Les bêtes énormes s’affaissèrent, tombèrent les unes par-dessus les autres. Ce fut comme une montagne ; et sur ce tas de cadavres et d’armures, un éléphant monstrueux qu’on appelait Fureur de Baal, pris par la jambe entre des chaînes, resta jusqu’au soir à hurler, avec une flèche dans l’œil. Cependant les autres, comme des conquérants qui se délectent dans leur extermination, renversaient, écrasaient, piétinaient, s’acharnaient aux cadavres, aux débris. Pour repousser les manipules serrées en couronnes autour d’eux, ils pivotaient sur leurs pieds de derrière, dans un mouvement de rotation continuelle, en avançant toujours ; les Carthaginois sentirent redoubler leur vigueur, et la bataille recommença. Les Barbares faiblissaient ; des hoplites grecs jetèrent leurs armes, une épouvante prit

