Chez M. Summers

1453 Words
***Point de vue D'Aurora*** Je joue avec mon sweat, m'assurant que ma capuche est bien mise. Je n'ose pas le regarder, mais je sens bien le poids de son regard sur moi. J'ose un contact visuel rapide et c'est le choc. Il me regarde comme s'il me voyait vraiment ... moi. Pas comme un prof regarde une élève. Pas comme un adulte regarde un problème. Comme ... je sais pas, juste ... moi. C'est ce qui m'a finalement décidé. Je lui fais un simple hochement de tête en signe d'accord. Il s'accroupit pour être à ma hauteur. ~D'accord?~ Un mot si simple. Puis il se penche un peu plus et pose ses coudes sur ses genoux. ~Je t'amène chez moi alors et je te soignerai. Pas de questions, pas d'infirmière, ni de formulaires ou de père à prévenir, promis.~ Sa voix est douce, chaude , rassurante. ~Juste moi, une trousse de soin et toi. Ça te va, Aurora?~ Je hoche à nouveau la tête. ~D'a-d'accord.~ ma voix est minuscule, je la déteste. Lui par contre, il sourit comme un chat de Cheshire, comme si je venais de lui offrir un cadeau. Il se relève et me fait signe de le suivre. J'hésite quelques secondes avant de poser mes doigts bricolés dedans sa main gigantesque. ~Viens, petite rebelle.~ Son ton est léger, presque une blague. Il me tire doucement hors du rayon, hors de ma cachette. J'ai soudain peur, peur de sortir et d'être vu, vu par ceux qu'il ne faut pas. Xander ... Il remarque mon désistement et s'empresse de me réconforter. ~Ça va petite, tout va bien aller. Personne ne peut rien te faire avec moi dans les parages.~ Et pour la première fois, depuis maman, je décide de faire confiance à quelqu'un. Après une quinzaine de minutes, ont fini par se stationner devant une jolie petite maison tranquille. Je remarque tout de suite, le calme, le silence. Pas de cris ou de portes qui claquent. Juste un jardin qui sent la lavande et un porche bien rangé. Il m'ouvre la portière et place sa main dans le bas de mon dos, chaude, rassurante, comme si j'étais faite de porcelaine. Je frissonne. ~Ça va? Je te sens trembler, tu as froid?~ Je secoue ma tête, embarrassée qu'il remarque mes réactions incontrôlables dû à son contact. Je n'ai pas l'habitude d'être touchée ainsi, sans brusquerie, sans douleur. Il pousse la porte et me fait entrer. Une douce odeur de café froid, embaume l'air. Il se passe la main dans ses cheveux, embarrassé. ~Désolé pour le bazar.~ Mais tout est bien rangé. Des livres partout, un vieux canapé usé, mais moelleux . Ça me donne envie de m'y blottir. Je reste planté là, dans le couloir, pendant qu'il dépose ses clés sur la commode. Puis il se retourne trop vite et mon corps sursaute tout seul Je recule d'un pas, le souffle court. Mon bras se lève par réflexe, afin de protéger ma tête. Comme toujours. Il s'arrête net, ses yeux changent, s'affolent. Il lève les paumes en signe d'apaisement. ~Hey ... tout va bien, ma belle. Promis.~ sa douce voix me calme, comme un simple murmure dans le vent ~Dé-désolé M-monsieur ... J-j'ai pas v-voulu ... ~ Il secoue la tête, s'avance doucement et me prend dans ses bras. Ses pouces dessinent de petits cercles dans mon dos afin de m'apaiser complètement. ~Ne t'excuse pas.~ Il se penche, pose ses lèvres sur mon front et me souffle: ~Viens, on va soigner ça.~ Il me fait asseoir sur une chaise et ouvre un placard pour en sortir une trousse de soin. Il m'applique de la pommade sur ma joue en premier, ses gestes sont précis, mais de son autre main, il m'effleure la nuque ou le dos. C'est léger, mais il s'attarde un peu trop longtemps pour être innocent. Je ne bouge pas, je me laisse faire. Sa douceur, son attention, les picotements quand nos peaux se touchent ... Je crois que j'aime vraiment ça. Ça me réchauffe de l'intérieur. Il revient vers moi avec une poche de glace et me l'applique sur ma lèvre fendue. De son autre main, il me prend la joue, la caresse, suit ma ligne de menton, puis se perd dans une mèche de mes cheveux. Je retiens mon souffle, me souvenant de la plaque de cheveux manquantes. J'ai tellement honte, mes joues s'empourpent. Il fini par rire tout bas et me murmurer: ~Tu sais que tu es jolie comme ça, les joues rouges? Même tes petits doigts bricolés à la va vite ont leur charme. Tu es débrouillarde, une très belle qualité.