Chapitre 12

981 Words
Plusieurs minutes passèrent. Marcelino se dissimula sur le côté de la porte, un fusil dans une main et un couteau dans l'autre. A l'extérieur, il régnait un silence pesant, même les oiseaux s'étaient tus. Plus rien ne bougeait, il n'y avait pas un souffle de vent. Un homme à cheval se rapprocha de la roulotte. Il descendit de sa monture, il était grand, brun, le menton fier, mais tout ce qui pouvait le rendre beau et séduisant était annihilé par son regard noir, dénué d'émotions malgré le meurtre dont il venait de se rendre coupable. Sous le lit, Célia était paniquée, qu'allait-il bien pouvoir lui arriver encore? De plus, sa cheville à plat sur le sol la faisait atrocement souffrir. Marcelino se tenait prêt. L'homme se dirigea vers la roulotte d'un pas lent, mais sûr de lui. Il se plaça à environ un mètre de la porte et tira deux fois. Un coup de chaque côté de la porte. Il toucha Marcelino au bras gauche, celui avec lequel il tenait le fusil. Il avait juste eut le temps de se reculer. Une demi-seconde plus tôt et la balle aurait atteint le coeur. L'homme se rapprocha rapidement de la roulotte et envoya violemment son pied dans la porte qui s'ouvrit en grand. Il entra... Personne ! Il se mit à la recherche de la fille dont lui avait parlé son patron. Il entra dans la chambre et appela doucement : - Célia ? La jeune fille, voyait les bottes de l'homme. Elle ne savait que faire : un homme qui en tuait un autre ne pouvait pas être venu pour la sauver, mais en même temps, il devait la connaitre pour l'appeler par son prénom. - Célia ? Appela t-il à nouveau en changeant de salle. Soudain, Marcelino bondit et frappa l'homme au flanc avec son couteau. L'homme ne parut pas s'en inquiéter et d'un mouvement fluide attrapa la main de Marcelino, lui fit lâcher l'arme et s'en saisit. Puis, il le plaqua contre une des parois, le menaçant avec l'arme : - Où est la fille ? Demanda t-il d'une voix qui commençait à traduire son impatience. - Je sais pas ! Le sourcil gauche de l'homme tiqua, il dut se maîtriser pour ne pas tuer le jeune impertinent sur le moment. - Ne te fous pas de moi ! Je sais qu'elle est ici, je viens de la part du patron, il veut la fille. - Je vous dirais pas où elle est ! Vous avez tué Otto ! - Mêle-toi de ce qui te regarde, petit ! Tout ce que je te demande, c'est de me dire où est la fille. Marcelino le regarda et ferma la bouche, obstiné. Malheureusement, un coup d'œil vers la chambre le trahit. L'homme tourna la tête dans la même direction et approcha sa bouche de l'oreille du jeune homme qu'il tenait toujours en joue. - Elle est donc dans la chambre ! Célia qui était toujours cachée mais qui avait entendu la phrase, pourtant murmurée, fut parcourue d'un frisson de sueur froide. - Eh bien, ce serait dommage de la faire attendre. Il ordonna à Marcelino de rester dans la salle et de ne pas bouger. Il se dirigea d'un pas lent vers la chambre. Célia sentait des perles de sueur lui couler dans le dos. Elle était toujours allonger par terre sous le lit. Sa cheville était tellement douloureuse qu'elle se sentait sur le point de défaillir. Seule la panique d'être découverte la maintenait encore évéillée. Elle vit la porte se rouvrir et les bottes entrer dans la chambre. Elle plaqua sa main contre sa bouche pour dissimuler sa respiration. - Célia ? Appela l'homme d'une voix faussement interrogative. Les battements du cœur de Célia s'accélérèrent. - Je sais que tu es là, petite ! Montre-toi ! Insista t-il. Il fit le tour de la petite pièce qui servait de chambre. Ne voyant rien, il tourna les talons. Célia recommença à respirer normalement, mais au moment où il allait franchir la porte, il s'arrêta juste à côté du lit. - Tu pensais vraiment que je ne te verrais pas ? C'est la seule cachette de cette... roulotte ! En disant cela, il se pencha pour regarder sous le lit. En voyant sa tête en face de la sienne, Célia se mit à hurler de terreur. Elle se coula vers le fond du lit tentant de lui échapper, l'homme la saisit par la cheville. En sentant l'emprise de la main sur sa jambe, Célia se débattit de toutes ses forces, mais elle ne pouvait rivaliser avec lui, il tira d'un coup sec et elle glissa inexorablement vers son adversaire. Marcelino en profita pour s'enfuir, l'homme se saisit de Célia sans ménagement et la basculé sur son épaule. Puis, il sortit en vitesse pour rattraper le jeune homme. Ils étaient au milieu d'une plaine, il n'avait que 3-4 mètres d'écart.  - Stop ! Célia sursauta, l'ordre avait claqué. Marcelino s'arrêta net et se tourna pour faire face à l'homme qui avait tué sans pitié son compagnon. - Je vous en prie, vous avez la fille, laissez-moi tranquille. Je ne dirais rien de ce que j'ai vu ici ! - Je ne supporte pas les lâches ! Grinça l'homme. Il sortit son pistolet et tira une première fois sur le jeune homme qui avait repris sa course pour tenter de rejoindre la forêt. Il l'atteignit à la jambe. Marcelino s'effondra, une plainte déchirante sortait de son corps mais il continuait à ramper vers la forêt. Toujours sur l'épaule de l'homme Célia se mit à le frapper avec ses points. Un mouvement d'épaule la cueillit dans le creux des reins. Elle en eut le souffle coupé pendant 3 secondes. Cela était largement suffisant pour l'homme qui tira une deuxième fois, la plainte cessa immédiatement. Célia reprit son souffle, des larmes coulaient le long de ses joues.
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