XI Ses années de lycée étaient déjà loin et son allemand encore plus, mais, en lisant, le vocabulaire revenait quand même assez vite. Sitôt rentré du Pirate, Jean-Gabriel s’était installé près de la fenêtre, dans sa chambre, pour commencer à traduire les lettres de Willy. Avec une certaine émotion, c’était un jour pour ça, et comme s’il pénétrait dans un sépulcre, il avait ouvert l’enveloppe cachetée par le jeune soldat allemand plus d’un demi-siècle plus tôt. La première surprise avait été de constater le nombre des lettres. Il y en avait beaucoup plus que le volume apparent de l’enveloppe ne le laissait supposer. Le papier avait séché, ce qui expliquait sans doute la faible épaisseur de l’ensemble. Sur des feuilles, d’un format ancien et plutôt petit, une écriture assez fine et régulière

