ELIA
Après avoir enfilée ma robe légère violette, mes escarpins assortis et bouclés mes cheveux, je m’attaquais au maquillage. Un trait d’eye-liner fin, du mascara et un rouge à lèvre.
J’étais prête à vingt-et-une heures trente alors que Sydney m’envoyait un message. Elle m’attendait devant chez moi. Je prenais mon petit sac accroché à mon porte-manteau et sortais.
– Yeah, la bombe est de retour. Criait Chelsea alors que j’ouvrais la portière de sa voiture.
Les garçons étaient déjà là-bas. Et quand je disais les garçons, ça incluait Ben. Apparemment, il avait définitivement arrêté de voir Amber, et j’étais contente qu’il me respecte un minimum pour ne plus lui parler. De toute façon, ça ne m’étonnerait pas qu’il finisse la soirée avec une autre fille.
– Prête à faire la fête ?
Sydney augmentait le volume de la musique et je levais les yeux au ciel.
– Vous n’êtes jamais fatiguées ?
– Pas quand il s’agit de faire la fête. Me répondait-elle. Toi, tu as le droit d’être fatiguée parce que tu travailles, pas nous.
Je soupirais, calant ma tête contre la vitre pour regarder le paysage défiler.
On se garait dix minutes plus tard, très loin du bar, parce qu’il ne restait presqu’aucune place de libre. L’été était bien là. Chaque année, Miami était bondé de touristes du monde entier et comme c’était les vacances pour beaucoup de monde, les terrasses des bars et restaurants étaient blindées.
Heureusement pour moi, le bar où on allait n’acceptait que les personnes majeures et bien habillées, ça permettait de trier et de ne pas trop laisser rentrer de gens louches.
Je laissais Chelsea parler aux vigiles et ils nous laissaient entrer dans le bar, où la musique résonnait très fort autour de nous. On marchait jusqu’au fond pour aller sur la terrasse et je souriais en me rappelant toutes les soirées qu’on avait passé ici. Le temps passait vraiment vite, et je me sentais tout à coup toute excitée de me retrouver ici. Beaucoup de gens dansaient déjà pendant que d’autres parlaient autour d’une table. L’océan brillait sous les néons et je balayais l’endroit du regard.
– On se prend une bouteille ? Me demandait Chelsea.
Je laissais Sydney lui répondre et je sursautais légèrement en croisant le regard de Ben, qui se tenait devant moi.
– Salut. Me disait-il d’une voix calme, mais assez forte pour couvrir la musique.
– Salut. Dis-je en retour.
– Tu es très jolie, ce soir.
Je fronçais les sourcils devant sa remarque. Julian et Nate arrivaient alors derrière lui et je leurs disaient bonjour, ignorant mon imbécile d’ex petit-ami.
– Alors, comment s’est passé la reprise ? Me demandait Julian en buvant une gorgée de bière.
– Très bien, mais, n’en parlons pas.
– Oui, tu as raison, on est là pour faire la fête. Criait Sydney par-dessus mon épaule.
Je soupirais et la laissais m’entraîner vers le bar. Quand je me tournais, les garçons nous suivaient. Depuis quand Julian et Nate reparlaient à Ben ?
– J’ai pris un mètre de shooters. Nous disait Chelsea en se retournant.
Une serveuse blonde, habillée très court et très maquillée nous posait les shooters devant nous. Je soupirais quand Sydney m’en posait un dans la main et croisais encore le regard de Ben. C’était clair qu’on allait passer une partie de la soirée ensemble, et je n’avais pas du tout envie qu’il soit là.
– Un, deux, trois.
Je buvais le liquide qui me brulait la gorge avant de m’essuyer la bouche du revers de la main. Ben se moquait de moi en me regardant et je l’ignorais.
Deux minutes plus tard, j’avais un verre de vin blanc dans la main et je souriais. Je préférais largement ça et en plus, je ne voulais pas boire autant que samedi dernier, pour être encore un minimum lucide quand je ferais le trajet du retour en taxi.
