Février 2017
Une vraie rencontre provoque une influence réciproque. Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l'autre. L'amour est une émotion que l'on ne choisit pas, mais qui est immergé en soi. Il suffit parfois d'une rencontre, pour que ce sentiment se révèle et s'intensifie au fil des jours qui s'écoulent. L'amour est merveilleux et intense, il est également soumis à de multiples épreuves qui s'impose à nous, tôt ou tard. En dépit de cela, si l'amour entre deux êtres est authentique, un jour prochain, tous deux se retrouveront. En amour, rien n'est dû au hasard, tout cela résulte d'une conspiration divine, souhaitant réunir deux êtres voués à être ensemble pour l'éternité... L'amour n'a pas de klaxon pour crier gare. Il arrive tout simplement.
Camilla Dulce CHÉRY
Il est vingt heures, je suis toute seule chez moi. L'ennui me guette. Je n'arrive pas à rester sans rien faire. Je devais préparer la conférence de presse du chef pour demain, mais la concentration me fuit comme la peste. Mon patron, qui, dit en passant est mon père Lucious CHÉRY.
Comment le décrire ? Lucious CHÉRY, un patron intransigeant, exigeant, qui prime l'excellence dans son plus haut niveau. Toutefois c'est un père aimant, affectueux qui me passe tous mes caprices et par dessus tout un mari que toutes femmes souhaiteraient avoir. C'est mon daddy chou. Il est mon rock. Mon modèle de gentleman. Le plus parfait des hommes. Étant enfant unique, j'ai eu le bonheur de profiter pleinement de l'amour de mes parents. Bien que ça passe mieux avec mon papounet d'amour. Vu que je suis son responsable de communication, je l'accompagne presque partout. Ma mère est absente la plupart du temps.
Vous vous demandez sans doute pourquoi je suis aussi instable au niveau relation de couple. Bah simple, je n'ai pas encore rencontré cet homme aussi merveilleux que mon père qui me traitera comme sa reine.
N'arrivant pas à me concentrer assez pour effectuer mon travail, je suis sortie marcher histoire de m'aérer un peu l'esprit. Tout en marchant, je me suis mise à penser à ma vie, à mon histoire avec Fred, à ce que je veux vraiment... A un tas de chose.
- Je crois que j'ai été trop dur avec lui. Il m'aime et il fait des efforts je dois moi aussi en faire autant.
Depuis l'épisode du bar, lui et moi on s'écrit à peine et quand on se voit c'est toujours à la va vite. Je decide alors de mettre les choses au point avec lui et de donner une autre tournure à notre relation. J'arrête alors un taxi pour m'emmener chez lui. Arrivée là-bas, je sonne à la porte attendant qu'il vienne m'ouvrir. Grande fut ma surprise de constater que c'est une fille qui est venu m'ouvrir. Elle était vêtu d'une chemise de Fred qui lui arrivait au bas des fesses, les cheveux en pagaille.
- Il se passe quoi au juste ? J'ai raté quoi ? Je me suis trompée d'adresse ou quoi ? Pensais-je.
Elle m'a observée de la tête aux pieds avec un oeil de méfiance avant de m'adresser la parole.
- Oui ! C'est pourquoi ? Elle me demande hautaine.
Je suis déconcertée.
- Euh... je... je suis la voisine de Frederico, j'habite juste en face, il m'a emprunté un truc l'autre jour. Je voulais le récupérer, dis je peu sure de moi tout en ayant peur que mon mensonge ne passe pas.
Elle reste scéptique.
- Et c'etait quoi au juste ?
- Un... un tourne-vice, je sors sur le coup de l'action.
Elle me scrute.
- Mon cheri est sorti chercher à boire. Il ne va pas tarder.
Elle a essayé de l'appeler. Dieu merci cet abruti a laisser son téléphone chez lui. Sauvée par le gong me suis je dis.
