CHAPITRE 5

2322 Words
ELIA - Je vais chercher les boissons. Dis-je en commençant à rentrer. - Et moi, je vais chercher les glaçons. Disait Nate. Je descendais à ma cave pour prendre des bières et les bouteilles que j'avais achetés tout à l'heure. Une image de cet inconnu me revenait en mémoire alors que je me posais encore des questions à son sujet. Son assurance, son regard sûr et ses deux hommes le suivant à la trace... Qui était-il ? Je secouais la tête pour me le sortir de la tête et prenais un sac pour transporter toutes les bouteilles. Quand j'arrivais en haut, je voyais les filles déjà en maillot de bain à travers la baie vitrée entrouverte, assises au bord de la piscine. Je souriais, contente que mes amis soient là pour moi malgré tout. - Arrête, tu la connais, c'est une fille forte. La voix de Nate me parvenait de la cuisine et je levais un sourcil, me demandant s'il parlait de moi. - Ouais, peut-être, mais Ben n'aurait jamais dû faire ça. J'avais envie de le frapper, tout à l'heure. Répondait Julian. Je m'approchais de la cuisine, intriguée par leur conversation. Ils ne se doutaient pas que je pouvais les entendre ? - Laisse-moi deviner pourquoi. Tu en pince toujours pour elle, c'est ça ? Maintenant que le champ est libre... - Ta gueule, ça ne va pas. Elle sortait avec Ben. Et c'est mon amie. - Ouais, une amie que tu aimerais bien te faire depuis la troisième. Mais, manque de peau, Ben l'a eu avant. J'entendais le frigo s'ouvrir et je m'arrêterais à quelques pas de la cuisine, par peur d'être découverte. - N'empêche, Ben ne la méritait pas. Je suis bien content qu'ils ne soient plus ensemble. Mon cœur se serrait, et je baissais les yeux, repensant au moment où Ben essayait de me faire culpabiliser sur ce qui s'était passé. - Ben est juste en train de péter les plombs, il traîne sans arrêt avec Dylan et Brad, maintenant. Ça ne lui apportera rien de traîner avec eux. La preuve, il a trompé Elia après tout ce temps. Même si ce n'est pas la première fois, il ferait mieux de se ressaisir avant de faire d'autres conneries. Je les entendais bouger et je me dépêchais de déguerpir sur la terrasse. - Elia, tu reprends le travail lundi ? Me demandait Sydney. - Oui, lundi matin à la première heure. Je m'asseyais à côté d'elles, enlevant mes tongs pour tremper mes pieds dans la piscine. Le soleil tapait encore fort, et j'étais ravie de pouvoir encore bronzer. - Et vous, vos recherches ? Dis-je, perturbée par ce que je venais d'entendre dans la cuisine. J'entendais les garçons se rapprocher et rire derrière nous. Je gardais les yeux focalisés sur l'eau, par peur de me trahir. Je n'étais pas censée avoir entendu cette conversation, et je regrettais maintenant de ne pas avoir rejoint directement les filles dehors, pour m'éviter un malaise auprès de Julian, un de mes meilleurs amis depuis toujours. - Les recherches ? Que dalle. Me disait Sydney en fouillant dans le sac que j'avais ramené. - La même. Rétorquais Chelsea. - De quoi ça parle, encore ? Disait Nate en s'asseyant sur le canapé de jardin derrière elles, Julian à côté. - De choses terriblement déprimantes. Chelsea remettait ses lunettes de soleil rose sur le haut de son nez et basculait sa tête en arrière pour profiter du soleil. - Je propose moins de « blabla » et plus d'actions. Nate se relevait déjà pour venir vers nous. Avant que je ne puisse bouger, il poussait les filles dans l'eau en rigolant, et je m'écartais pour ne pas me faire arroser. Elles criaient, folles de rage, en sortant la tête de l'eau et je redoutais maintenant qu'il fasse la même chose avec moi. Comme s'il lisait dans mes pensées, il s'approchait de moi alors que je reculais, un sourire malicieux sur les lèvres. - Non, même pas en rêves, Cooper. Je mettais mes mains devant moi en signe de défense et me tournais une demi-seconde quand mon corps percutait quelque chose de dur. Nate en profitait pour m'immobiliser les bras et se baisser pour me porter à son épaule. Je criais, lui tapant dans le bas du dos pour qu'il me fasse descendre. Mais alors que je hurlais encore, mes cries fus aspirés par l'eau de la piscine. - T'es qu'un imbécile, Nate Cooper. Dis-je en sortant la tête de l'eau en essuyant mes yeux. C'est alors que je me souvenais m'être maquillée. Je relevais les yeux vers les filles, qui avaient de grosses traces de