Nous n’avons pas fixé d’horaire pour dîner. Je m’en aperçois quand le soir arrive puis s’égrène sans que Rodriguo fasse son apparition. Malgré ma demande, on m’a installée dans la suite présidentielle. Elle est bien trop grande pour moi. Elle compte plusieurs chambres somptueuses. La grande pièce à vivre est dotée, entre autres, d’un piano à queue blanc, d’un sol en marbre, et d’immenses baies vitrées voilées par des rideaux dorés. Il y a aussi une cheminée, pour les nuits d’hiver, sans doute, quoiqu’il soit difficile pour moi d’imaginer l’Espagne autrement qu’à cet instant, baignée d’une lumière crépusculaire, aussi magique qu’estivale. Dans la cuisine, je découvre que les placards sont pleins de spécialités espagnoles. J’envisage de me servir des olives et du pain frais quand on toque