- Je peux l'attendre si cela ne te dérange pas, je lui propose en m'éfforçant de sourire.
Elle roule des yeux d'agacements.
- Hmmmm hmmmm !
Je ne savais pas que j'étais une aussi bonne comédienne. Je ne voulais pas y croire. Fred ne pouvait pas me faire ça. Mais non, il ne peut pas être si bon acteur, lui qui me jurait qu'il m'aime d'un amour sans faille à longueur de journée. Me faire ce coup bas alors que demain c'est la Saint Valentin. C'est très cruel de sa part.
Je me suis dit que j'allais devoir attendre Fred pour comprendre la chose. L’affronter s'il le faut. D'ici là j'ai prévu de faire la causette à sa suposée chérie afin de lui tirer les vers du nez.
Elle a reculé afin que je puisse passer et m'a invitée à m'asseoir. Je l'imagine la secouer dans toutes les positions et partout au salon. Ça me retourne l'intestin. Et dire que j'ai eu à faire l'amour plusieurs fois sur ce canapé avec Fred. Partager les sueurs d’une autre, c'est glauque. Beurkkkk !
J'essayzis tant bien que mal de faire la conversation.
- Comment trouves tu le quartier ? Je suis nouvelle et je m'y perd parfois. C'est grand, tu ne trouves pas ?
Elle semblait comprendre que je n'étais pas là pour son mec. Donc elle a relâché un peu la pression.
- Ici c'est super, les gens sont accueillants, elle se détend un peu. Ils ont une joie de vivre contagieuse. Quand tu m'as dit que t'étais sa voisine je me suis dis que tu dois être nouvelle car je ne t'ai jamais croisée par ici. Ou peut être que tu as menti.
Elle sourit. J'eus le cœur qui bat la chamade.
- Je... je viens de m'installer. En plus je ne sors pas beaucoup, ajoutais je afin de consolider mon mensonge.
- Moi non plus je ne suis pas trop fetarde. Mon chéri se plaint beaucoup de ce côté là chez moi. Je suis trop casanière suivant ses dires. Trop reffermée sur moi même.
- Donc c’est à ça que je sers ? Pour le plaisir car sa chérie n’aime pas ça, je me dis intérieurement. Il va apprendre à te connaître mieux et il finira alors par t'accepter telle que tu es, dis je à la fille.
Elle se reprend après avoir pouffé de rire.
- Je l'espère bien. Je l'aime tellement et je tiens à ce que ça marche entre nous. Mais bon si après 3 ans de relation il n'arrive pas à l'accepter c'est que ça ne va pas venir de si tôt.
Bawwww ! Dans ta face Camilla. Trois ans ! Mon Dieu ! Fred n'a pas... Comment il a pu me faire ça ? Je suis choquée. Et surtout furieuse.
- Trois... trois ans !
Elle me fixe l'air de se douter de quelques choses.
- Oui, d'ailleurs on le fêtera ce weekend. On s'est mis ensemble après la saint Valentin. On a passé un moment si merveilleux ensemble que j'ai voulu le récompenser. Pourquoi ça t'étonne autant ? Tu sais quelque chose que je ne sais pas ? Fred voit d’autres filles ? Vu que tu es wa voisine, tu dois savoir s'il amène d’autres fille ici.
J'ai feint un sourire hypocrite puis je reponds avec le plus de naturel possible.
- Non, non. Il n’y a que toi, avoué-je avec une pointe de tristesse dans la voix. Ce qui se passe, c'est que je n'ai jamais eu de relation aussi longue. Je tombe toujours sur des connards qui ne comprennent pas le sens du mot "couple".
- Ah ! Pauvre chérie ! Dommage pour toi. Moi, depuis que je l'ai connu, je ne vis que des bons moments.
- Pauvre de toi aussi ma belle. C'est toi la plus cocue des deux, répétais-je pour moi même.
- Heureusement pour moi que j'ai mon Fred. Mon bébé est différent. C'est un homme tellement formidable.