maquillage sous les yeux, et j'insultais encore une fois Nate en m'imaginant dans le même état à cause de lui. Il sortait de la piscine en rigolant, tapant dans la main de Julian qui piquait la bouteille de Whisky dans mon sac. - Je te préviens, surveille bien tes arrières, tu vas finir noyé dans la piscine avant la fin de la soirée. Pestait Sydney en essuyant ses yeux. - Compte sur moi pour t'aider. Disait Chelsea. Je sortais à mon tour de la piscine, sentant le poids de mes vêtements trempés m'empêcher de sortir de la piscine comme je le voudrais. Je retirais ma combi-short, fusillant du regard mon meilleur ami qui enlevait son T-shirt. - Aller, on va tous finir dans la piscine, de toute façon. Vous n'aviez qu'à pas vous maquiller. Sur cette phrase arrogante, il contractait ses abdos avant de prendre le verre que Julian lui tendait. Je resserrais mon haut de maillot de bain en demandant aux filles de me suivre pour qu'on puisse se démaquiller. - On a déjà dégueulassé toute ta maison. Me disait Sydney alors qu'on rentrait dans ma chambre, encore trempées. - Ce n'est pas grave. La femme de ménage vient demain. Et puis, ce n'est que de l'eau. Je prenais des serviettes dans mon dressing avant de leur jeter au visage. J'essuyais mes cheveux alors que je réalisais que je venais tout juste de les laver. - Je t'emprunte des cotons. Les filles partaient dans ma salle de bain et je les suivais. - Oui, je crois qu'on pensera à ne plus se remaquiller en leur présence. Surtout à côté d'une piscine. Dis-je en sortant mon démaquillant. Une fois démaquillée, Chelsea nous proposait : - Une petite photo au naturel ? - Tu plaisantes ? Rétorquait Sydney. Jamais de la vie. - Ça va, tu n'as qu'à tenir mon téléphone pour cacher ta tête. - Tu avais ton téléphone sur toi, quand il vous a jeté dans l'eau ? Dis-je en fronçant les sourcils. - Oula, non. Il serait déjà mort, sinon. Je l'ai pris parce que je ne le quitte jamais. Je levais les yeux au ciel et elle allumait la caméra. Je me plaçais à droite, posant une main sur l'épaule de Sydney qui tenait le portable. Je tirais la langue, essayant de ne pas regarder mon corps bronzé et mes fesses que je trouvais un peu trop voluptueuse, comparé à mes deux meilleures amies qui faisaient du trente-quatre. - p****n, maintenant, cache ça. Disait Sydney en jetant le téléphone. - Arrêtes, elle est très bien. - Ouais, peut-être, mais je ne suis pas aussi belle que vous au naturel. Disait Sydney en sortant de la salle de bain. - N'importe quoi, tu es très jolie. Dis-je en criant. Sa mince silhouette, ses yeux bleus et ses magnifiques cheveux blonds m'avaient toujours fait rêver. Contrairement à moi, avec mes cheveux bruns trop fins, mes yeux noisette, mon trente-six et mes seins que je trouvais trop gros par rapport à ma silhouette. - Elia, pas de ça avec moi. Toi, tu n'as pas besoin de te maquiller pour ressembler à un mannequin, ou de mettre un pantalon plus large pour simuler de belles fesses. Ou même, de ne pas pouvoir mettre de décolleter parce que tu n'as pas assez de seins. Moi, si. Je mordais l'intérieur de mes joues pour ne pas rigoler parce que tout ça était ridicule. - Ne dis pas n'importe quoi, Syd', tu es une véritable bombe, Zach le confirmerait s'il était avec nous ce soir. Elle rougissait légèrement et sortait de la chambre, embarrassée. Chelsea remettait ses cheveux derrière ses épaules et je sortais à mon tour. - Enfin, on a failli venir vous chercher. On a déjà bu trois verres. Vous êtes sûr que vous avez fait que vous sécher ? - Ah. Ah. Je m'asseyais sur le fauteuil à gauche de Julian et il me tendait un verre. - Qu'est-ce que c'est ? - Vodka. Je levais un sourcil, hésitant à prendre le verre qu'il me proposait si gentiment. Puis, finalement, je l'acceptais en le remerciant. Son immense sourire me nouait l'estomac alors que je repensais à la discussion que j'avais entendu dans la cuisine. Julian Waters, le garçon si mignon et gentil que je connaissais depuis des années me trouvait attirante. Je détournais le regard, buvant mon premier verre un peu trop chargé d'une traite. J'avais besoin de me vider la tête après ces deux jours chaotiques. Mais, jusqu'à quel point j'en avais besoin ? *** Je me réveillais alors que les rayons du soleil traversaient ma chambre, me faisant plisser les yeux. Je m'étirais en repoussant les