Samedi 8 septembre
"Alors... Kingfisher ou Carlsberg ?"
"Bah je ne sais pas, je n'aime pas la bière, prends les deux !" ai-je dis. Enzo déposa plusieurs canettes de bières dans le chariot et on se dirigea vers un autre rayon. Il essayait de me renverser avec le chariot. Je sais, Enzo est un fou mais je l'aime comme il est (je suis folle aussi par la même occasion) !
Un peu plus tard on est sortis, les boissons et la nourriture en main. On était presque arrivés chez Enzo quand on rencontra monsieur Fr***. Dis donc il ne se passera pas un jour sans que je voie ce professeur !
"Salut les jeunes !" sourit monsieur Fr***. Son beau sourire laissa apparaître des fossettes sur chaque joue. Il était tellement beau, même quand il ne faisait rien ! C'est fou...
"Bonjour monsieur vous allez bien ?" demandais-je poliment. Enzo lui, regardait ailleurs. Il avait perdu toute forme de sourire et sa mâchoire était serrée.
"Oui et toi Léonie ?" me demanda monsieur Fr*** en passant sa main dans ses cheveux en bataille, il a dû comprendre que Enzo n'avait pas envie de parler.
"Oui je vais bien monsieur."
"Tu fais une fête ?" son regard était posé sur les sacs.
"JE fais une fête pas Léonie." informa Enzo d'un ton sec et froid. Je le foudroyais du regard. Il manquait de respect au professeur d'anglais là. Je souriais au prof.
"Vous saviez monsieur, il est peu de mauvaise humeur aujourd'hui Enzo." j'émis un rire nerveux. Enzo allait répliquer quand je lui ai écrasé le pied. Il gémit de douleur et le professeur nous regarda bizarrement.
"Ce n'est pas grave ! Alors comme ça je ne suis pas invité ?" plaisanta le prof, afin de détendre l'atmosphère.
"Ahahahahah. Je suis comme mort de rire monsieur. Vous n'aviez pas d'autres blagues à deux francs en stock ? Même si vous n'avez que 22 ans, vous êtes trop vieux pour vous incruster dans nos fêtes."
"ENZO. Arrête !"
"Bah quoi ? J'ai raison non ?"
"Bon bah je vais vous laisser. À lundi Léonie et au revoir Enzo." conclut le professeur en s'éloignant, mal à l'aise.
"Bah tu dois être content non Enzo ?" le prof était parti, j'étais énervée. "Il ne t'as rien fait de mal bordel !"
'Il voulait s'incruster dans ma fête !"
"L'HUMOUR tu connais ?"
"Bah vu comment il te mâtait il ne devait pas rigoler !" je regardais furtivement mon corps, y'avait vraiment rien à mâter. J'avais un short qui montrait mes jambes maigres et un t-shirt ACDC qui n'était même pas décolleté.
"N'importe quoi ! Sinon tu connais pas un mot qui commence par la lettre 'r' et qui se termine par 't’? Tu ne vois toujours pas ? Tu sèches ? Tu vois c'est ce qui te manquait tout à l'heure, le RESPECT."
"Avoue tu aurais aimé qu'il y soit à ma fête hein ?"
"Enzo tu me saoules !"
"Tu n'as pas répondu à ma question Léonie !"
"Non ! Content ?"
"C'est ça !"
"Attends tu n'es pas en train de me faire une crise de jalousie là ? Mais bordel Enzo on n’est même pas en couple et si jamais on l'était, tu allais me faire quoi de plus, me taper ?" soudainement sa mâchoire se desserra, son visage s'adoucit et un sourire se forma sur son visage.
"Désolé, je suis désolé... j'ai agi comme un c*n. Pour me faire pardonner monte sur mon dos !" il savait que j'adorais monter sur son dos, vu qu'il était grand et tout.
"Ouiiiiii ! Mais ne me refais plus ça d'accord ? Et les paquets on en fait quoi ?"
"D'accord maman. Tu les attrapes tout en mettant tes mains autour de mon cou. Je ne vais pas courir trop vite pour éviter les dégâts !" en entendant le mot 'maman' j'ai échappé un petit rire. Je suis montée sur son dos, il a un peu couru pour me faire peur et on est arrivé chez lui. Souvent je me demande ce que j'aurais fait sans Enzo et Marine, ce sont juste les meilleurs !
