J’ai le corps en feu et j’ai envie d’elle au point d’en souffrir physiquement. Mon érection refuse de se soumettre à l’eau froide qui ruisselle sur mon corps ferme. Pas moyen de la rejoindre dans cet état, ou c’est l’insomnie qui m’attend.
Je cale mon avant-bras contre les carreaux froids et prends mon s**e en main. Avec un gémissement, je baisse le menton vers ma poitrine, ferme les yeux et me caresse.
Putain que c'est bon…
J’accepte volontiers le fantasme que me propose mon cerveau : Skyequi me m******e. Je pense à la facilité avec laquelle je la pénètre en me masturbant vigoureusement. Mon esprit m’offre un film d’images érotiques : ses cheveux emmêlés, son visage enflammé, ses gémissements étouffés, son obéissance… Est-ce qu’elle serait aussi docile avec mon s**e dans sa bouche en cœur ?
— Laisse-moi te regarder.
La douche étouffe le murmure de Skyedepuis la chambre. Sans mon ouïe lupine, je serais probablement passé à côté. Est-ce qu’elle s’adressait à moi ?
Tes désirs sont des ordres, princesse.
Je me tourne dans la douche et pose mon bras contre la vitre embuée, offrant une vue royale sur ma main en action. À l’instant où je lève le regard, je rencontre une paire de pupilles grises, qui me fixent sous des paupières alanguies. La couverture est tombée au niveau de sa taille et a exposé ses seins dressés par l’air frais. Ses cheveux sont répandus sur son oreiller. Cela devrait être illégal d’être aussi belle. Poubelle, le fantasme. L’avoir sous les yeux comme ça suffit à m’exciter.
— Skye, je gémis.
Ma main redouble d’ardeur et mon bassin entre dans la danse. Skyeroule sur le côté sans rompre le contact visuel, et j’accélère la cadence.
J’en peux plus, faut que je vienne, m***e.
Elle ouvre la bouche et passe sa langue sur ses lèvres. Et ça suffit pour faire basculer mon esprit pervers dans les ténèbres et me la planter mentalement devant moi, à genoux, baladant sa langue sur ma verge. Dans mon délire, elle ouvre en grand pour m’aspirer entre ses lèvres, pendant que je la tiens par ses cheveux dorés et… je craque. Je m’immobilise dans un râle, mes paupières se crispent en se fermant, et je peinturlure la porte vitrée de sa douche.
Des étoiles clairsèment ma vision, mes genoux manquent de se dérober. Je n’ai jamais subi un o*****e aussi puissant. Quand je rouvre les yeux, le souffle court, Skyem’épingle toujours de son regard ardent. Ses iris crépitent d’excitation et sa poitrine se soulève.
— Ça te plaît de mater, mon ange ?
J’enroule une serviette moelleuse autour de ma taille en sortant de la douche. Elle hoche la tête en se remettant sur le dos et soupire de bonheur. Elle respire plus calmement à présent, et ses yeux restent rivés sur moi pendant que je me sèche et enfile mon boxer.
— C'était extrêmement excitant, avoue-t-elle en mordillant mon épaule lorsque je me glisse sous les couvertures à côté d'elle.
— C'est toi qui m’excites.
Je passe un bras autour de ses épaules et la serre contre moi pour que sa joue repose sur ma poitrine. Elle jette une jambe par-dessus la mienne, love son corps languissant contre le mien, et je souris.
Tout est parfait.
Ce n'est peut-être pas la première rencontre que j'espérais. Mais on se connaît depuis vingt-quatre heures ; et on en est exactement là où je voulais.
Dans les bras l'un de l'autre.
SKYE
J
e me réveille avec une fournaise dans le dos. Cela fait des années que je n’ai pas dormi d’un sommeil de plomb. Pendant un instant, je ne bouge pas et savoure cette sensation d’être plongée dans un rêve. Lorsque je me décide à bouger, je vise le bord du lit, mais le bras de Scott se resserre autour de moi et me plaque contre lui. Ses jambes sont entremêlées aux miennes.
