« On va le savoir ». La déflagration la rendit en partie sourde et lui déclencha des acouphènes comparables aux sirènes des Stukas en piqué. Elle sentit des débris de verre se ficher dans ses chairs. Mais la douleur qui s’ensuivit la réconforta. Cet univers de cendre qui l’entourait était réel. Un fragment de miroir intact lui renvoya un sourire plus serein. « Chouette, je ne suis pas marteau. » Aléonore s’apprêta à jeter ses anciennes fripes dans la poubelle. C’était un geste citoyen et gratuit, car le chaos régissait le vortex. Un bout de papier dépassait de la poche arrière de son pantalon. Ah, oui il s’agissait des recommandations des médecins responsables de la santé des orphelins. Aléonore sortit l’ordonnance et la déplia. L’en-tête était imprimé en Garamond noir : « Docteur Aro

