CHAPITRE 10

1551 Words
AUGUSTINO Son ex partait enfin, et je finissais mon dernier verre de Whisky d’une traite. Le cinquième de la soirée, je m’améliorais. – Enciendes y síguela (démarre et suis-là, en espagnol). La voiture démarrait et s’engageait sur la route. De loin, je la voyais lutter pour ne pas s’effondrer sur le sol. Elle avait beaucoup trop bu et cela m’énervait. Ou peut-être que je pourrais m’en servir à mon avantage ? De plus, elle ne semblait plus avoir de batterie, parce qu’elle s’éloignait sur le trottoir opposé, bien décidée à rentrer à pied jusqu’à chez elle. Les bras croisés sous sa poitrine, elle marchait tête baissée, avec de grands pas qui faisait bouger ses belles fesses au fur et à mesure qu’elle avançait. Ses longues jambes bronzées étaient à la vue de tous alors qu’elle ne remarquait pas que sa robe remontait de plus en plus sur ses cuisses. Ses cheveux bruns se balançaient sur ses épaules et j’entendais ses talons claquer le sol quand j’ouvrais ma fenêtre. – Stop. Ma voiture s’arrêtait sur le côté de la route et je sortais de la voiture en remettant ma veste de costume noire en place. Elle se tournait au bruit de mes pas sur le béton et sa surprise ne passait pas inaperçu. – Qu’est-ce que vous faites là ? Vous me suivez ? Oui, je te suis. Mon regard s’attardait sur son décolleté alors que je revenais à ses yeux injectés de sang. Bon sang, pourquoi avait-elle bue autant au point de ne plus pouvoir tenir debout sans perdre l’équilibre ? – Je t’ai dis que je ne bougerais pas. Elle se détendait légèrement et regardait ma voiture noire. La même qu’elle avait vue jeudi soir et vendredi après-midi. Elle aspirait sa lèvre inférieure entre ses dents parfaitement alignées et je m’imaginais déjà prendre possession de sa bouche. – Je te ramène. Elle se mettait à rire légèrement, un son particulièrement doux à mes oreilles, et j’attendais qu’elle me dise le fond de sa pensée. – Qu’est-ce qui vous fait croire que je montrais avec vous ? – Parce que tu n’es pas en état de conduire et que j’ai un chauffeur. Elle soupirait, plissait ses grands yeux noisette avant de me regarder d’un regard profond. Elle était beaucoup plus à l’aise que tout à l’heure. Sûrement à cause de l’alcool et de la distance entre nous. – Tu penses que je veux te faire du mal ? Je m’avançais vers elle alors que je voyais son assurance disparaître à petit feu. La main sur sa hanche, elle reculait d’un pas quand je m’arrêtais à quelques centimètres de son corps. Elle n’était pas aussi petite que je le croyais. – Qu’est-ce que vous me voulez ? La seule question à laquelle je ne pourrais jamais répondre alors qu’elle me la posait sans arrêt. – Te raccompagner. Elle rigolait encore. – Pourquoi depuis trois jours vous êtes toujours là où je suis ? Je sais que ce n’est pas une coïncidence. – Ce n’est jamais une coïncidence. Dis-je en maintenant son regard. Je lui coupais le souffle et j’adorais la voir détourner le regard pour ne pas être encore plus mal à l’aise devant moi. C’est l’effet que je faisais à chaque fois aux femmes, et celle-ci était particulièrement enivrante. – Alors, je te raccompagne ? – Ce n’est plus un ordre ? Touché. Elle se retenait de sourire devant mon silence et je mourais d’envie de la plaquer contre le mur de ce bâtiment pour l’embrasser. – J’accepte que vous me raccompagnez si vous me poser en bas de ma rue pour être sûre que vous ne serez pas tenter de revenir dans les prochains jours pour me sauter dessus. Elle passait devant moi et l’odeur de son shampooing mélangé à l’odeur d’alcool venait fouetter mes narines. Elle ouvrait la portière de la voiture et montait dedans. Gagné. Je montais à mon tour alors qu’elle posait sa tête contre la vitre pour ne pas être tentée de me regarder. Ses jambes tremblaient et je tendais la main pour ouvrir le petit frigo. Croyant que j’allais la toucher, elle poussait ses jambes contre la portière pour se tenir le plus loin possible de ma main. – Bois un peu d’eau. Je lui tendais la bouteille d’eau fraîche qu’elle considérait avant de la prendre. Partant d’un petit rire, elle levait les yeux au ciel. – Qui a-t-il ? – Vous êtes toujours aussi direct et paternaliste, quand vous parlez aux femmes ? – Tu n’aimes pas qu’on prenne soin de toi ? Elle ouvrait la bouteille avant de s’arrêter pour me regarder. – Ça n’a rien à voir. Vous êtes tellement sérieux. Je rigolais intérieurement en entendant son commentaire. De plus, l’entendre me vouvoyer alors que je n’avais que quatre ans de