XIILa pension Ludoz occupait un assez vaste immeuble, situé entre cour et jardin. La directrice était une femme d’une cinquantaine d’années, de belle taille, de manières très affables. Elle accueillit aimablement Manon, s’informa beaucoup de « cette chère Lucie Blache, la perle des créatures ». Après quoi, elle conduisit elle-même la nouvelle venue à sa chambre, une petite pièce située sous les combles et fort succinctement meublée d’un lit de fer très étroit, d’une table de bois jaunâtre tachée d’encre, d’une petite armoire et d’une chaise boiteuse. Une lucarne lui donnait l’air et le jour. La température y était glaciale, en ce jour d’automne pluvieux et froid... Manon, toute frissonnante, s’occupa aussitôt de s’installer, en réprimant la pénible impression qui la saisissait, au seuil

