Peu importait, puisque ce qui m'intéressait, c'était ces escaliers qui se trouvaient en face de moi. Je montais, le cœur battant à tout rompre. J'ouvrais la porte qui se trouvait en haut et tombais dans une petite véranda, enfin, dans un petit kiosque en bois. Augustino n'était pas là, mais je percevais un fond de musique latino venir de je-ne-sais-où. Je suivais la musique, marchant sur le couloir étroit du toit. C'était la première fois de ma vie que je montais sur une terrasse qui se trouvait sur un toit. Je ne prenais pas la peine d'admirer la vue, parce que dès que mes yeux se posèrent sur Augustino, plus rien de ce qui se trouvait autour ne comptait. Entre deux palmiers, il était assis là, sur une chaise, devant une longue table de jardin en bois. Il avait le même peignoir que moi. Il posait sa tasse de café quand je m'arrêtais près de lui. Son sourire coquin me faisait rougir et je mordais ma lèvre en regardant derrière lui. J'ouvrais de grands yeux en découvrant un grand jacuzzi rond sous un toit en brique. Le jacuzzi était entouré de petites marches en bois et l'idée d'aller dedans avec lui me faisait déjà saliver. Est-ce que c'était ça, son idée ? Il m'avait fait monter sur le toit pour que j'aille dans ce jacuzzi avec lui ? - Bonjour, Elia. Bien dormi ? Sa voix me faisait revenir à la réalité. Il se levait de sa chaise et me toisait du même regard brûlant que d'habitude. Il s'approchait de moi et m'embrassait sur le coin de la bouche, ce qui me surprenait. - Très bien, et toi ? - J'ai connu pire. Il me faisait un petit sourire et un clin d'œil amusé et je rigolais en repensant à ce que je lui avais dit la première nuit où j'avais dormi ici. - Un café ? - Non, merci. Je détaillais son peignoir. C'était drôle de le voir sans son costume. Il s'approchait un peu plus près de moi et baissait la tête pour s'aventurer dans mon cou. Sa respiration me chatouillait et je penchais la tête pour lui faciliter l'accès. Je le sentais sourire contre ma peau. - Tu as pris une douche ? - Oui, pourquoi ? Je sentais si mauvais ? Il relevait la tête avec un sourire, et je le trouvais encore plus beau comme ça. Il faisait moins sérieux que d'habitude, plus décontracté. J'espérais en être pour quelque chose. - Non. Mais j'avoue que ton gel douche sent très bon. Je rigolais en levant les yeux au ciel. - Tu as faim ? Oui, beaucoup, je mangerais bien un lion. - Oui, un peu. - Tant mieux, le petit dej' arrive dans cinq minutes. Il retournait s'asseoir à sa place et tirait la chaise à côté de lui en m'invitant à venir. Je m'asseyais en ne le quittant pas des yeux. Je ne faisais qu'appréhender mon retour chez moi. Est-ce qu'Augustino allait encore une fois disparaître ? J'avais peur qu'il me laisse et je n'avais pas du tout envie de rentrer chez moi. - Qu'est-ce que tu as ? - Rien du tout. Il me scrutait en levant un sourcil. Je n'allais sûrement pas lui dire que j'avais peur qu'il me quitte alors que je ne savais même pas si on était ensemble. Une femme d'une cinquantaine d'années arrivait à ce moment là avec un grand plateau. Je la regardais marcher jusqu'à nous. - Bonjour Monsieur Gómez. Madame Williams. Elle posait un plateau devant lui et je fronçais les sourcils. Comment savait-elle mon nom ? Gus la regardait d'un regard mauvais avant de reporter son attention sur moi. Je la remerciais quand elle posait un verre et une assiette devant moi. Le plateau contenait des fruits coupés, du pain, de la confiture, des œufs, du fromage et d'autres aliments. Quand elle partait enfin, je demandais : - Comment elle connait mon nom ? - Quand je lui ai envoyé un message pour demander le petit déjeuner, je lui ai dis que tu étais là. - Et tu lui as dit mon nom ? - Oui. Il se servait un nouveau café en m'ignorant. Je prenais le jus d'orange que j'imaginais pressé de ce matin. - Tu as dis à ta mère que tu te trouvais ici ? Sa question me surprenait et je croisais son regard intéressé. - Non, je n'ai pas allumé mon portable depuis hier soir, pourquoi ? Ma mère allait me crier dessus quand j'allais rentrer, mais je m'en foutais. Elle était peut-être