Après un long moment à se fixer tous les deux, Sofia ne savait même pas ce qu’elle faisait là alors que Dhruv ne voulait pas d’elle. Son cœur battait à vive allure parce qu’elle avait cru voir une étincelle dans ses yeux mais c’était certain que cette étincelle n’était le fruit de son imagination parce que ce mec était très difficile à vivre. Il était temps qu’elle s’en aille. Elle passa près de lui et ne s’y attendant pas, il la retint. Sa main contre sa peau l’avait fait frissonner et elle espérait qu’il n’avait pas constaté cela car savoir qu’une personne qui nous détestait tellement nous faisait autant d’effet était une vraie honte. Lorsqu’elle leva la tête vers lui, elle constata qu’il était en colère. Elle ne voyait pas ce qu’elle avait fait pour le mettre dans un état pareil bon sang.
-ne me dis pas que tu es déjà amoureuse de mon frère Sofia. Je ne savais pas que c’était aussi facile d’oublier rapidement une personne qu’on aimait. Tu fais ça comment toi ?
Elle avait mal de l’entendre dire cela et elle avait envie de lui dire qu’elle ne l’avait pas du tout oublié mais pour sa propre santé, elle ne pouvait pas lui dire de vive voix qu’elle était toujours amoureuse de lui vu qu’il le savait déjà et peu importait si elle était amoureuse d’un autre, ce n’était pas du tout ses affaires à ce qui paraissait. Elle voulait lui répondre que sa vie ne le concernait pas du tout mais à chaque fois, elle voulait toujours être cette jeune fille gentille avec lui parce qu’elle pensait que comme ça, il allait enfin pouvoir la remarquer.
-alors tu m’as déjà remplacé par mon frère Sofia ? après tout, treize ans d’amour ne se remplace pas en un seul jour n’est-ce pas ? ou je me trompe.
Treize ans d’amour, oui il avait parfaitement raison. Elle était déjà amoureuse de lui lorsqu’elle avait cinq ans et depuis tout ce temps, elle n’avait jamais pu l’oublier malgré tout le mal qu’il lui faisait. Si dire que l’amour faisait mal était ça alors, elle était prête à affirmer que l’amour faisait souffrir car durant ces treize années, elle n’avait aimé personne d’autre et n’était sortie avec aucun garçon parce qu’elle aimait Dhruv. A chaque fois, elle gardait toujours espoir qu’il puisse remarquer un jour qu’elle l’aimait sincèrement.
-peu importe si elle est amoureuse de moi ou pas, je pense que tu ne veux pas d’elle et qu’elle mérite aussi d’être heureuse non ? répondit Roshan en colère qui venait d sortir de sa chambre.
-tu apparais toujours pour la défendre Roshan. Je pense qu’elle est capable de me répondre non ? ou son silence est une preuve qu’elle lutte pour m’oublier mais qu’elle n’y arrive pas ? après tout l’amour ne s’oublie pas aussi facilement n’est-ce pas Sofia ?
Il s’en alla par la suite et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. En venant jusqu’à chez lui, elle savait que ça allait être comme toute ces années mais elle avait un peu d’espoir. Décidément, il était un c*****d de première classe qui n’allait jamais changer et elle le détestait plus que tout bon sang.
-je ne sais pas pourquoi ton cœur est aussi dur à entendre la vérité Sofia. Tu ne peux pas supporter cette humiliation durant toute ta vie. Tu comprends ça au moins ?
-mais je l’aime Roshan. Je voudrais moi aussi l’oublier mais j’y arrive pas, c’est tellement difficile je t’assure. Je l’aime tellement.
Roshan ne trouvait plus qu’une seule solution désormais pour l’aider mais il savait que même si les parents de Sofia venaient à lui proposer, cette dernière n’allait jamais accepter. Il trouvait que pour qu’elle oublie Dhruv définitivement, il était mieux qu’elle quitte L.A pour un autre endroit. Au moins ne plus le voir cahque jour allait l’aider mais elle n’allait pas l’écouter.
-je vais y aller maintenant et merci Roshan.
Il hocha juste la tête. Il n’était pas du tout fier d’elle car même si elle n’était pas sœur, il se demandait ce qu’il ferait si ce genre de situation arrivait à Clarita. Pleurer, souffrir pour un homme qui ne la calculait même pas, c’était dingue.
Lorsque Sofia passa dans le salon, Dhruv n’y était plus. Elle était consciente que pour ne plus souffrir, il fallait qu’elle parte sur le champ mais elle voulait tout de même le voir. Elle alla dans le jardin et ce qu’elle vit lui brisa encore plus le cœur. Dhruv et Jasmin étaient carrément en train de s’embrasser sous ses yeux. Ça aurait pu être elle à la place de cette fille mais non, il ne l’aimait pas et ne voulait jamais la sentir. Elle partit de là en courant. Il était convenu qu’elle allait rentrer chez Perine avant d’aller chez elle mais elle avait besoin d’être seule pour pleurer et c’était mieux qu’elle rentre chez elle. Elle prit un taxi et durant tout le trajet, elle n’avait pas pu se retenir et c’était mis à pleurer. Lorsque la véhicula s’arrêta devant chez elle, elle prit l’entrée de la cuisine parce qu’elle voulait éviter ses parents. Lorsqu’elle arriva dans sa chambre, elle voulut claquer la porte lorsqu’un pied bloqua. C’était celui de Spencer. Elle n’avait pas pensé qu’on l’avait vu. Elle laissa tomber et alla se jeter sur son lit en criant plus fort.
-je déteste tout ce qui est Dhruv Alcantara Gomez, je déteste tout ce qui est Jasmin, je les hais tellement, tellement, tellement. Elle se débattait toute seule comme si elle voulait se libérer d’une force invisible alors, Spencer la prit dans ses bras. Elle finit par se calmer peu à peu.
-je savais bien que tu allais faire une bêtise aujourd’hui Sofia. Je savais qu’il allait te faire souffrir une nouvelle fois mais tu ne t’es pas retenue d’aller le voir. Il ne t’aime pas.
-mais moi je l’aime. il ne peut même pas faire semblant pendant un moment ? Il peut au moins faire semblant de m’apprécier non ? tu ne penses pas ?
-mais le semblant n’est pas réel Sofia. Il faut que ce soit réel pour être vrai. Ça te tente qu’on déménage ? on pourrait aller vivre ailleurs et comme ça, tu l’oublieras un peu.
Elle se détacha des bras de son frère et se mit à regarder ce dernier comme s’il venait de dire une bêtise. Elle savait qu’en restant à L.A, elle avait des chances qu’il puisse l’aimer un jour et pourtant en partant, c’était encore plus facile pour Dhruv de l’oublier. Elle ne voulait pas qu’il l’oublie mais elle voulait qu’il pense à elle, uniquement à elle.
-cette idée, je te défends de la proposer aux parents. C’est mon histoire et pas la tienne. Quitte ma chambre maintenant je t’en prie.
-mais Sofia écout…
-dehors Spencer et tu ne dis rien de ce que tu as vu.
Il leva les mains en signe de reddition et sortit. Tout ce qu’il faisait jusque-là c’était dans le but de l’aider mais elle voulait souffrir comme si la douleur qu’elle ressentait depuis treize ans n’était pas déjà largement suffisante pour qu’elle en cherche encore. Sa sœur était obstinée et il ne pouvait rien faire. Il espérait qu’elle allait un jour prendre conscience elle-même que quelque chose n’allait pas.