Ah, la petite cuillère.
Sa respiration est régulière, détendue, et chatouille ma nuque. Alors je soulève son bras qui pèse lourd et file en vitesse. Mes yeux partent à la recherche de quelque chose à me mettre sur les fesses. J’opte pour sa chemise qui traîne dans un coin de la chambre, puis descends l'escalier sur la pointe des pieds. Je fais chauffer de l’eau dans la cafetière, sors deux tasses du placard, l’esprit ailleurs…
… Dans la partie de jambes en l’air du siècle.
Dans le salon, il y a comme un bourdonnement persistant. Sur le sol — à côté de mes clés —, le téléphone de Scott fait des appels de phare. Mon attention dérive vers le mur où il m’a clouée. Un sourire coupable illumine mon visage. La vache, c’était chaud. Je ne me suis jamais sentie aussi désirée. Je ramasse son téléphone pour le poser sur le meuble de l’entrée, mais il continue de vibrer dans ma main. Max s’entête à le joindre. Je lis cinq appels manqués. J’hésite.
— Max ? C’est Skye.
Je laisse le téléphone sur haut-parleur et le dépose sur le plan de travail pendant que je continue de préparer du café.
— Skye, salut ! J’en déduis que Scott est toujours avec toi ?
Au sourire dans sa voix, il semble ravi que son pote n'ait pas été foutu à la porte hier soir.
— Il est toujours là, confirmé-je.
J’insère deux toasts dans le grille-pain et sors le beurre et la confiture.
— Il dort encore. Tu veux que je le réveille, ou qu'il te rappelle ?
— Pardon ? dit-il, interpellé. Pendant une seconde j’ai cru que tu avais dit qu'il dormait encore ?
— Tu as très bien entendu.
— Mais il est plus de dix heures.
Apparemment, Scott est connu pour être un matinal.
— On va dire qu’on n’a pas super bien dormi la veille.
— Toi, peut-être, mais lui, il a passé une bonne partie dans les vapes… Tu t’en souviens ?
— Hilarant, dis-je avec sarcasme.
Max n’a pas l’intention d’oublier l’épisode fléchette-dans-le-bide.
— Mais il est vraiment au lit ? Scott ne dort jamais. Que lui as-tu fait, sorcière ? plaisante-t-il. Non, tu sais quoi, je ne veux pas savoir !
— Ça m'arrive de dormir, interrompt Scott en entrant d'un pas tranquille.
Il m’enlace par-derrière, et embrasse mon cou avant de saisir mon menton pour m’embrasser sur les lèvres. Dès qu’il approfondit notre b****r, mes jambes deviennent flagadas. Les cheveux en pétard, il ne porte que son boxer moulant et un tee-shirt noir. Il est foutrement sexy. Cet air paresseux et désinvolte le rajeunit presque.
— Rarement, rétorque Max. Tu sais que je n’aime pas déranger, mais impossible de reporter ta réunion du conseil cet après-midi. Tu veux que j’y aille à ta place ?
— Non, j'irai. Par contre, tu peux les accueillir à leur arrivée ? J’arriverai au dernier moment, annonce-t-il sans détacher ses lèvres de ma peau.
Il tire la chemise pour tracer un sillon de baisers de mon oreille à mon omoplate.
— Ma chemise te va bien, chuchote-t-il, la voix éraillée.
Ses mains habiles trouvent leur chemin sous l'ourlet de la chemise, le long de mes cuisses, de mon ventre, sur mes flancs. Je mourrais d’envie de me glisser dans cette chemise qu’il portait au dîner hier ; elle a encore son odeur et me fait tourner la tête, comme son propriétaire. Je me mords la langue pour retenir un gémissement.
— O.K., patron. Ciao, Skye.
— À plus, Max ! lâché-je d’une voix trop aiguë.
Scott continue de me torturer avec ses caresses. Max rit en raccrochant. Enfin, je peux me détendre. Du moins, c’est ce que je crois. Subitement Scott me fait pivoter en face de lui et me coince contre le plan de travail.
— Hier était incroyable.