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1006 Words
Mackenzie Ces derniers temps, je vois beaucoup de papillons de nuit. La grand-mère de Jace a dit un jour qu’ils étaient porteurs de messages. Il semblerait donc qu’un voile sera bientôt levé sur une vérité. Sans dec… *** Le réveil en fanfare que m’offre ma meilleure amie, chez qui je suis arrivée hier pour passer les deux mois d’été, est rude. Mes parents sont diplomates et seront absents un long moment. Quand il s’agit d’affaires entre loups et humains, on ne sait jamais combien de temps ça va prendre. Même après deux cents ans de cohabitation interespèces, il arrive encore qu’il y ait des conflits politiques, et mes parents étant l’image même de l’union parfaite des deux espèces, ils sont souvent sollicités par le gouvernement. Bien sûr, je peux me débrouiller seule, je ne suis pas une empotée, mais ce n’est jamais agréable d’être seule dans une grande maison quand on a l’habitude d’être entouré. — Allez ! Debout, maman a préparé ton petit déj’ d’anniv ! me crie Aurel en m’arrachant les draps. Ma meilleure amie, Aurélie Morgan, est une louve née de deux parents loups, elle est donc plus forte que moi et je n’arrive pas à lutter contre elle. En effet, bien que mon père soit un loup, je suis née humaine. — On est vraiment obligé de le fêter ? ronchonné-je. J’aurais préféré le faire en petit comité, étant donné les circonstances, mais aucun membre de ma famille ne sera présent et, bien évidemment, Aurélie Morgan n’en fait toujours qu’à sa tête. — Bien sûr qu’on est obligé ! On n’a pas vingt ans tous les jours ! — Es-tu consciente que ce n’est pas aussi important pour moi que pour vous autres ? — Tu dis n’importe quoi, tu as autant de chance que nous de trouver ton compagnon, alors bouge ton cul maigrichon. On a une fête à organiser. Sauf que moi, je sais avec certitude qu’il ne se passera rien aujourd’hui, ni demain, ou un autre jour, mais elle ne peut pas le savoir puisque c’est le plus gros secret que je n’ai jamais caché à mes amis, mes meilleurs amis. La voilà votre vérité, petits papillons. Le cœur lourd à cette pensée, je soupire en traînant des pieds. Va-t-il enfin m’envoyer un message ? Celui des papillons de cette nuit était un peu flou. C’était un mélange de noirs et de rouges. Mauvais présage ou grand signe d’espoir, passion amoureuse ou désir de vengeance. Je vais aller loin avec ça, pfff… Aurélie me tire par les deux bras et je cède. Je la suis jusqu’à la cuisine. — Joyeux anniversaire ! s’exclament les parents d’Aurélie à mon entrée dans la pièce. Je force un sourire à étirer mes lèvres en reconnaissance pour la chance que j’ai de les avoir dans ma vie. Christine tient une assiette de pancakes sur lesquels elle a planté une bougie, comme maman a l’habitude de le faire. Je souffle ma bougie et serre Christine dans mes bras pour la remercier. Léonard me sourit et sort une tablette de derrière son dos. Il tourne l’écran vers moi et mes parents apparaissent. — Joyeux anniversaire, mon lapin ! me souhaitent-ils en chœur. — Merci beaucoup ! dis-je, émue. Là où ils se trouvent en ce moment, ce doit être le milieu de la nuit et je suis heureuse qu’ils me fassent ce cadeau de m’appeler à mon réveil, malgré la contrainte. — Nous t’avons laissé ton cadeau pour ce soir, on espère qu’il te plaira, me dit maman, tout excitée, un large sourire fendant son visage. Christine apporte une housse avec un nœud de cadeau rouge accroché à la fermeture éclair. À l’intérieur, je découvre une magnifique robe. — Elle est fabuleuse ! m’exclamé-je, émerveillée en détaillant la robe au tissu scintillant. — Si tu trouves ton compagnon ce soir, préviens-nous, me demande papa pour la énième fois. Je vois bien qu’il est très impatient à cette idée. Ma mâchoire se crispe pour ne pas laisser transparaître mes émotions. — Bien sûr papa, marmonné-je en forçant un nouveau sourire. Ce qu’ils n’ont jamais pris en compte, c’est que c’est différent pour les humains. Le lien étant un cadeau de la déesse de la lune offert à ses enfants, les loups, il n’y a qu’eux qui ressentent vraiment le lien. Bien que nous éprouvions des sentiments très forts, nous, humains, ne sommes pas en capacité de reconnaître un lien de compagnon. Quand celui-ci se produit entre nos deux espèces, le loup n’a donc pas besoin d’attendre que l’humain ait vingt ans pour l’accepter. Cependant, ma famille et mes amis s’accrochent au fait que j’ai des gènes de loup, et je ne vais pas les contredire, je n’ai pas le choix, ils le tueraient s’ils savaient. Après l’appel, je remercie Léonard d’avoir organisé ce contact avec mes parents. — Tu sais qui sera là ce soir ? enchaîne aussitôt Aurel en me poussant à m’asseoir à l’îlot. — Eh bien… te connaissant, je dirais à peu près tout le monde que je connais ? — Évidemment ! soupire-t-elle, exaspérée et un peu hautaine. Mais je veux dire, plus précisément ! — Je ne comprends pas… Oh, non. Ne me dis pas que tu as invité tous les potes de Nate et de Jace ! — Moi non, mais eux probablement, rit-elle. Nathan (alias Nate) et Jason (alias Jace) sont nos meilleurs amis, ils viennent de terminer leur troisième année d’université, et avec un an de plus que nous, ils seront diplômés l’an prochain. Ils sont aussi persuadés que le reste de mon entourage que je vais rencontrer mon compagnon ce soir. Nate espère fortement l’être, d’ailleurs. J’ai beau lui dire d’arrêter de rêver, il ne perd pas courage et ne désespère pas. Les réactions de Jace à mes différentes allusions me poussent également à croire que, lui, attend la majorité d’Aurélie avec impatience. — Mais je ne te parle pas de ça, reprend cette dernière. — Alors de qui tu parles ? m’impatienté-je. — De Brett !
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