Lettre XXIXParis, 2 mars, III. Je n’aime point un pays où le pauvre est réduit à demander au nom de Dieu. Quel peuple que celui chez qui l’homme n’est rien par lui-même ! Quand ce malheureux me dit : que le bon Jésus ! que la Vierge…. ! Quand il m’exprime ainsi sa triste reconnaissance, je ne me sens point porté à m’applaudir dans un secret orgueil, parce que je suis libre de chaînes ridicules ou adorées, et de ces préjugés contraires qui mènent aussi le monde. Mais plutôt ma tête se baisse sans que j’y songe, mes yeux se fixent vers la terre : je me sens affligé, humilié, en voyant l’esprit de l’homme si vaste et si stupide. Lorsque c’est un homme infirme qui mendie tout un jour, avec le cri des longues douleurs, au milieu d’une ville populeuse, je m’indigne, et je heurterais volontier