couvertures qui me tenaient trop chaud malgré la clim. Il était neuf heures trente, et j'étais contente de ne pas avoir trop bu, hier soir. Ils étaient peut-être partis vers quatre heures du matin, mais je me sentais quand même en forme. J'allumais mon téléphone et j'étais juste un peu déçu de ne pas voir un message de Ben. J'espère que tu vas le regretter. Voilà la dernière chose qu'il m'avait dite. C'était lui qui me faisait du mal, mais en plus, il cherchait à me remettre la faute dessus. L'imaginer avec cette Amber me donnait envie de vomir, et je détestais que ça me fasse autant de mal de seulement y penser. J'étais aussi peut-être un peu jalouse, parce que cette Amber était vraiment jolie. Je soupirais, me levant du lit, prise d'une envie de courir pour évacuer ses pensées. J'enfilais un short rose saumon et un débardeur blanc trop petit qui me serrait au niveau des seins. Ma mère était sur le canapé, quand je descendais, et je mordais ma lèvre en marchant doucement sur le carrelage pour ne pas me faire repérer. - Où vas-tu ? Je m'arrêtais devant la porte d'entrée, contrariée qu'elle m'ait vue descendre. - Courir. - Encore ? Après une soirée, en plus ? - Oui. J'entrais dans le salon et ma mère posait son café et son magazine sur la table basse devant elle. - À quelle heure la soirée a finit ? - Je ne sais plus vraiment. Quatre heures, je crois. - Tu t'es beaucoup relâchée, cette semaine. - Oui. J'en profite, avant de reprendre le travail. Elle me toisait de haut en bas et je me sentais toute petite, malgré mon mètre soixante-dix. - Qu'est-ce que tu fais, ce soir ? - Je ne sais pas. Probablement rien. - Ah oui ? Amuse-toi, c'est samedi soir. - Je n'ai pas envie de m'amuser. Dis-je, en repoussant mes pensées qui divaguaient vers Ben. Elle tordait sa bouche, comme elle le faisait quand elle ne savait plus quoi dire. Elle ne s'était pas encore maquillée, et je la trouvais beaucoup plus jolie au naturel. - Et, tu as eu des nouvelles de Ben ? - Non, pourquoi ? Dis-je, sentant tous mes muscles se contracter à la simple évocation de son nom. - Je demandais juste. J'ai parlé à Eric, hier soir. Il ne savait pas que vous aviez rompu. Voilà. Je savais qu'elle ne pourrait pas s'empêchait de tout répéter à Eric, même si cette rupture datait d'hier. - Il n'a probablement pas eu le temps de lui en parler. - Oui, sûrement. Son regard s'adoucissait et un sourire maternel venait étirer ses lèvres. - Ça va, toi ? - Oui, je vais bien. - D'accord, je suis contente. Je faisais un dernier sourire avant de m'éclipser et de sortir. Je démarrais ma musique et commençais à courir doucement. Il faisait très chaud et il ne me fallait pas plus de cinq minutes de course pour commencer à sentir ma transpiration dégouliner dans mon dos. Je regrettais maintenant d'avoir mis un débardeur blanc, mais je continuais de courir malgré tout. J'empruntais les petites rues tranquilles, courant sur les trottoirs le long des maisons, où je ne croisais presque personne. La seule chose qui m'arrêtait, c'était la sonnerie de mon téléphone. A chaque fois que je courrais, je me faisais déranger. La prochaine fois, je penserais à le mettre en mode avion pour pouvoir courir tranquillement. - Oui, Sydney ? - Elia, tu cours encore ? - Oui. Dis-je en reprenant mon souffle. Qu'est-ce que tu veux ? - Dix-neuf heures au bar, ce soir, ça te dirais ? J'essuyais mon front en sueur, cherchant à savoir si j'avais envie d'y aller ou non. - Euh, oui. On mange là-bas ? - Oui. - D'accord, on se rejoint directement là-bas ? - Oui. Habille-toi sexy... on sortira sûrement après. - Quoi ? Non, je viendrais juste au restaurant. - Aller, tu ne vas pas te défiler encore. Je levais les yeux au ciel alors qu'elle ne pouvait pas me voir. Elle savait que je détestais les boîtes. - Bon, habille-toi quand même sexy, c'est un ordre. Mets une robe, des talons, maquille-toi, et si tu ne veux pas nous accompagner après, on te laissera tranquille. - Vraiment ? Dis-je ironiquement. - Oui. Aller, à tout à l'heure. Et n'oublies pas, sexy. Elle raccrochait et je me mettais à rire toute seule au milieu de ce lotissement. Pourquoi m'habiller sexy pour sortir à un bar qui faisait restaurant où on avait l'habitude de passer notre temps de la manière la plus décontractée possible ?
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