– Vous venez à notre table ? Nous demandait Ben.
Je baissais les yeux sur mon verre, laissant les filles lui répondre. Je sentais leurs regards sur moi et je finissais par hausser les épaules.
– Comme vous voulez.
Les filles acceptaient finalement et je les suivais, un peu en retrait. J’aurais peut-être du dire que je ne voulais pas passer la soirée avec lui et elles auraient compris. Bordel.
– J’espère que ça ne te dérange pas ?
Je prenais une grande inspiration en voyant Ben tout près de moi alors que les autres avançaient plus vite que nous.
– Si, Ben, ça me dérange, mais je ne veux pas exploser le groupe. Je vais seulement t’ignorer pour passer une bonne soirée.
– Tu n’es pas obligé de m’ignorer.
– Ben, on n’est plus ensemble.
Je voyais dans son regard que je venais de le blesser. Aucune importance, je continuais :
– On ne peut pas rester amis. Il y aura toujours de l’ambigüité ou des rumeurs et je ne veux pas vivre ça. J’ai déjà tourné la page et si tu crois que je vais te pardonner pour m’avoir menti tu te trompes. Je suis juste assez mature pour te tolérer et te supporter sans créer de conflits.
Il baissait la tête et je continuais d’avancer.
– Saches que c’est clair aussi de mon côté. J’ai quitté Amber et je ne la reverrais plus.
Je m’arrêtais pour le regarder dans les yeux.
– Que tu aies quitté Amber n’y change rien. Et d’abord, pourquoi tu me dis ça ?
– Je ne sais pas, je pensais que…
Il se grattait le coin de la joue et je continuais de le fixer. Ben n’était jamais gêné. Jamais.
– Est-ce que tu l’as revu ?
– Quoi ?
– Le mec qui m’a parlé, samedi dernier, est-ce que tu l’as revu ?
– Ça ne te regarde pas, Ben. S’il te plaît, on n’a pas à avoir cette conversation.
Je commençais à rejoindre les autres mais il me stoppait en tirant sur mon poignet. Je retirais ma main par réflexe et j’attendais qu’il me parle.
– Alors c’est vrai, tu l’as revu ?
– Ben, tu n’as pas à savoir ma vie privée. Tu n’es plus mon petit-ami et j’ai le droit de faire ce que je veux.
Il soupirait, visiblement blessé que je parle d’Augustino. Le voir jaloux ne me donnait aucune satisfaction et j’étais ravie de voir que sa présence ne m’affectait plus. Je l’avais balayé de ma vie et j’étais encore plus persuadée d’éprouver quelque chose de plus fort pour Augustino. Mon dieu, Augustino…
– Tu as couché avec lui, c’est ça ?
– Quoi ?
Sa question me surprenait et je sentais la colère monter soudainement en moi.
– Vous avez couché ensemble ?
– Ben, arrêtes ça. Tu devrais plutôt t’occuper de tes infidélités avant de me poser des questions sur ma sexualité. Je n’arrive pas à croire que tu oses me faire des reproches et me parler comme si tu étais encore quelqu’un pour moi. Dis-je, hors de moi.
Cette fois, je le laissais planter là et rejoignais les autres à la table, en évitant les gens qui dansaient.
– Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Me demandait Chelsea.
Je m’asseyais à côté d’elle, observant la piste de danse.
– Rien du tout.
Il arrivait à la table comme si de rien n’était et prenait la bouteille de Whisky pour se servir, m’ignorant complètement. Je sentais le regard des filles perplexe sur moi et je me tournais, de sorte à ce qu’elles ne voient pas mon agacement.
C’est alors que je recevais un message, et en voyant le nom d’Augustino s’afficher, mon cœur faisait un bon et je me donnais un mal fous à ne pas exploser de joie.
