4 À la Salpêtrière, la morgue n’est guère accueillante. Le serait-elle, le malaise serait identique. On entre dans la cour et on se dirige aussitôt sous le préau d’attente. On monte trois marches. On est un peu perdu. C’est lugubre. Les bancs de bois sont humides et durs, on s’y assoit comme on peut, en vrac, sans savoir ni quel cercueil suivre ni à quel deuil se joindre. Soudain, vingt personnes s’en vont en bloc. D’autres, debout, qui attendaient la place, se précipitent avec un air de tristesse et de convoitise pour s’asseoir enfin. Ces mouvements sont mystérieux et, à les observer, on ne voit pas ce qui les déclenche. À la fin, chacun s’y retrouve et suit son convoi. Ce jour-là, le temps s’était mis de la partie. Il faisait froid, il y avait du vent et beaucoup de pluie. À mon arrivée

