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1013 Words
Mackenzie Je ne suis pas sûre que nous dormions réellement. Quand l’un bouge, l’autre suit, adapte sa position contre l’autre, sans jamais nous séparer. Quelque chose me dit que tout va dérailler et je ne suis pas convaincu que ce soit uniquement le papillon noir que je vois sur le rebord de la fenêtre. À six heures, nous sommes levés, l’attente étant une vraie torture, alors on se prépare et nous communiquons uniquement par regards et étreintes. Ma gorge est bien trop serrée pour dire quoi que ce soit sans prendre le risque que je me transforme en fontaine. Nathan s’empare de mon sac d’une main et de l’autre il prend la mienne. Il entrelace nos doigts tandis que nous descendons au rez-de-chaussée. Alpha Hugo est déjà dans le salon avec un café et des dossiers. Il se lève et approche quand il nous voit prêts à partir. — Courage, nous souffle-t-il simplement. Il m’embrasse sur le front et serre l’épaule de son fils. Sans un mot de plus, nous montons en voiture et prenons la route en direction de la maison de la famille Morgan. Nathan conduit en gardant ma main dans la sienne, posée sur sa cuisse, son pouce traçant des cercles apaisant sur le dos de ma main. — Je ne t’en voudrai pas, je serai toujours là pour toi, même si tu décides de rester avec lui à la fin de l’été. — Nate… — Non, bébé, soyons réalistes. Il y a de fortes chances pour que ça arrive, il est ton compagnon malgré tout, nous ne pouvons pas nier la puissance d’un lien de compagnon en bonne santé… J’ai du mal à comprendre comment deux petits mois pourraient suffire à effacer dix-huit mois de souffrance, d’absence et d’ignorance, mais Nathan a raison. Je suis probablement trop aveuglée par la colère pour l’accepter. Et puis, il pourrait aussi trouver sa compagne durant ce laps de temps, et si c’est le cas, j’aurai sans doute plus de courage pour donner une vraie chance à Brett. Je resserre mes doigts sur les siens, ne sachant quoi répondre à ça. Deux minutes plus tard, il se gare dans l’allée des Morgan. Il n’est pas encore sept heures. — Appelle-moi, me demande-t-il. Son ton fait davantage penser à une supplique de ne pas l’oublier. Je me détache et lui réclame un câlin qu’il m’offre volontiers. Je dépose un b****r dans son cou et il y répond de la même façon, avant que je ne sorte pendant que j’en ai encore le courage. Nathan quitte l’allée quand j’ouvre la porte de la maison et j’ai l’impression qu’on m’arrache le cœur. L’odeur fugace de Brett qui persiste au rez-de-chaussée, bien que légèrement apaisante, ne suffit pas à me consoler. Je fais le moins de bruit possible pour ne pas réveiller la maison et pose mon sac en bas des escaliers avant de me diriger vers la cuisine. J’envoie un message à Aurélie et Jason pour les informer que je suis déjà là, puis je m’attelle à faire couler du café et à faire cuire les pancakes que prépare habituellement Christine. — Tu es revenue, chuchote Christine en entrant dans la pièce. — Oui, je suis vraiment désolée pour ce remue-ménage. Je ne t’ai pas réveillée, j’espère. — Non, pas du tout, je suis une lève-tôt, tu le sais bien. Comment vas-tu ? — Je ne sais pas trop. Le moral n’est pas au beau fixe, avoué-je. — La fête ne s’est pas bien passée ? Tu t’es disputée avec Aurel ? s’inquiète-t-elle sincèrement. — Vous n’êtes pas au courant, constaté-je, choquée. — Au courant de quoi ? — Je vous expliquerai en détail plus tard, mais disons que j’ai eu quelques déboires avec mon compagnon. — Oh. Eh bien, je suis partagée entre l’excitation que tu l’aies trouvé et l’envie de lui arracher la tête avec mes crocs pour t’avoir déjà fait souffrir, chérie. Qui est-ce ? Je ris de bon cœur devant sa franchise. — Tu sauras bien assez tôt, soupiré-je en retournant le pancake dans la poêle. — Allez, assieds-toi et laisse-moi finir, c’est mon job, dit-elle avec un sourire complice. Je mets la table du petit-déjeuner quand une voix trop enjouée et agaçante résonne derrière moi. — Bonjour ! Hmm ! Ça sent délicieusement bon ! — Bonjour, répond Christine, perplexe. Qui es-tu jeune fille ? — La fille à qui je vais arracher les yeux à la petite cuillère avant de la donner à bouffer aux cochons et finir les restes à l’acide ! craché-je avant de penser, trop tard, à contrôler ma colère. — Mackenzie Gray ! C’est bien la première fois que je te vois si en colère ! s’exclame Christine tandis que Shanna a les yeux exorbités de terreur à l’écoute de mes envies meurtrières. — C’est ma faute, déclare Brett en passant à côté de Shanna. Il fonce droit sur moi et me prend au dépourvu en me plaquant contre son torse et en enfouissant son nez dans mon cou. — Merci, souffle-t-il. Je ne peux m’empêcher de faire pareil. C’est tellement bouleversant que je craque, et mes larmes trempent sa peau nue. — Je suis désolé, mon cœur, pardonne-moi, je t’en supplie, murmure-t-il. C’est l’odeur de brûler qui me fait me reprendre. — Christine, ça brûle, lui fais-je remarquer en essuyant mes larmes. Elle est bouche bée et nous fixe d’un air ahuri. — Toi, n’imagine pas que ce sera facile. Tu vas en baver, avertis-je Brett en prenant la spatule des mains de Christine pour jeter le pancake carbonisé. — Tu me dois une explication ! crie-t-elle soudain à Brett en reprenant les rênes de la cuisine. — Crois-moi, il en a un paquet à donner, déclaré-je en sortant des tasses pour servir le café. En commençant par elle. Je pointe Shanna du doigt avant de fixer mes yeux sur ceux de Brett. — On est resté amis après avoir rompu, admet-il tout bas. — Et tu t’es dit que c’était une bonne idée de venir me récupérer avec elle dans les pattes, bah voyons…
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