CHAPITRE 33

1817 Words
ELIA – Bonjour, Elia. Je m’arrêtais devant lui et toute ma contrariété s’évaporait. Tout lui était déjà pardonné. Je n’arrivais plus à lui en vouloir en voyant son sourire mystérieux. – Bonjour, Gus. Dis-je sur le même ton que lui. Son demi-sourire s’étirait et je levais un sourcil. – Je t’emmène déjeuner ? – Est-ce que j’ai le choix ? Dis-je en posant mes mains sur mes hanches. – Tu veux vraiment jouer à ce jeu ? Je le voyais se tourner vers Scarlett que je n’avais même pas encore remarquée et je m’empressais de lui répondre. – Non, c’est bon, allons-y. Son sourire satisfait me faisait lever les yeux au ciel. Il parcourait mon corps une courte seconde avant de poser sa main dans le creux de mon dos pour m’emmener à l’extérieur. Léonardo nous attendait le long du trottoir. Il attendait déjà pour m’ouvrir la portière. Je ne savais pas où il m’emmenait manger, mais je me contentais de garder le silence et de regarder par ma fenêtre pendant le trajet. Je sentais son regard sur moi, mais je faisais mon possible pour l’ignorer. Même si j’étais heureuse qu’il soit venu me chercher, je comptais bien lui montrer que je n’étais pas à sa disposition. – Tu ne dis rien ? Me disait-il après un moment. – Qu’est-ce que tu veux que je dise ? Dis-je en me tournant vers lui. Il maintenait mon regard quelques secondes avant que je ne détourne les yeux. – Tu n’es pas d’humeur, aujourd’hui ? – Bien sûr que si. – Qu’est-ce que tu as ? Me disait-il plus sérieusement. Léonardo s’arrêtait le long du trottoir et j’en profitais pour ouvrir la portière avant de répondre : – Rien du tout. Je descendais ma robe sur mes cuisses en regardant autour de moi. Comme c’était l’heure de déjeuner, il y avait beaucoup de monde autour de nous, et j’espérais que le restaurant où il allait m’emmener ne serait pas trop blindé. Il faisait le tour de la voiture en reboutonnant le bouton de sa veste de costume et je ne pouvais m’empêcher de le reluquer. Ce n’était pas permis d’être aussi beau. – Où est-ce que tu m’emmènes ? Dis-je en gardant mon ton distant. – Nul part tant que tu ne me diras pas ce que tu as. Je croisais les bras sous ma poitrine, ce qui lui faisait baisser les yeux une courte seconde sur mon décolleté. La voiture de Léonardo s’éloignait et Gus gonflait le torse. Sa patiente était de courte durée, comme moi. – Tu as envie de me les briser, c’est ça ? Tu sais que ma patiente à des limites, alors quand je te pose une question, j’aimerais que tu me répondes. Je décelais de la colère dans sa voix et je décidais de lui répondre pour en finir. – Pourquoi tu disparais à chaque fois pour revenir comme si de rien n’était ? Il fronçait les sourcils et un sourire en coin se dessinait sur ses lèvres. Il se foutait de moi ! – C’est pour ça que tu fais la gueule, Elia ? – Je ne fais pas la gueule. J’aimerais juste ne pas être ton bouche-trou quand tu t’ennuies. – Qui a dit que tu étais mon bouche-trou ? – Personne, mais il n’y a qu’à voir comment tu te comportes. Dis-je en haussant légèrement la voix. Cette fois, il soupirait bruyamment et je voyais une étincelle passer dans ces yeux. – Elia, je ne crois pas m’être montré irrespectueux envers toi. Ce n’est pas parce que je ne t’envoie pas un message que je ne pense pas à toi. Je pense qu’on a passé l’âge pour tout ça. Je détournais les yeux. Je savais qu’il avait raison, mais j’avais encore besoin d’être rassurée. J’avais tellement peur qu’il m’abandonne que j’en devenais parano. – C’est tout ? Ou tu as autre chose à me dire, pendant que tu y es ? Me disait-il, agacé. – Non, c’est bon. – Bien. Est-ce que tu vas arrêter de faire la gueule, maintenant ? J’aimerais passer un bon moment avec toi. Je levais un sourcil d’un air provocateur. – C’était ça qui te rendait d’aussi mauvaise humeur, ou bien tu as tes règles et tu vas continuer à tester ma patiente ? Je souriais, amusée. Il n’était pas censé savoir que je n’avais jamais mes règles, parce que je prenais ma pilule en continue. – Non, allons-y. Il souriait légèrement avant de prendre ma main. Surprise, je le laissais m’entraîner vers un restaurant assez moderne avec une enseigne verte. Un homme en costume nous accueillait et je le saluais avant d’analyser les lieux. C’était encore un endroit chic, où la plupart des clients étaient tous bien habillés, comme nous. Gus lâchait ma main, ce qui me contrariait, puis on suivait un jeune serveur qui nous emmenait à une table près d’une grande fenêtre. Le jeune, que je surprenais à regarder mes fesses, me tirait ma chaise pour que je puisse m’asseoir. – Laissez-nous. Je me tournais vers Gus alors que j’entendais le serveur s’éloigner. Je lui lançais un regard interrogateur. – Si c’est lui qui nous sert, je demanderais à changer de serveur. – Pourquoi ? Dis-je en rigolant. – Je n’aime pas la façon dont il t’a regardé. – Comment ça ? Si c’était une serveuse sexy qui nous servait, tu te priverais de la regarder ? Il prenait le menu avant de lever les yeux sur moi. – Pourquoi tu voudrais