plus me plaisait énormément. Je sortais mon portable alors qu’elle refermait la bouteille à moitié vide pour s’appuyer à nouveau contre la vitre pour se reposer. – Madame, où habitez-vous ? Demandait Leonardo après un moment de silence. Je levais les yeux de mon téléphone alors que je ne l’entendais pas répondre. Elle dormait, sa main appuyée entre sa joue et la portière. Je repoussais ses cheveux qui cachaient une grande partie de son visage pour en être sûr. Elle dormait bien profondément. C’était normal, avec tout ce qu’elle avait dû boire avec ses amis. – Regresamos (on rentre, en espagnol). Leonardo hochait la tête et je contemplais la jeune femme qui se trouvait à côté de moi, endormie, recroquevillée le plus loin possible de moi sur la banquette. Ses cheveux retombaient encore devant ses yeux et son corps bougeait quand la voiture passait sur des routes endommagée. Elle n’allait pas aimer se réveiller dans un endroit inconnu alors qu’elle m’avait demandé de la raccompagner chez elle. Mais là encore, je n’étais pas censé savoir où elle habitait, même si bien sûr, je le savais parfaitement. L’avoir près de moi pendant toute une nuit m’aiderait fortement dans ma quête et c’était loin d’être un supplice. Cette femme était bandante au possible, que ce soit à cause de ses magnifiques courbes ou de son charme naturel. Je vérifiais qu’elle soit toujours endormie quand la voiture s’engageait dans l’allée. Le portail s’ouvrait et je descendais de la voiture quand elle s’arrêtait devant l’entrée de la maison. Juan sortait pour venir nous accueillir et je contournais la voiture. – Llévalo a mi habitación (Portez-là jusqu'à ma chambre, en espagnol). – Bien. Une fois dans ma chambre, Juan la déposait doucement sur le lit. Toujours inconsciente, je me demandais comment elle pouvait encore dormir alors qu’elle était montée dans la voiture de quelqu’un dont elle se méfiait. Un parfait inconnu qui n’avait pas les attentions les plus innocentes envers elle. – Déjanos (Laissez-nous, en espagnol). Je posais mon téléphone sur ma table basse, contournais le lit pour voir ce que j’allais faire d’elle. D’abord, lui enlever cette robe qui empestait l’alcool, et la glisser sous les couvertures pour qu’elle puisse décuver. Je retirais maladroitement ses talons avant de la relever légèrement pour défaire sa fermeture. Sa bouche si près de mon cou me déconcentrait alors que je retirais sa robe. Mierda (Merde, en espagnol). Ses sous-vêtements en dentelles noirs me faisaient ressentir une douloureuse tentation alors que chaque parcelle de mon corps me suppliait de faire taire mon désir. Je me dépêchais de la mettre sous les couvertures pour ne pas être tenté. Chose faite, je la mettais sur le côté, ne sachant pas vraiment la quantité d’alcool qu’elle avait ingurgitée. Comment j’avais réussi à ne pas la réveiller ? Je me déshabillais, prenais un caleçon propre, avant de me glisser sous la douche. Je laissais la porte entre-ouverte, pour avoir un œil sur ma charmante invitée. L’eau chaude me faisait du bien et je restais plusieurs minutes avant de sortir. Il n’était qu’une heure du matin quand je revenais dans la chambre, et je ne ressentais pas la moindre fatigue. Le petit sac d’Elia attirait mon attention et je le prenais pour en sortir son portable. Comme je l’avais soupçonné tout à l’heure, il était déchargé. Je le branchais avant de le poser sur ma table de nuit, luttant pour ne pas regarder ce qu’il contenait alors que l’écran s’allumait. Je la regardais une seconde, son dos dépassant largement de la couette. – Mierda. Je l’allumais en plein pour pouvoir jeter un coup d’œil rapide. Il se mettait à vibrer au moment même où j’essayais de le déverrouiller. Un message de Nate, son meilleur ami : ELIA, TOUT VA BIEN ? BEN EST VENU ME TROUVER, TU ES RENTRÉE ? RAPPELLE-MOI, ON S’INQUIÈTE. C’était le troisième message. Je tentais de lire les autres, mais un code s’imposait alors que je tentais de le déverrouiller. Bon, ça m’apprendra à vouloir fouiller dans le portable d’une fille qui était trop faible pour pouvoir se défendre. Je le reposais sur le meuble avant de m’allonger à côté d’elle, les bras derrière ma tête. Si je pouvais faire mon habituelle balade nocturne, je le ferais, mais je ne voulais pas risquer de la voir disparaître alors qu’elle se réveillerait toute seule dans une chambre inconnue. Dans tous les cas, elle n’allait pas aimer se réveiller à côté de moi, c’était certain.
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