Point de vue d’Aurora Le départ se fait à l’aube. La forêt dryadique s’efface lentement derrière nous, remplacée par des arbres plus espacés, plus anciens, comme s’ils observaient notre passage avec une méfiance silencieuse. Éryndel marche devant moi, son pas fluide, presque irréel. À chacun de ses mouvements, l’air semble se refermer sur nous, dissimulant mon essence comme elle l’a promis. Je sens le voile. Il n’étouffe pas Kina. Il ne m’efface pas. Il me rend… discrète. « Respire normalement », murmure Éryndel sans se retourner. « Plus tu t’oublies, plus le voile est efficace. » J’acquiesce et ajuste mon pas au sien. Le voyage est long, mais jamais silencieux. Éryndel parle peu, pourtant chaque mot a du poids. Elle m’explique les territoires que nous traversons : les clairières n

