XVNous avons quitté la Belle-Jenny au moment où elle débouquait de la Tamise et gagnait la haute mer. Le but du voyage, le capitaine l’ignorait sans doute ; car, lorsque les grandes vagues du large commencèrent à laver le bordage du navire, il demanda respectueusement à Sidney, rêveusement assis sur un tas de bordages roulés : – Maître, où donc allons-nous ? – Vous le saurez quand nous serons arrivés, cher capitaine Peppercul. – Oh ! je ne le demande pas par curiosité, reprit le capitaine ; mais le timonier est là qui attend pour pousser à droite ou à gauche la roue de son gouvernail. – C’est juste, répliqua sir Arthur Sidney avec un léger sourire, sans toutefois indiquer de destination. – Le vent, continua Peppercul, a sauté depuis hier ; il fait un temps superbe pour sortir de la Ma

