Le soleil baigne la cour du palais d’une radiance pâle, pommelée par les bouleaux alentour, et fait jouer des ombres acérées sur le visage du nouveau venu. Je me prépare à le recevoir depuis des jours. Mon équipe de sécurité m’a fourni un rapport détaillé sur le magnat espagnol. Les informations n’ont fait que confirmer mes premières recherches : il vit une existence dissolue sans se soucier de sa réputation, des conséquences, et, il me semble, de ceux qui gravitent dans son orbite. Rodriguo Santos est exactement le genre d’homme que j’abhorre. Je le regarde avancer à travers la cour. Il est grand, au moins un mètre quatre-vingt-quinze, et marche d’un pas souple et rapide. Il arrive trop vite à ma hauteur. Il me fixe sans aucune pudeur, avec un regard richement brun, brillant comme celui

