PDV de Léonard Dubois
« Elle est plutôt lumineuse, la Forêt de l'Ombre, non ? » Éloïse a regardé autour d'elle avec curiosité.
Contrairement à moi, qui ai déjà participé trois fois à l'épreuve, c'est la première fois pour Éloïse. Elle aurait dû y prendre part l'année dernière, à l'âge de dix-huit ans, mais sa maladie était tout simplement grave. C'est précisément grâce aux efforts inlassables de notre père adoptif, Alban, qu’Éloïse a réussi à se remettre quelque peu.
« Ton corps n'est pas encore complètement remis, alors si tu te sens mal quelque part, n'hésite surtout pas à me le dire, d'accord ? » J'ai caressé ses cheveux. S'il ne s'agissait pas d'une épreuve obligatoire, je souhaiterais sincèrement lui épargner cette aventure périlleuse.
« Ne t'inquiète pas. Même si je ne sais pas pourquoi, je me sens vraiment très bien ici. » Ses yeux brillaient lorsqu'elle me regardait, et je pouvais sentir sa joie sincère.
Ses paroles ont ravivé une lueur d'espoir en moi. La légende raconte que des trésors rares peuvent apparaître dans la Forêt de l'Ombre. Bien que je n'aie trouvé aucun trésor curatif lors des trois épreuves précédentes, peut-être cette fois-ci...
« Tu as peut-être raison. Durant toutes mes épreuves passées, je n’y ai effectivement jamais vu une lumière aussi éclatante. » J'ai recommencé à observer notre environnement puis j'ai pris la main d'Éloïse.
'Alerte à l'équipe. Un embranchement à cinq branches nous attend. Notre prochaine décision engage notre route. Nous devons faire un choix éclairé. Voici mon ordre : halte immédiate pour un brief. Repos et préparation. Ensuite, nous déciderons ensemble. Des objections ? ' Mon cher ami, également notre capitaine Martin nous a informés par communication mentale.
Personne n'a émis d'objection. Et j'ai emmené Éloïse se reposer sous un arbre à proximité.
Éloïse était assise en face de moi, fouillant dans notre sac à dos. Elle a ensuite sorti une petite gourde et me l'a tendue.
« Tiens », elle a dit d'une voix légère comme une plume à mon oreille. « C'est une potion énergétique spéciale et... »
« Salut Éloïse, comment vas-tu ? » L'arrivée de Martin l'a interrompu avant qu'elle n'ait pu finir sa phrase.
Éloïse n'a montré aucun signe de mécontentement d'avoir été interrompue, mais a souri à Martin lorsqu'il s'est approché. « Salut Martin ! Ça va bien, et merci à tous pour le coup de main... Même si personne ne l'a dit ouvertement, l'équipe a fait un vrai effort pour s'adapter à ma situation. C'est vraiment gentil de votre part. »
« Hahaha, Tout le monde dans notre équipe te kiffe, tu sais. Mais bon, si ce n’était pas à cause de quelqu’un qui a peur de nous voir trop te harceler, ils seraient tous venus te voir. » Martin m'a lancé un regard significatif.
Éloïse a détourné son regard de Martin pour le poser à nouveau sur moi.
« T'es pas là juste pour ça, non ? » J'ai dit à Martin et évité le regard d'Éloïse.
« Ah, je suis juste venu voir notre chère petite sœur. » Martin a fait délibérément un clin d'œil à Éloïse.
« Bref... » Si je ne savais pas quel genre de personne est cet homme, je lui donnerais une bonne correction.
« Regardez notre précieuse petite dame ! Éloïse, tu te souviens que tu es ici pour une épreuve ? » Une voix aiguë et moqueuse a brisé l'atmosphère harmonieuse.
Je me tenais devant Éloïse, lançant un regard hostile à la femme qui se trouvait face à moi : Clarisse Durand, fille d'Alpha Marius Durand. Cette femme est vraiment étrange. Depuis qu'elle nous a rencontrées, elle me voue une immense hostilité. Je n'ai aucune idée du lien qui pouvait nous unir avant notre première rencontre.
« Clarisse. » Martin l'a appelée d'un ton sévère.
Clarisse n'a lui prêté aucune attention, me lançant un regard plein de dégoût.« Quelle attention délicate pour ta sœur. Tu lui racontes aussi des histoires pour s'endormir le soir ? »
Hahaha ! Des ricanements moqueurs ont fusé de l'équipe de Clarisse.
Éloïse a tiré sur ma manche, sortant de derrière moi pour se placer devant Clarisse.
« Tu te plains que personne ne te borde le soir ? Si tu veux, je peux te raconter une histoire avant de dormir. » Éloïse lui a parlé d'un ton compatissant.
« Toi !... Espèce d'imbécile. » Clarisse a juré avec rage. « Sur quoi tu te bases, à part ton aveuglement, pour penser qu'il n'a pas des idées dégueulasses en tête ? »
Les mots de Clarisse n'étaient pas encore tus qu'un murmure s'est élevé. « Léo a peut-être l'air cool à l'entraînement, mais c'est un faux-jeton. Avec sa sœur, c'est dégueulasse ! Je l'ai même vu une fois sur le point de l'embrasser... Ouais, vraiment chelou. »
« Berk, c’est dégoûtant... » D'autres groupes à proximité l'ont également entendu.
Ma routine quotidienne consiste principalement à m'entraîner ou à m'occuper d'Éloïse. À part passer plus de temps avec les membres de l'équipe, je ne discute guère avec les autres. C'est la première fois que j'entends parler aussi crûment d'Éloïse et moi. J'ai toujours pensé avoir rempli mon devoir de bon frère, en traitant Éloïse comme le membre de ma famille que j'aime le plus.
Mais maintenant... je commence à douter.
Boom... Un coup de tonnerre a fait les murmures se transformer en ce changement soudain de temps et m'a tiré de ma rêverie. Le ciel, qui était clair quelques instants auparavant, était soudainement recouvert d'épais nuages lourds, plongeant le monde dans une obscurité profonde et lugubre.
Avant que ma vision ne plonge dans l'obscurité, j'ai serré Éloïse contre moi. J'entendais les halètements étouffés d'Éloïse.
« Tu ne te sens pas bien ? » J'étais inquiet, je lui tapotais doucement le dos pour essayer de calmer sa respiration.
« Ça va, mais toi... Comment ont-ils pu dire ça de toi ? » Sa voix trahissait une indignation.
Quant aux autres rumeurs qui circulaient à mon sujet, j'aurais pu la rassurer calmement en lui disant qu'elle n'avait pas à s'en soucier. Mais cette affaire-là... suis-je vraiment sans reproche ?