La journée s'était étirée comme un long supplice, chaque minute pesant une heure. Le restaurant était bondé, l'odeur de friture et le brouhaha des clients me donnaient la migraine. J’avais l'impression de flotter hors de mon corps, mon esprit retournant sans cesse, malgré moi, vers ce penthouse maudit. Le service se termina enfin. Monsieur Lawson, le gérant, nous fit signe de passer à la caisse. Il compta les billets avec une lenteur exaspérante, me remettant ma paye de la semaine. Je la glissai dans ma poche sans même vérifier.Ce maigre salaire pour des heures de fatigue, alors qu'un chèque d'un million de francs CFA dormait toujours sur ma coiffeuse, intact. Je n'y avais pas touché. Je n'avais même pas pu l'encaisser. Le toucher, c'était accepter que ce qu'Alex et Félix m'avaient fai