~ Comme si je ne pouvais pas être plus rouge ... Mes joues sont littéralement en feu. Je baisse les yeux et bredouille. ~J-je veux p-pas être un p-p-problème pour vous ni p-person-ne. M-monsieur~ Je sens son index sur ma bouche, tout en douceur, c'est si léger qu'un frisson me submerge. ~Tu n'es pas un problème, Aurora.~ Son souffle effleure ma tempe ... ~Tu es un cadeau. Et moi, j'aime les cadeaux.~ Pendant un instant, j'oublie tout. Mais au fond, ça hurle. Je sais qu'un jour, il partira, comme maman, comme tout le monde. Comme un docteur, il s'est très bien occupé de moi, commençant par ma joue, suivi de ma lèvre fendue et finalement échanger mon attelle de fortune par une b***e propre et bien serrée. Puis sans prévenir, son bras tombe sur mon genou meurtri. Je me tais et souffle très fort en serrant les dents. Ses yeux plantés dans les miens, il a rapidement compris. ~Qu'est-ce que tu as là?~ Sa voix est plus grave, presque un grondement. Je secoue la tête, trop vite. ~R-rien, je v-vas b-b-bien.~ Je mens encore et surtout très mal. Il glisse ses mains le long de mes cuisses et de ses pouces pressent le haut des deux genoux. Je me plaque la main sur ma bouche, pour étouffer un cri. Les larmes me montent aux yeux. ~Aurora.~ Mon nom entre ses dents, l'air menaçant. ~Montre-moi.~ Il rit bas, pour alléger le ton. ~T'es un petit coffre à secrets, hein? Ouvre-toi, juste un peu. Pour moi, d'accord?~ Encore un petit hochement de ma part et il fini par me dévoiler peu à peu. Remontant la jambe de mon pantalon il y découvrit mon genou ou plutôt ce qu'il en reste. Descend l'élastique de la taille pour y voir les vestiges de l'opération de ma hanche. Il procède lentement et respectueusement, ma tête tourne, mes joues s'enflamment malgré tout. Il ne s'arrête pas là en dévoilant ma peau tachetée de bleus jaunes et violets éparpillés un peu partout, ainsi que mes cicatrices, plus pâles qui remontent plus haut. Ses doigts glissent sous mon sweat et il expose ma peau du ventre et des côtes. Il frôle mon flanc de l'index, suivant une vieille coupure. ~Déesse ... tu es toute cabossée, hein, ma belle?~ Soudain mon ventre grogne, un bruit ridicule qui casse l'ambiance. La honte m'envahit, encore ... Il éclate de rire et ramasse mon menton. ~Viens, on va remplir ce petit bedon vide ~ Je me sens tellement ridicule. Lui, il m'attrape la main et me tire debout. Son autre main dans mon bas de dos, laissant errer ses doigts sous mon sweat. Je frissonne encore, j'aime tellement ça. Ça ne me fais pas peur, ça ne me fait pas fuir. Dans sa cuisine, il sort des œufs, du pain, du lait et du sirop. Il a dit qu'il cuisinait pour moi ... Moi ... Personne n'a jamais fait ça, à part maman. Ses bras bougent au-dessus de la poêle, il dit qu'il faisait des pains perdus, je ne me souviens pu trop de ce que c'est. Une fois prêt, il m'a servir une assiette qui déborde de pains, mais j'ai pu en mangé qu'un. Cétait vraiment bon, c'était chaud, sucré et collant. Il voulait que j'en mange plus, mais même si j'avais voulu, je ne pouvais juste pas. Mon estomac n'a pas l'habitude de manger autant, j'étais repu. J'avais un beau sourire sur le visage, heureuse pour une fois dans ma vie et je voulais le remercier pour ça. Je relève la tête et il est là, tout près, il essuie un peu de sirop sur le coin de ma bouche et lèche son pouce. Puis sans crier gare, un rictus sur le visage et il capture mes lèvres avec les siennes. Tendrement, puis il appuie plus fermement, comme s'il en avait pas assez et se retire. Le b****r était simple et petit, mon premier b****r, électrisant, doux, exquis. Et là, tout explose dans ma tête, je recule brusquement. Je tremble, mon cœur cogne fort, j'en ai la nausée. ~M.-monsieur ... Summers.~ Je bredouille, les larmes menacent.
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