***
Il n'était que 23 heures et la fête battait de son plein. Elles sont toujours comme ça ses fêtes à Enzo ! D'ailleurs où est-il ? On ne s'est pas séparés depuis le début de la soirée, rigolant et blaguant sur tout et n'importe quoi. Et là je l'ai un peu perdu de vue. Je décidais d'aller chercher quelque chose à boire quand quelqu'un me tira par le bras. J'espérais que ce serait Enzo...
"Léonie ! Alors comme ça on m'ignore ?" m'a questionné Marine, un sourire aux lèvres. Dans le noir, rien qu'avec quelques spots, je pouvais remarquer son gloss luisant et son maquillage soigné. Vêtue d'une robe à bustier orange flashy, me regardait de la tête aux pieds. "Tu es vraiment magnifique dans cette robe noire mais tu aurais pu faire un effort ! Une robe avec des converses... !' je baissais les yeux, en regardant mes converses. Bah quoi ? C'est plus confortable qu'en talons aiguilles !
"Bonsoir, oui je vais bien, merci !" le ton de ma voix était ironique, ces temps-ci Marine avait tendance à me faire pleins de remarques. "Bon je vais aller me chercher quelque chose à boire, mais avant ça tu n'aurais pas vu Enzo ?"
"Il est là-bas !" a répondu Marine d'un ton désinvolte en pointant du menton Enzo et une rousse en train de rigoler. Une pointe de jalousie traversa mon corps. "Bon, je te laisse." continua-t-elle, elle tapota gentiment mon épaule et alla rejoindre Julien. Et là je ne sais pas ce qui m'a pris, je suis allée vers Enzo et 'sa' rousse qui me tapait déjà sur les nerfs. J'ai attrapé Enzo par le bras et on est allés dehors, sur le porche de sa maison.
"Tu me fais quoi là ?!" m'exclamai-je.
"Hein ? Je te fais quoi ?" Enzo m'a demandé. Il passa une main dans ses cheveux relevés blonds, pour la remettre dans sa poche.
"C'est qui la rousse à qui tu parlais ?"
"Ah, Léna ? Elle est trop belle avoue !" s'exclama Enzo d'un ton amusé.
"En plus tu me laisses toute seule !"
"Donc tu as interrompu ma conversation avec une belle rousse pour me dire que je t'ai laissée toute seule ?" il s'approcha de moi. "Tu es sûre qu'il n'y a pas un autre truc derrière... ?" la fragrance de sa bouche mentholée me fit presque perdre mes moyens.
"N-non !"
''Bah je ne sais pas moi ! Tu es sûrement... jalouse ?" me souffla-t-il en exagérant sur le mot 'jalouse'. Enzo s'approcha encore plus de moi. On était très proches à présent, je sentais son souffle effleurer doucement ma peau. Enzo passa sa main autour de ma taille et me ramena encore plus proche de lui et remit une mèche de mes cheveux en arrière à l'aide de sa main libre. Il noya ses yeux dans les miens et un sourire se dessina sur ses lèvres minces. Ses yeux reportèrent leur attention sur mes lèvres, le poussant à se mordre la lèvre inférieure. Il s'approcha de plus en plus des miennes, nos lèvres allaient se toucher...
La porte d'entrée s'ouvrit et Enzo se détacha lentement de moi.
"Tu viens Enzo ? ça fait plus de 10 minutes que je t'attends." c'était Léna, elle jouait sensuellement avec ses boucles rousses en jetant un regard à Enzo qui en disait long. Argh je la déteste ! Sans même la connaitre ! Elle venait de s'apercevoir que j'étais là. "Ah je dérangeais ?" continua-t-elle en plaçant sa main sur sa bouche, l'air faussement désolé. Mais non tu ne nous dérangeais pas, on était en train de regarder Naruto, tu veux nous rejoindre ? Bouffonne.
