Chapitre 11 LE POINT DE VUE D'ISABELLA La limousine filait dans la nuit romaine, et les lumières du gala s’éloignaient lentement derrière nous, pareilles à des braises qu’on abandonne. Je regardais mon reflet dans la vitre, les yeux encore brillants, la respiration un peu plus rapide que d’habitude. Je détestais ce qu’il m’avait fait ressentir. Leonardo . Il n’avait pas prononcé mon nom comme les autres. Pas avec désir. Pas avec peur. Non, chez lui, il y avait autre chose quelque chose de dangereux, de brûlant, de vrai. Et ça me troublait. Moi, Isabella Romano, fille du maître de Rome, élevée dans l’arrogance et la certitude, je venais de danser avec l’ennemi. Et j’avais aimé ça. Je serrai les poings. Stupide. Je ne devrais même pas y penser. Quand la voiture s’arrêta devant la

