Constance a été adorable, elle m'a guidé à ma chambre dès qu'elle m'a vue la regarder.
La chambre est immense comme chaque pièce de leur maison. Un lit double en baldaquin avec voilage blanc, en fait-tout est blanc à part les rideaux légèrement roses.
Elle me regarde "Tu peux refaire ta chambre selon ton goût."
"Non, merci, c'est gentil, mais c'est parfait."
Elle me sourit "Dit moi qu'elle est ta couleur préférée ?"
"Je n'y ai pas vraiment réfléchi, j'ai toujours trouvé le jaune sympa, mais ce n'est pas approprié à votre style. Le blanc me convient parfaitement."
Constance réfléchi "Et si les voilages et les rideaux, je les change en dorée. Cela semble pas mal ?"
Je vois toujours en Constance une grande volonté de bien faire "Oui, ce serait parfait, merci."
Le sourire aux lèvres, elle ajoute avant de partir "On ne sera pas là ce soir, on est invité à un gala de charité qu'on avait vraiment oublié, j'en suis toute confuse. Donc tu seras avec Kurtis et ses amis qui sont ici quelques jours. Si quoi que ce soit ne te vas pas, n'hésite pas à m'en parler."
"Je vous en remercie Constance."
"Non, tu peux nous tutoyer, on n'est pas à ce niveau de mondainité."
Je hoche la tête en signe de compréhension. Elle part et je me retrouve alors seule avec à ma gauche une immense penderie à côté une salle de bain personnelle et à ma droite un immense lit et au fond un bureau avec une petite bibliothèque. Quand je pense au mot petit, c'est bien sûr grand mais petit comparé à toute cette demeure aux richesses dont je pense ne pas encore avoir tout vu.
Je décide de sortir mes vêtements et de les ranger dans la penderie. Je prends mon temps, je n'ai pas énormément de vêtements et je me rends compte à chaque vêtement que je range que rien n'est adapté pour une ici.
Et au fond, je ne pense pas être faite pour une vie ici. Ma petite passion qui repousse la plupart des parents ici n'a pas sa place. Adieu les jeux vidéo, adieu les ordinateurs que j'aime réparer et toi petit clavier d'ordinateur au doux son sous mes doigts, je ne pourrai sans doute plus t'utiliser.
Est-ce que ce monde vaux un tel sacrifice ? Où vais-je trouver comme dans chaque nouveau foyer un moyen de faire ce que j'aime ?
Je regarde alors l'horloge au-dessus de la porte de ma chambre, et elle ne semble pas avoir bougé d'un pouce. Cela fait bien 10 minutes que je range mes vêtements pourtant. Ils ont sûrement retiré les piles.
Je continue à ranger mes affaires et j'entends toquer à la porte. "Oui ?"
Kurtis entre très sur de lui, il s'avance un peu dans la chambre et je vois qu'il regarde mes valises que je range cela le dérange-t-il ? Il n'en laisse rien paraître.
"Maman et papa partent pour un gala ce soir. Tu seras donc avec moi et mes amis. Souhaites-tu faire une activité particulière ou un bon film te conviendrait ?" Il semble gentil et prévenant, je ne m'y attendais pas autant.
"Maman... papa... euh... Constance m'en a parlé oui avec monsieur le directeur, ils avaient oublié."
Il passe la main dans ses cheveux visiblement gênés "Tu peux les appeler maman et papa tu sais. Depuis le temps qu'il me parle de toi, tu es déjà comme une petite sœur pour moi." Je me sens vraiment trop gênée. Même lui me voit déjà comme sa sœur ? C'est quoi ce rêve, surtout laissez moi dormir !
"Euh... Je ne suis pas sûre. Mais sinon je vais m'adapter à ce que vous aviez prévu ce soir. Ne changez pas vos plans pour moi."
Il hésite un instant "Très bien, mais tu peux te détendre avec moi et nos parents. Tu ne tends pas rend pas encore compte, mais tu comptes déjà pour nous. Et je suis ravi d'avoir une si jolie petite sœur." Il repart et je me sens bizarre pourquoi un si bel accueil en si peu de temps ?
Une fois mes vêtements rangés et je me dis qu'une petite visite s'impose, j'ai l'impression d'être dans un château il y a tellement de pièces que je ne suis pas sûr de savoir comment revenir dans cette chambre si je ne mémorise pas un peu les pièces qui s'y trouvent.
Mais avant, je veux voir cette horloge, je monte sur une chaise et espère que personne ouvre la porte pendant que je suis juste devant pour décrocher cette pendule.
J'y parviens, non sans difficulté, et regarde derrière pour voir qu'elle contient des piles, je replace la chaise au bureau et m'installe sur le lit avec l'horloge.
Toc toc
"Oui ?"
Kurtis revient "Nos parents viennent de partir, ils étaient en retard. Maman n'a pas eu le temps de te dire bonne soirée et elle a pleuré, mais je lui ai dit que je te transmettrai son mot alors voilà" Il regarde l'horloge devant moi.
"Ah c'est vrai, elle ne fonctionne plus mais maman y tient énormément, car c'est dans la famille depuis des générations. Je serai toi je ferai attention à ne pas la casser davantage. Elle refuse même que le père de Brewen y touche, c'est pour dire, il est directeur de plusieurs joaillier et horlogeries."
Il s'installe en face de moi sur le lit "ce n'est donc pas un problème de pile ?"
"Non malheureusement."
"Je peux la réparer ?"
Il semble étonné, "Tu saurait faire ça ? Ou tu t'inventes réparatrice pour maman ? Tu n'as pas à essayer de lui plaire, elle t'aime comme tu es."
Je baisse les yeux sur la pendule "Je ne crois pas qu'on m'aime comme je suis. Mais, je sais que je peux réparer l'horloge ou du moins trouver ce qui cloche. As-tu un tournevis cruciforme ?"
"Je reviens un instant." Je regarde tous les détails qui font de cette horloge un objet très rare et ancien.
Kurtis revient "Tiens, je pense que ça devrait faire l'affaire." Mais il n'est pas seul Brewen et Irisia sont avec lui. Ils entre tous et je ne me sens pas vraiment bien.
J'essaie d'oublier leurs présences et je prends le tournevis. J'ouvre délicatement la pendule. Je regarde bien tout et je pense avoir trouvé le problème. Une des aiguilles est légèrement tordue.
Je défais doucement les aiguilles dans un silence profond. Tout le monde m'observe et je me sens un peu tendue. Je tente de redonner sa forme initiale à l'aiguille, une fois satisfaite, je repositionne le tout et revisse le dos pour voir si elle fonctionne correctement. Je la retourne et sous L'étonnement de tous elle re fonctionne.
"Wow, bravo Rose." Me dit Brewen
"Maman va etre tellement ravie qu'elle risque de te donner tout ce qui ne fonctionne pas et que personne n'a l'autorisation de toucher" ironise Kurtis.
Irisia semble impressionnée, mais ne dit mot.
"Ce n'est qu'un problème récurrent pour les horloges anciennes, donc rien de dingue." Je me sens gênée.
On se lève et Kurtis repositionne l'horloge à sa place.