"Non, on allait rentrer." dit Enzo d'un ton neutre. Il me laissa toute seule comme une conne sur le porche de sa maison, pour rejoindre sa Léna. Sans même prendre la peine de se retourner pour voir si je venais aussi ou pas. Je me retournais, ma maison était juste en face de la sienne. J'avais envie de rentrer et de me blottir dans mon lit. Mais bon si je rentrais Enzo allait s'énerver, il n'aimait pas quand je partais trop tôt des fêtes, surtout des siennes.
***
Il devait être une heure du matin, quand j'étais assise sur le sofa du salon de Enzo sirotant de l'Ice Tea. Je pensais à notre b****r potentiel de tout à l'heure. Je ne sais pas ce qui m'arrivais en ce moment, je ne pensais pas être autant attirée par Enzo. C'était mon meilleur ami, je ne le voyais pas comme plus que ça. Mais c'est bizarre comment il peut avoir envie de m'embrasser et après me laisser tomber pour partir avec une autre ?! Pff, il faut que j'arrête d'y penser et que je profite de cette fête. Je me suis servi un verre de vodka et après l'avoir bu, je me levais pour danser. La chanson 'Blackout' de Breathe Carolina s'est mise à jouer, du coup je me suis mise à me trémousser comme une folle. Enzo m'a rejoint un peu plus tard et a commencé à danser avec moi.
La chanson 'Be The One' du groupe The Fray joua. Là c'était un slow, les gens autour se mirent à danser un slow, y compris Enzo et moi. Je posai ma tête dans le creux de son épaule, mes bras étaient autour de son cou. Enzo plaça ses mains autour de ma taille. Je peinai à ne pas humer son doux parfum, qui était si... addictif.
"Léonie ? Rassure-moi, tu n'es pas en train de me sniffer là ?" il se mit à rire, mes joues étaient en feu.
"Non ne t'inquiète pas." répondis-je en essayant de toute mes forces d'avoir un ton désinvolte.
"Léonie je dois te dire un truc..."
"Oui ?" Enzo ne m'a pas répondue.
***
J'étais adossée contre un mur en rigolant avec Enzo, on ne se quittait pas des yeux. Enzo appuya sa main droite contre le mur au-dessus de mon épaule gauche, et de sa main gauche libre il jouait avec mes boucles blondes. Un sourire était scotché sur son visage, j'avais arrêté de rire et un sourire s'esquissa sur le mien aussi. Mon regard se noya dans le sien. Il me fit deux ou trois bisous dans le cou.
"J'ai tellement envie de t'embrasser." m'a susurré Enzo. "Qu'est-ce que tu attends ?" cette question m'avait échappée, j'avais tellement envie de l'embrasser. Il s'approcha de moi et m'embrassa. J'ai passé mes bras autour de son cou, il a mis ses mains autour de ma taille et m'a serrée fort contre lui. On était dans notre monde à nous, plus personne n'existait autour. J'avais l'impression que la musique s'atténuait de plus en plus, jusqu'à ne plus jouer. Des frissons parcoururent mon corps, mon cœur battait la chamade. Nos muscles se détendirent mais des papillons continuaient à voler dans mon ventre. On s'embrassait passionnément, je ne voulais pas que l'on s'arrête mais il le fallait.
"Enzo écoute, je -"
"Non toi écoute-moi. T-tu m'obsèdes, j'aime tout chez toi, chaque détail de toi, de ta personnalité. J'adore ton caractère, comment tu peux passer du fou rire à la colère, ton parfum envoûtant, comment tes yeux se plissent quand tu souris, j'adore ce grain de beauté q-que tu as sous le nez jusqu'au froissement de tes sourcils quand tu es énervée ou contrariée. Je ne me passerai jamais du sourire timide que tu fais quand on te fait un compliment, comme là. Tu es tellement belle, intelligente, drôle. Agréable, gentille. Tu es vraiment spéciale à mes yeux Léonie, je... Je... t'aime Léonie, je t'ai toujours aimée..."
"Je... Je ne sais pas q-quoi te dire là... Je-" Enzo posa son index délicatement sur mes lèvres pour me faire taire.
"Ne dis rien s'il te plaît...'' après un furtif b****r dans le cou, il m'embrassa encore une fois, et là ce n'était pas pareil, c'était plus... magique.