CHAPITRE 35

2173 Words
ELIA Augustino revenait, pour mon plus grand soulagement. Je remarquais que comme moi, beaucoup de gens le regardait marcher. En même temps, il était parfait et irrésistible. Il s’asseyait à côté de moi et je souriais en lui demandant : – Qu'est-ce que tu faisais ? – Je suis allé régler la note. Me disait-il en posant une main sur ma cuisse, ce qui me faisait serrer les jambes. – Tu n'avais pas à faire ça ! Et, tu veux déjà partir ? – Non, pas encore, mais ça sera fait. Je souriais légèrement. Je ne serais pas contre partir maintenant, mais je ne savais pas si ce genre de sortie avec lui allait se reproduire un jour, alors je n'ajoutais rien, me tournant vers Chelsea qui rigolait avec Julian. – Tu commences quand, toi ? – Normalement, pas la semaine prochaine, mais la suivante. – Ah, ça va, c'est bientôt. Je me tournais vers Gus pour lui dire que Chelsea était infirmière et qu'elle venait comme moi, d'obtenir son diplôme. – J'ai hâte de vraiment commencer, en espérant que ça se passe mieux que mes stages. – Mais oui, ça ira mieux, tu verras. Dis-je pour la rassurer. Elle en avait bavé à travers tous ces stages. Le personnel n'avait pas été tendre avec elle, et elle n'avait jamais eu de chance avec ses tuteurs. Ils étaient infectent avec elle, seulement parce qu'elle était étudiante et jeune. Je levais la tête en voyant Ben revenir. Il semblait tendu et en s'asseyant sur sa chaise, il croisait mon regard avant de baisser les yeux. Il était loin d'être à l'aise en me voyant avec Gus, ce que je pouvais comprendre. Mais après ce qu'il m'avait fait, il n'avait pas le droit d'être en colère. – Tu en fais une tête. Lui disait Chelsea en rigolant. – Ouais, tu t'es chier dessus ou quoi ? Lui disait Nate en lui tapant le front. – C'est bon, ça va ! Je fronçais les sourcils en le voyant s'énerver. Je ne savais pas ce qu'il avait, mais il n'était pas aussi énervé avant de partir aux toilettes. Son humeur pouvait tellement changer d'une seconde à l'autre que je ne m'inquiétais même pas. – Oh, qu'est ce que tu as ? Lui disait Julian. – Rien, ça va. J'ai juste soif. Il prenait sa bière et la buvait entièrement avant de lancer un regard noir à Gus, qui était juste en face de lui. Je tournais la tête vers lui qui gonflait le torse. Ils ne pouvaient pas se voir, c'était clair, mais ils n'avaient qu'à s'ignorer. Je posais ma main sur celle de Gus et il tournait la tête vers moi avant de me sourire légèrement, ce qui me faisait craquer. Il resserrait sa prise sur ma peau avant de remonter sa main sur ma cuisse. J'avançais un peu sur ma chaise pour cacher son geste, sentant mes joues surchauffer. J'imaginais parfaitement son sourire satisfait. – Tu en reveux une ? Je levais les yeux sur Nate, qui avait posé la question, avant de regarder Ben qui me lançait un regard noir. Il devait comprendre ce que Gus faisait sous la table. Je posais discrètement ma main sur la sienne pour l'intimer d'arrêter, mais le bout de ses doigts se posait sur mon tanga. Je retenais ma respiration avant de toussoter, ce qui attirait l'attention de Sydney. Merde. – Qu'est-ce que vous faites après, Elia ? – Quoi ? Dis-je en regardant Nate. – Vous faites quoi après ? Répétait-il. – Elle va passer le week-end chez moi. Répondait Gus à ma place. – Oh, quelle chance. Disait Chelsea en me faisait un clin d'œil. Je souriais avant d'avaler ma salive. Gus essayait de se frayer un chemin sous la dentelle de mon tanga et cette fois, je me levais précipitamment avant de tirer sur ma jupe. – On va vous laisser, d'ailleurs. – Déjà ? Les filles me regardaient avec surprise et je faisais tout mon possible pour ne pas rougir. C'est fou ce que j'avais chaud à cause de lui. – Oui, on va vous laisser. Gus se levait à son tour et je passais mon bras autour du sien. – Vous n'avez même pas bu. Je baissais les yeux sur mon verre presque plein et le prenais avant de le boire entièrement. Le vin était bon, mais