que je la regarde alors que je t’ai toi ? Me disait-il sérieusement. – Mais bien sûr. Dis-je en rigolant. Je prenais le menu à mon tour. – Quoi ? Tu ne me croie pas ? – Tu dis ça parce que je suis avec toi. Mais, si tu étais tout seul, tu ne te priverais pas. – Et qu’est-ce que tu en sais ? Me disait-il en reposant son menu sur la table. – C’est plutôt logique, en fait. – Pas pour moi. Me disait-il avant de faire signe à un autre serveur qui était proche de nous. Il s’arrêtait devant notre table avant d’incliner la tête pour nous saluer. Je reportais mon attention sur Gus, qui indiquait notre commande de vin. Je ne lui avais rien demandé, mais je lui faisais confiance sur son choix. Si le vin était aussi délicieux que la dernière fois, je n’allais pas rechigner. – Qu’est-ce que tu veux manger ? – Une salade Norvégienne, et toi ? – Je vais prendre de la viande. Je souriais avant de sortir mon portable de mon sac. Comme je m’y attendais, Cassidy m’avait envoyé un message. J’APPRENDS PAR SCARLETT QUE TU ES SORTI AVEC TON APOLLON ET JE N’AI MÊME PAS UN MESSAGE DE TA PART ?! TU AS INTÉRÊTS D’AVOIR UNE BONNE EXCUSE. Je me retenais de sourire et ignorais son message. Elle était beaucoup trop curieuse. Pendant ce temps, Gus donnait notre commande. – Qu’est-ce que tu fais demain soir ? – Demain soir ? Eh bien, Sydney et Chelsea m’ont demandées d’aller boire un verre. Et toi ? – Je ne sais pas encore. Où allez-vous boire un verre ? Vous ne serez que vous ? J’espérais qu’il me posait cette question par jalousie. – On va juste dans un bar, je ne vais pas sortir après. Il y aura aussi les garçons et ils m’ont demandé si tu voulais venir ? J’étais moins confiante en lui proposant. Je savais d’avance qu’il allait refuser. Mais qui ne tente rien n’a rien, après tout. – Il y aura ton ex ? – Oui, il fait parti du groupe, dis-je, pas sereine. Il me regardait droit dans les yeux et je prenais un coup de chaud. – Quoi ? – Je suis d’accord pour t’accompagner. J’ouvrais de grands yeux, surprise. Moi qui pensais me faire corriger à propos de mon ex. – Mais pas plus d’une heure. Ensuite, on rentrera chez moi. Et tu me devras quelque chose. – Tu es vraiment en train de négocier, là ? – Non, je ne négocie pas. Je te consacre ma soirée de demain soir, et toi, en échange, tu me consacre ta soirée de samedi soir. J’aimerais t’emmener quelque part. – Oh, et où voudrais-tu m’emmener ? – C’est une surprise. Me disait-il avec un sourire. – Ah, vraiment ? – Oui. Tu n’as pas à t’inquiéter. C’est plutôt à moi de me préparer mentalement à supporter ton ex pendant une heure. Comme tu le sais déjà, ma patiente à des limites. Me disait-il avec un clin d’œil. Je souriais, n’en revenant pas qu’il ait accepté de m’accompagner. Moi qui pensais qu’il n’accepterait jamais de sortir en groupe avec moi. Est-ce qu’il faisait un effort pour me faire plaisir ? Dans ce cas, ça marchait. Plus les jours passaient, et plus j’étais sous le charme. *** J e soufflais en touchant la pointe de mes cheveux. Pourquoi j’étais si stressée à l’idée qu’Augustino rencontre les autres ? Après tout, c’était mes meilleurs amis. Peut-être parce que j’appréhendais la réaction de Ben et les questions des filles ? Ce mauvais pressentiment ne me quittait pas depuis ce matin. J’avais peur que cette petite sortie se transforme en catastrophe, mais bon, je faisais suffisamment confiance à Gus pour ne pas faire de scandale. Surtout que j’avais envoyé un message sur notre ancien groupe pour prévenir que je ne les retrouverais pas seule… Mon portable vibrait et je le saisissais. TU VIENS TOUJOURS, HEIN ? Je souriais face au message de Chelsea. Elle avait vraiment envie que je vienne, et je savais que c’était uniquement parce qu’elle voulait voir Gus. Tout comme Sydney, elle était plus qu’intéressée de connaître l’homme qui occupait la plupart de mes journées et soirées. OUI, ON VIENT TOUJOURS. Je mettais mes cheveux derrières mes oreilles avant de vérifier mon maquillage, plutôt très léger. Maman était sortie un peu plus tôt pour aller au club et cette fois, je l’avais prévenu que je ne dormirais pas à la maison. J’avais bien l’attention de passer tout mon week-end avec Augustino. Je ne savais pas ce qu’il me réservait pour demain soir, mais le connaissant, ça ne sera rien de très simple. C’est pour cela que je prévoyais une robe noire plutôt classe dans mon sac pour être sûr de ne pas paraître ridicule. Peut-être m’emmènerait-il seulement au restaurant ? Mon portable se mettait à vibrer et mon cœur s’accélérait en voyant le nom de Gus apparaître sur l’écran. – Allô ? – Madame Williams, je suis devant chez vous. Me disait Gus d’une voix calme. – J’arrive tout de suite, Monsieur Gómez. Je ne voudrais pas vous faire attendre. Dis-je en souriant. Il raccrochait et je me dépêchais de prendre mon sac sur mon lit. L’excitation prenait possession de mon corps alors que je me dépêchais de rejoindre l’homme qui me rendait toujours dans cet état.
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