inquiète, mais j'étais assez grande pour faire ce que je voulais. - Ta mère doit être inquiète. - Non, je lui expliquerais en rentrant. - Et, qu'est-ce que tu vas lui expliquer ? Il posait ses coudes sur la table et je regardais un instant sa bouche. C'était vrai ça, qu'est-ce que j'allais lui dire ? Si seulement il pouvait m'éclairer. - Je ne sais pas trop. Qu'est-ce que tu voudrais que je lui dise ? Il me fixait avec ses yeux sombres hypnotisant et je baissais les yeux. Mon cœur s'accélérait. Pourquoi attendre sa réponse me rendait si nerveuse ? - Écoute, j'aimerais beaucoup que cette relation reste entre nous. Quoi ? Mon cœur manquait un battement. Il venait vraiment de parler d'une relation ? Et pourquoi je ne devais rien dire ? - Pourquoi tu ne veux pas que j'en parle ? - Tu en as déjà parlé à quelqu'un ? - Mes amies sont au courant. - Oui, je le savais déjà. Je te rappelle que je les aient déjà vus hier soir. Mais, je voulais seulement parler de ta famille. - Tu veux dire, ma mère. - Oui, ta mère. Je faisais un petit sourire. Je ne comprenais pas pourquoi il ne voulait pas que je lui en parle, mais je n'avais pas tellement envie de lui en parler pour l'instant. Je ne savais toujours pas si elle avait accepté le fait que j'avais enfin quitté Ben, alors pourquoi parler de cette relation maintenant ? - D'accord, j'attendrais avant de lui en parler. Mais, je peux savoir pourquoi ça te dérange ? - Ça ne me dérange pas. Je veux juste qu'on reste dans notre bulle. Il prenait du pain sur le plateau et je fixais mon verre. - D'accord. Il mordait dans son pain et je sentais son regard sur moi. - Elia, je veux avant tout que tu saches que je ne te demande pas de ne rien dire parce que je ne tiens pas à toi, au contraire. C'est seulement nouveau pour moi, tout ça. Je ne sors jamais avec personne. Un sourire nerveux se dessinait sur mon visage. Je me sentais tout à coup rassurée. J'avais enfin l'impression qu'on ne faisait pas tout ça pour rien. Je n'étais peut-être pas qu'un passe temps, pour lui. Peut-être qu'il ressentait la même chose que moi. - Aller, viens. Je relevais les yeux et il reculait sa chaise pour taper sur ses genoux. Je me levais et m'asseyais sur lui. Son bras passait dans mon dos et il m'attirait contre lui. Le sentir contre moi me rassurait davantage, et je passais mon bras derrière son cou. Je mordais ma lèvre en voyant son visage si près du mien. Sa main droite venait caresser ma joue et je me penchais légèrement pour l'embrasser. Très vite, sa langue trouvait la mienne et la main derrière le bas de mon dos s'appuyait plus fermement sur ma peau. Ce contact suffisait à enflammer mon corps. Il quittait subitement mes lèvres et posait son front contre le mien. - Je ne sais pas toi, mais moi, j'ai très chaud. Je me redressais en souriant. Une certaine tension montait dans mon ventre et je fronçais les sourcils. Est-ce qu'il pensait à la même chose que moi ? Sa main se posait sur ma cuisse et il m'invitait à me lever. Je le faisais, ne sachant pas du tout quoi faire d'autre. Il me regardait avec son sourire séducteur et j'avalais ma salive. Je baissais les yeux quand il détachait la ceinture de son peignoir en ne me quittant pas des yeux. Il l'ouvrait, dévoilant son corps entièrement nu exposé au soleil. Mon cœur s'accélérait à nouveau et j'ouvrais légèrement la bouche. Son sourire s'élargissait et il tournait les talons. Je matais ses fesses musclées. Il grimpait les marches du jacuzzi avant d'aller dedans. C'était pour ça, le peignoir. Il savait que j'allais être nue dessous, comme lui. Mon cœur faisait un triple salto dans ma poitrine et je baissais les yeux quand son regard croisait le mien. J'avais vraiment envie de le rejoindre, mais qu'allait-il se passer ? Je n'allais pas pouvoir lui résister longtemps, comme d'habitude. Décidée à le rejoindre, j'avançais de quelques pas vers lui. Il me fixait toujours et je souriais comme il l'avait fait en se déshabillant. J'enlevais ma ceinture, ouvrais mon peignoir en grand avant de le faire glisser le long de mes bras. Dans l'eau, je voyais sa poitrine se