plus aussi frais que tout à l'heure. Gus m'imitait. – On s'organisera une autre soirée. Je suis ravie d'avoir fait votre connaissance. Disait-il avec assurance. – Oui, nous aussi, à bientôt. Disait Nate avant de me faire un sourire. Les filles et Julian nous saluait également et je n'étais pas surpris de voir que Ben ne levait même pas les yeux vers nous. Gus prenait ma main quand on descendait de la terrasse et je rêvais déjà de la nuit qu'on allait passer ensemble. – J'espère que tu ne t'es pas trop ennuyé. Dis-je alors qu'on marchait dans la rue animée. Gus écrivait un message sur son portable en me répondant : – On est resté à peine une demi-heure, donc non, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. – Comment tu as trouvé mes amis ? Je tournais la tête en entendant une de mes musiques préférées sortir des enceintes sur la terrasse d'un bar. Tous les bars étaient bondés de monde, et il était encore tôt. – Je crois que j'ai mal jugé tes amis. – C'est à dire ? – Nate et Julian ont l'air de sincèrement tenir à toi et Sydney et Chelsea ont l'air plutôt sympa. J’étais contente de constater qu'il avait retenu leurs prénoms. Je savais qu'il allait changer d'avis sur les filles. – Et Ben ? Ça ne t'a pas dérangé qu'il soit là ? Il prenait une grande inspiration avant de hausser les épaules, ce qui faisait accélérer mon cœur. J'espérais sincèrement qu'il ne m'en voulait pas de l'avoir emmené alors qu'il était là aussi. – Je préfère ne pas répondre. – Tu sais, je t'ai posé la question, alors peu importe ta réponse, je peux l'entendre. Sa bouche se fendait d'un demi-sourire et il s'arrêtait sur le trottoir. – Ton ex... je ne sais pas comment tu as réussi à le supporter. Tous les deux, vous n'avez rien à voir. – Ah oui ? Pourquoi est-ce que tu dis ça ? Je me mettais face à lui. – Déjà, tu es beaucoup plus mâture que lui. Et puis, tu es trop bien pour quelqu'un comme lui. Je levais les yeux au ciel. Même si je savais qu'il disait ça uniquement pour me faire plaisir, j'étais quand même heureuse d'entendre ça. – Où Léonardo vient-il nous chercher ? – Il ne va pas tarder. Il devrait nous retrouver ici. – Oh, il te suit à la trace, c'est ça ? Dis-je en rigolant. – On peut dire ça. Je souriais avant de regarder autour de nous. Le quartier était très animé, et les gens passaient près de nous en nous regardant avec insistance. Je n'avais jamais prêté attention au regard des gens, mais là tout de suite, j'aimerais savoir à quoi ils pensaient en nous voyant ensemble Gus et moi. Ce qui me faisait penser au moment où il avait parlé de son job. Je ne comprenais pas bien ce qu'il faisait, et même si je savais qu'il était resté vague parce qu'il n'aimait pas parlé de lui, je ne pouvais m'empêcher de me poser encore plus de questions. – Alors, ton travail consiste à racheter des parts ? Je sentais mes joues s'enflammer en voyant son regard désapprobateur. Pourquoi détestait-il autant m'en parler ? Ce n'était pas un trafiquant ou autre chose, alors pourquoi me cacher ce qu'il faisait ? – Entre autres. – Entre autres ? Je répétais. – Oui, Elia, je gère beaucoup de choses. – Quel genre de... Son portable se mettait à sonner et il mettait une main entre nous pour me faire taire. Il regardait son écran avant de répondre. La colère montait en moi pour je ne sais quel raison et je me détournais. – Sí ? Je sentais son regard sur moi alors qu'il écoutait la réponse de son correspondant. – ¿Qué ? Je me tournais vers lui en voyant son ton changer. Il fronçait les sourcils alors qu'il prenait une grande inspiration. Quelque chose le mettait en colère, mais j'ignorais quoi. – Llego enseguida (j'arrive tout de suite, en espagnol). Je ne pouvais pas cacher ma déception quand il raccrochait. Il allait annuler notre soirée et j'allais rentrer seule de mon côté. – Je dois rentrer. Je vais te ramener. Comme si Léonardo avait lu dans ses pensées, il se garait en double file alors que je soupirais. – Même