VIILa vie continua comme auparavant, dans les deux maisons voisines. Les économies réalisées par Broquerel donnaient à sa famille un joli revenu, dont Antonine se promettait bien de profiter largement, dès que son deuil serait passé. N’ayant pas eu d’affection pour son mari, se voyant délivrée d’une autorité gênante, elle s’arrangeait fort bien de son veuvage, puisque la prévoyance du défunt lui assurait une existence aisée. Mlle Manette venait gémir, près de sa voisine, de cette insensibilité. – Elle ne respecte rien de ce qui rappelle le pauvre cher Nestor !... Tout est bouleversé dans la maison !... Et il semble qu’on prenne plaisir à faire le contraire de ce qu’il voulait. La pauvre demoiselle ne pouvait se remettre du coup qu’avait été pour elle la mort de son neveu. Elle traîna un