gonfler et ses yeux se baladaient sur mon corps avec envie. J'aimais savoir que je lui faisais de l'effet. Il se retournait pour appuyer sur un bouton et le jacuzzi se mettait en marche. Ses yeux se reposaient immédiatement sur moi et je montais les marches. Je mettais un premier pied dans l'eau chaude avant de baisser les yeux pour voir où j'allais. Je n'allais pas risquer de me casser la gueule devant lui. Une fois rentrée entièrement dans l'eau, je fermais les yeux un moment pour apprécier le contact de l'eau bouillante avec ma peau. C'était la première fois que je me baignais sans maillot de bain, et c'était très étrange, mais aussi très plaisant. - Tu aimes ? Me disait-il d'une voix amusée. - Je n'ai même pas de mot pour décrire le bien que ça me fait. Dis-je en souriant. Il aspirait sa lèvre et mon cœur s'accélérait quand je le voyais s'approcher de moi dans l'eau. J'avais complètement oublié qu'on se trouvait nus tous les deux, et apparemment, lui ne l'avait pas oublié. Je sentais ses mains me serrer les chevilles, et un instant plus tard, je me retrouvais contre lui. J'enroulais mes jambes autour de ses hanches par réflexe et il plongeait sa tête dans mon cou. Mon corps se réveillait subitement à son contact et je mettais ma tête en arrière pour lui faciliter l'accès à mon cou. Il suçait ma peau en dessous de mon oreille et le désir se réveillait au moment où je sentais son membre tendu contre mon entre-jambe. Un gémissement sortait d'entre mes lèvres et il quittait mon cou pour me regarder. Son regard était brûlant de désir. - Je n'arrive plus à te résister. Tu me rends complètement fou, p****n. - C'est toi qui me rends complètement folle. Il fermait les yeux un court instant avant de se déplacer dans l'eau pour me plaquer contre les jets. On restait ainsi à se regarder pendant de longues secondes, et je ne savais pas pourquoi, mais je sentais des larmes remonter. Pourquoi j'avais subitement l'envie de pleurer ? - Je n'ai pas envie de rentrer. Dis-je d'une voix faible. Oups. Je ne voulais pas le dire à voix haute. Son regard changeait et il fronçait les sourcils. - Alors reste. Je rigolais nerveusement avant de détourner les yeux pour m'essuyer rapidement la joue. Je ne voulais pas pleurer, mais une larme m'avait échappé, et il l'avait vue. Sa main venait caresser ma joue et je m'autorisais à le regarder. Il me regardait avec compassion, une qualité que je n'avais pas encore repérée chez lui. - Qu'est-ce que tu as ? - Rien du tout. Je suis désolé. Je n'ai pas sentie mes larmes monter. - On pleure rarement pour rien. Je baissais les yeux. Comment lui dire que j'avais seulement peur qu'il me quitte alors que je le connaissais à peine ? - Alors, pourquoi pleures-tu ? J'ai fais quelque chose de mal ? - Non. Dis-je immédiatement. Je... je suis juste bien, avec toi. Il fronçait à nouveau les sourcils et mon cœur se serrait. Pourquoi je lui avais dis ça ? Maintenant, il allait flipper. - Excuse-moi, je dis n'importe quoi. Je tentais de le repousser doucement mais il me tenait fermement contre lui. - Elia, je suis très bien avec toi aussi. Mais je doute que tu pleures parce que tu es seulement bien avec moi. Je soupirais. Un faible sourire venait éclairer mon visage et je relevais les yeux. - Oui, désolé. - Arrêtes de t'excuser. - Oui, pardon, je... Je rigolais devant lui. Je perdais tous mes mots, et en plus, je continuais de m'excuser. Je sentais mes joues rougir et puis d'un coup, plus rien. Il avait posé sa bouche sur la mienne et passé ses bras derrière mon dos. Je ne pensais plus à rien d'autre et je l'accompagnais dans son b****r. Mes tétons durcissaient sous l'eau chaude et contre le torse de l'homme qui arrivait à faire battre mon cœur. - Arrêtes de trop penser, Elia. C'est ce qui te mènera à te perte. Je souriais face à ses mots. Il avait parfaitement raison mais je ne pouvais rien y faire. - Je sais. Je posais une main sur son pectoral gauche et caressait son tatouage étoile du bout des doigts. Ses poils bruns étaient doux et je me perdais dans ce moment.
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