pas de « excuse-moi de te laisser en plan », tu vas me ramener chez moi et de nouveau disparaître ? Il semblait surpris de me voir hausser le ton. – C'est encore ton travail, c'est ça ? – Oui, il y a un problème, je dois rentrer. – Eh bien, rentre. Je vais appeler un taxi. J'allais prendre mon téléphone dans mon sac, mais sa main m'arrêtait en plein mouvement. Il serrait mon poignet en me disant doucement : – Ne m'en veut pas. – Je ne t'en veux pas. Dis-je en faisant mon possible pour ne pas lui montrer que j'étais énervée. – Si. C'est juste pour ce soir. On se voit demain, de toute façon. Je te ramène. – Oui, faisons ça. Je le plantais pour aller rejoindre sa voiture, où Léonardo m'attendait déjà près de la portière. Je montais, gardant les yeux fixés sur la route pendant que j'entendais Gus monter à côté de moi. J'étais dégoûtée de rentrer seule alors que j'ignorais ce qu'il allait faire de son côté. Sa main se posait subitement sur ma cuisse et je la repoussais immédiatement. – Tu vas recommencer à bouder pour rien ? Je tournais la tête vers lui. Il me fixait de son regard désapprobateur et je le fusillais du regard. – Je ne boude pas pour rien. – Alors pourquoi tu boudes ? – Je ne boude pas. Il soupirait et je tournais la tête vers ma vitre. Ma maison n'était vraiment pas loin, et j'avais peur qu'on se quitte sur une dispute. – Tu m'en veux de te laisser ? – Non. – Elia, pas besoin de me mentir, je peux lire en toi comme dans un livre ouvert. – Non, c'est faux. Je n'aimais pas sa façon de me parler, comme si j'étais une petite fille qui se faisait engueuler par son père. Si j'étais facile à comprendre, lui était impossible à déchiffrer. – Elia, ne fait pas l'enfant, s'il te plaît. Je n'en ai probablement pas pour longtemps. – Alors pourquoi je ne peux pas rentrer avec toi ? – Tu veux que ça se passe comme la dernière fois ? Que tu restes seule dans ma chambre à ne rien faire pendant que je serais en bas ? – Je pourrais rester avec vous. Il prenait une grande inspiration et je fronçais les sourcils en voyant sa réaction plutôt prévisible. Il me cachait quelque chose et j'en avais marre d'être le dindon de la farce. – Non, Elia, je suis désolé, tu ne peux pas rester avec nous. – Alors ramène-moi chez moi. Il soupirait, posant son coude contre la vitre avant de passer une main dans ses cheveux. Même énervé, je le trouvais irrésistible, c'est pour cela que je me forçais à ne pas le regarder. Quand la voiture se garait devant mon portail, je me dépêchais de sortir en remerciant Léonardo. En me jetant sur le boîtier pour ouvrir mon portail, j'entendais une portière s'ouvrir. Mon cœur s'accélérait alors que mes doigts tremblaient en tapant mon code. Soudain, je me retrouvais plaquer contre le mur et ma respiration se coupait. Ses lèvres frôlaient les miennes et je sentais son souffle chaud chatouiller ma peau. Je ne pouvais plus bouger. – Ne rentre pas comme ça, Elia. Ne sois pas en colère pour un détail aussi minime. Sa voix était tellement basse que j'entendais tout juste ses paroles. J'avalais ma salive, sans quitter ses yeux ténébreux et hypnotisant. La chaleur montait entre mes cuisses et toute colère disparaissait. – J'attendrais ton appel. Un demi-sourire se formait sur ses lèvres. Encore une fois, il avait gagné. Je ne pouvais pas lui résister et il le savait. – Bonne nuit, Elia. Bonne nuit ? C'est tout ce qu'il avait à dire alors qu'il était à peine vingt et une heure ? Génial... – Bonne nuit, Gus. Il m'embrassait doucement avant de se redresser en grognant. Il ne voulait pas partir, et je lui en voulais de me laisser ici comme ça. Je le regardais remonter dans la voiture et croisais le regard de Léonardo. Je n'avais pas remarqué qu'il nous regardait jusqu'à présent. Il refermait la portière de Gus avant de me souhaiter une bonne nuit. Je lui répondais poliment avant de retaper mon code pour rentrer.
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