Si je ne connaissais pas l'homme en question, j'aurais demander quel était ce modèle de gars qui n'existe que pour elle. Je veux ma part de gars.
- La chance ! Souris-je en coin. Finalement je crois que je vais devoir repasser. Je ne peux pas l'attendre davantage. J'ai laissé quelqu'un en attente en venant. A une proche fois... euh...
- Sonia... Sonia CLARKE
- Ah d'accord Sonia. Bye ! Heureuse d'être tombée sur toi. J'espère te revoir.
- Bye cocotte !
Je suis ressortie de là toute déboussolée. Mais qu'est ce qu'il vient de se passer ici ? Je suis en colère. En colère contre Fred qui m'a prise pour une idiote. En colère contre moi même me rendant compte à quel point j'ai été conne de lui avoir faitaveuglément confiance. Je suis rentrée chez moi en taxi plus détruite que ce que l'on aurait pensé. Après tout je n'étais pas si amoureuse que ça.
Après être rentrée je n'ai pas pu retenir mes larmes. J'ai pleuré tout mon saoul etant allongée à même le sol. Je me suis promis qu'il me paiera cet affront au centuple quand je vais lui mettre la main dessus. C'est en étant plus déterminée que jamais que je me suis relevée pour me préparer à sortir. Pleins d'idées me passaient par la tête. J'ai voulu appeler Sophia mais j'ai vite capitulé. Ce soir je sors seule, j'ai besoin de me retouver. J'irai donc au bar de l'autre fois. Ce soir, à moi le vibe. Point besoin de chaperon.
Chose dite, chose faite. Présentement je suis devant le barman d'une de ces bars très prisés de la ville à placer commande. Je suis déjà à mon troisième verre. Rien ne m'arrête. En ce moment même je place encore commande. Je parle un peu fort afin qu'il puisse m'entendre.
- J'ai besoin d'un truc fort cette fois. Un truc qui puisse me faire planer direct.
J'entends derrière moi une voix de mec me disant :
- J'ai tout ce qu'il te faut babe. Tu n'auras qu'à demander. Dis toi que je suis ton serviteur. Prêt à te servir ma déesse. Ce que je donne te fera planer à coup sur.
Je me suis retournée pour voir quel idiot se croyait assez intéressant au point de m'adresser la parole en ces termes. Et merde ! C'est le petit con de service de la dernière fois. Celui du bar. Jay, Jah... pfff. Je ne me souviens plus de son nom déjà. Il faut croire qu'il n'a pas compris qu'avec moi il n'a pas sa chance l'idiot.
Je l'ignore et récupère mon verre de la main du serveur que je bois cul sec et repasse commande. Il continue de parler sans cesse mais je n'y prête pas trop attention en continuant d'enchaîner les verres. Sauf que monsieur s'incruste et me récupère le verre des mains avant que je le vide.
- Tu bois beaucoup trop jolie demoiselle. Tu devrais rentrer chez toi. Quoique tu essaies d’oublier, cela te reviendra quand l’effet de tout ce dont tu as ingurgité se serait dissipé.
Je lui récupère mon verre des mains.
- Mais de quoi je me mêle ? Dégage de là pauvre type.
Quelques minutes plus tard je rejoins la piste de danse. Je bouge comme une folle. C'est sûrement dû aux effets de l'alcool. Je m'enjaillais comme une dingue sur du Avicii. Je sens son regard me brûler dans le dos. Puis, soudain une idée glauque me traversa l'esprit. Je le rejoins au bar qui sortaient son mélange bizarre, puis je lui fais la plus indécente des propositions en collant ma bouche à son oreille.
- Ramène moi chez toi ce soir. Et s'il te plaît ne me pose pas de questions.
- Quoi ?
Ce soir ma conscience est absente. Elle n'a qu'à revenir demain matin mais ce soir, c'est mon soir.