J’ESPÈRE QUE TA SEMAINE S’EST BIEN PASSÉ…
Je cachais un maximum mon portable en répondant.
UN REVENANT… J’ESPÈRE QUE LA TIENNE S’EST BIEN PASSÉE…
Chelsea me donnait un coup de coude et je la regardais dans les yeux.
– A qui tu parles ?
– A personne.
Elle fronçait les sourcils et je tournais la tête vers Julian et Sydney qui parlaient activement en face de nous. Ben buvait debout en fixant la piste et je jurais qu’il repérait sa nouvelle proie.
QUE FAIS-TU ?
J’aurai dû me douter qu’il ne répondrait pas à mon sous-entendu. Mais encore une fois, je n’arrivais pas à lui en vouloir. J’étais déjà tellement contente qu’il m’envoi un message.
SORTIE AVEC DES AMIS BOIRE UN VERRE, ET TOI ?
J’attendais impatiemment qu’il me réponde, faisant semblant d’écouter la conversation des autres.
Au bout de quinze minutes, je décrétais qu’il n’allait plus me répondre, et toute ma joie disparaissait. Pourquoi était-il aussi étrange avec moi ? Pourquoi ne pouvait-il pas être normal ? Je repoussais cette dernière question, parce qu’en réalité, c’était ce qui me plaisait chez lui.
Je me resservais un verre après avoir finis mon deuxième verre cul-sec et tournais la tête vers la piste. Ben dansait avec deux filles et je remarquais que Nate l’avait rejoint. Deux filles très belles et bien habillées, en plus.
Une de mes musiques préférées de David Guetta commençait et je dansais sur mon tabouret en fixant mon verre de vin.
– On va danser ?
Chelsea nous le proposait, mais je voyais son regard s’attarder sur moi. J’avais envie de danser, mais je ne savais pas pourquoi, j’avais envie de refuser.
– J’ai un peu mal aux pieds. Dis-je, donnant la première excuse qui me venait à l’esprit.
– Bien sûr, je te crois. Tu portes des talons toute la journée et comme par hasard, tu as mal aux pieds ce soir.
Elle se levait de son tabouret et me prenait la main. Je descendais à mon tour en suivant les filles et Julian sur la piste, gardant un œil sur la table et les bouteilles. Chelsea me lâchait la main et je commençais à danser avec elle. Ben était tout près et je sentais son regard sur moi, ce qui me donnait encore plus envie de bouger.
– Bon, les filles, ce n’est pas que je ne vous aimes pas, mais, je vais rejoindre les mecs. Je me sens un peu seul, là.
Je rigolais en le regardant s’éclipser.
– Tant mieux, on va pouvoir se faire accoster plus facilement. Disait Sydney en rigolant.
– Et Zach, alors ? Dis-je, en signe de protestation.
– Oh, lui. Pas de nouvelles depuis une semaine.
– Quoi ?
Elle haussait les épaules et se remettait à danser.
Après une bonne vingtaine de minutes, je n’en pouvais plus. Je transpirais et je passais une main dans mes cheveux pour vérifier que mes cheveux ne soient pas trop collant.
– Je fais une petite pause. Dis-je aux filles avant de m’éloigner.
Je prenais mon verre de vin sur notre table et je le buvais jusqu’à la dernière goute. Il était vraiment trop bon, mais pas aussi bon que celui que j’avais bu avec Augustino. Je vérifiais mes messages, et bien sûr, je n’en avais aucun. Je soupirais, balayant la piste du regard. Les mecs dansaient toujours avec les deux filles, mais cette fois, d’autres c’étaient rajoutée.
C’est alors que je croisais le regard de… Augustino. Mon cœur faisait un bon et un sourire en coin se dessinait sur son visage. Il était au bar, de l’autre côté, en train de boire un verre avec deux autres hommes autour de lui.
Mon cœur se mettait alors à battre plus fort et je sentais tous mes sens se réveiller. L’effet qu’il me faisait…