La vérité nous force à le dire, malgré la tache que cette petitesse imprime à un si beau caractère, le commandant Phellion se haussait sur la pointe des pieds aux réceptions des Tuileries ; il se mettait en avant, il regardait en coulisse le roi-citoyen quand il dînait à sa table, enfin il intriguait sourdement, et n’avait pas encore pu obtenir un regard du roi de son choix. Cet honnête homme avait plus d’une fois pensé, mais ne s’était pas encore décidé, à prier Minard de seconder sa secrète ambition. Phellion, l’homme de l’obéissance passive, était stoïque à l’endroit des devoirs, et de bronze en tout ce qui touchait la conscience. Pour achever ce portrait par celui du physique, à cinquante-neuf ans, Phellion avait épaissi, pour se servir du terme de la langue bourgeoise ; sa figure mon

