Je retourne dans ma chambre enfin la chambre que je partage avec Betty et Lucille. Elles doivent être en train d'étudier enfin elle ne sont pas dans la chambre ce matin.
Je prépare donc mes valises. Je suis revenue il y a deux jours donc j'ai à peine eu le temps de ranger mes affaires. Je ne, mets donc pas longtemps à les refaire.
Je ne sais pas si je dois descendre mes valises maintenant, cela risque de montrer mon impatience et d'un autre côté si je ne les descend pas alors le directeur pensera sans doute que je ne suis pas intéressée par venir chez lui.
Dans le doute qui dure bien trente minutes faciles, je décide de sortir mes valises et de les positionner dans le hall de départ comme je le fais chaque fois qu'un nouveau couple m'adopte. Peut-être que faire comme d'habitude va me porter la poisse, mais tant pis.
Une fois mes valises déposées, je me dirige vers le réfectoire pour manger, il est l'heure. J'ai rien fait de la matinée et j'espère voir Lucille et Betty avant mon départ.
J'entends la voix du directeur, je ne sais pas pourquoi je me sens stressé et décide de me cacher dans un renfoncement du couloir pour ne pas qu'il me voit.
J'attends bien cinq minutes après qu'il ait fini de parler avant de sortir de ma cachette, comme une idiote. Heureusement, personne ne m'a vue.
Au réfectoire, je suis contente de retrouver mes amies, je m'installe à côté d'elles.
"Oh Rose ! On ne t'a pas vu pour réviser ensemble. Ça va ? Tu n'es pas du genre à te morfondre pour un couple qui se sépare de toi." Me dit Betty
Lucille ajoute "J'ai vu que t'es valises n'était déjà plus dans la chambre, tu repars déjà ?"
"En effet, un nouveau couple souhaite m'adopter" Je n'ose pas leur parler de qui c'est. Si elles me le demandent, je leur répondrai, mais je ne veux pas m'étaler sur mon histoire.
"Oh non pas déjà moi, je voulais qu'on se refasse des soirée filles !" Betty semble déçue, mais Lucille en joie me dit "Rose sincèrement dis moi ton secret pour te faire adopter si vite car moi, je sens que je vais finir ma vie ici."
Lucille à 19 ans et c'est hyper rare qu'une personne veuille adopter une personne de son âge. Ici, on est majeure à 21 ans donc l'orphelinat reste ouvert et nous accueil jusqu'à notre 21e anniversaire. Mais, des 18 ans nous sommes autorisés à travailler pour nous rendre autonome et nous aider pour rentrer dans la vie active. Si on trouve un travail qui nous convient et qu'on est pris en contrat, on peut demander au bout d'un certain temps à être autonome et quitter l'orphelinat. Lucille travaille actuellement sur cette option. Elle a trouvé un petit travail qui lui convient dans une boulangerie en tant que vendeuse.
Betty à 17 ans donc le travail n'est pas encore autorisé, elle reste donc dans l'enceinte de l'orphelinat.
"Je ne sais pas, c'est peut-être que je ne parle pas beaucoup." On rigole et termine le repas en racontant nos 3 derniers mois. Car mes anciens adoptants m'ont gardé trois mois. Je leur explique le divorce qui a causé mon retour ici. Lucille nous parle de son métier de vendeuse en boulangerie et Betty qui fête son anniversaire dans 2 mois nous informe commencer ces recherches pour travailler dès ces 18 ans.
Au fond, je ne suis pas triste pour elles, car on est un peu tous dans le même bateau même si je pars ce soir pour une énième famille, je reste une orpheline, car au début, on est en période d'essai, en quelques sortes. Tant que personne ne m'adopte légalement, je resterai cette orpheline que j'ai toujours été, aussi loin que je m'en souvienne.
Betty, n'a jamais connu ses parents, elle a été déposée à l'orphelinat par une personne anonyme. Lucille, sait comment s'appelle sa mère, elle a été déposée aussi à la naissance, car sa mère était trop jeune pour s'occuper d'elle et sont père ne voulait pas en entendre parler. Mais sa mère n'a pas accouché sans indiquer son nom.
Nous sommes trois cas parmi tant d'autres.
Alors que nous mangeons, Lucille nous dit tout bas "Je ne sais pas pourquoi, mais le directeur arrive dans notre direction, il ne nous lâche pas des yeux, ne vous retourner pas les filles."
En effet, il se positionne à côté de notre table, on le regarde toutes :"Rose, j'ai un impératif qui m'oblige à rentrer plus tôt que prévu. Cela ne change rien pour nous, on partira juste après le repas. J'ai vu que tes valises étaient déjà prêtes donc rejoins moi dans mon bureau, on partira dans la foulée." Les filles me dévisagent et je me sens honteuse de ne pas leur en avoir parlés.
"Lucille, Betty, à bientôt." Il les salue, elles font pareil et il repart, sans doute dans son bureau.
Elles me fixent et ne disent rien "C'est le directeur, il m'a proposé de m'adopter." Avouai-je timidement.
Lucille fut la première à me répondre "Quand penses, tu partageais tes secrets pour trouver des parents si vite et si cool ?" C'est vrai que le directeur est vraiment une personne d'un naturel gentille, en soit c'est une chance, mais comme ça ne va jamais jusqu'au bout, c'est aussi dur de me dire qu'après il redeviendra mon directeur. Je n'aurai jamais de famille.
Betty dit alors "Je suis contente pour toi, vraiment, je pense que cette fois pourrait être la bonne."
"Merci les amies, j'espère aussi. Mais vous savez bien ce que c'est. Je ne me permets pas de m'habituer aux foyers qui m'accueillent. Je vais prendre ça comme du travail et on se reverra aux prochaines vacances les filles." On rigole et c'est avec le sourire que je quitte mes amies pour une nouvelle aventure, direction le bureau du directeur.
Je toc, et je l'entends me dire d'entrer. Je le vois ranger un peu son bureau et il se lève "Allez, c'est parti Rose, j'espère que tu te plairas parmi nous. Et que tu réussiras à te faire une place."
On passe prendre mes valises qu'on installe dans sa grande voiture noire. Je m'installe ensuite sur le siège passager et on avance vers cette nouvelle destination.