« Approchez-vous, Messieurs, et rendez-vous compte. » C’est qu’ils tètent véritablement, ces chérubins. L’un, blotti, ramassé sous le ventre de la chèvre, y va de si bon cœur qu’on entend les glouglous du lait chaud descendre jusque dans ses petites jambes agitées par le contentement du repas. L’autre, plus calme, étendu paresseusement, a besoin de quelques petits encouragements de sa gardienne auvergnate : « Tète, mais tète donc, bougrri !… » Puis, à la fin, comme s’il avait pris une résolution subite, il se met à boire avec tant d’ardeur que la femme se penche vers lui, surprise de cet appétit extraordinaire, et s’écrie en riant : « Ah ! le bandit, en a-t-il de la malice… c’est son pouce qu’il tète à la place de la cabre. » Il a trouvé cela, cet ange, pour qu’on le laisse tranquille

