CHAPITRE 24

1595 Words
LIAM Elle poussait un petit cri de soulagement en me découvrant. Son muscle se détendait légèrement sous la pression de ma main, et je la lâchais. Elle semblait réticente, même hésitante. Et je me dépêchais de parler avant de la voir s'en aller : – Je t'ai fais peur ? – Oui, bien sûr que tu m'as fait peur, qu'est-ce que tu crois ? Me disait-elle, soûlée. Je fronçais les sourcils, me mordant légèrement la lèvre. – Tu n'es pas à l'entraînement ? Elle reprenait, impassible. – Si, après. Je ne la quittais pas des yeux, et je restais tout de même sûr de moi. J'allais avoir une explication avec elle, qu'elle le veuille ou non. Depuis que Josh m'avait dit qu'il lui avait parlé, je rêvais de me retrouver seul en face d'elle. J'y avais pensé toute la journée, et je me fichais bien du match de ce soir. Ce que je voulais, en revanche, c'était récupéré Mia. – Josh m'a dit que tu ne venais pas au match, ce soir. – Oui. Et alors ? C'est pour ça que tu viens me parler ? – Non. Je me disais juste que, puisque tu as rejoint l'équipe de cheerleaders, tu allais... – Non. Je n'ai pas rejoint l'équipe. J'ai seulement donné un coup de main. Aria m'y a un peu obligé, et j'avoue que je n'ai pas détesté. Ça m'a fait penser à autre chose, pendant un petit moment. Je serrais les dents. Un point pour elle. La voir faire de la gym m'impressionnait toujours, et je n'oublierais jamais à quel point elle était sexy quand elle bougeait. C'était la plus belle de l'équipe, et j'étais contente qu'elle n'en fasse pas vraiment partie. Et maintenant, plus d'excuse. Je devais m'expliquer une bonne fois pour toute. – Josh m'a aussi dit que je ne m'étais jamais excusé. Et c'est vrai. Même si je m'en veux énormément pour ce qui s'est passé, je suis vraiment désolé, Mia. Je ne te l'ai jamais dit. Son regard était vide, et je tentais de montrer le plus de sincérité possible sur mon visage. – Il faut que Josh te le rappelle pour que tu viennes t'excuser après un mois ? Elle me demandait, les sourcils froncés. – Non, c'est vrai. J'ai tellement cherché à vouloir te dire la vérité, que je n'ai même pas pensé à m'excuser en face de toi. Alors, je voulais vraiment te le dire. Je suis désolé, et crois-moi, je suis vraiment mal pour ce qui s'est passé. J'aimerais revenir en arrière pour tout changer, mais on ne peut pas. Je sais que tu ne pourras pas me pardonner de ne pas t'avoir dit la vérité, mais j'avais peur de te perdre. Je voulais prendre mon temps, mais j'ai eu tort. Elle croisait les bras alors que je reculais d'un pas. Elle semblait maintenant triste, et je détestais la voir comme ça. Surtout quand je savais que c'était à cause de moi. Ça ne faisait qu'une semaine qu'on était plus ensemble, et pourtant, j'avais l'impression que ça faisait bien plus. – Je sais que ce que tu as vécu, c'est la pire chose que peux vivre une fille. Tu as dû avoir très peur et je n'imagine même pas ce que tu dois ressentir en ce moment. Mais je m'en veux terriblement. Il faut que je te dise pourquoi ils s'en sont pris à toi, et pourquoi je les connais. Tu me détesteras sûrement un peu plus, mais ça te permettras sûrement d'aider à avancer en arrêtant de te poser tout un tas de questions. Elle fronçait toujours les sourcils, évitant maintenant mon regard. Puis, après un long soupir, elle me disait : – Je t'écoute, Liam. Me disait-elle, la gorge nouée. Je soupirais, légèrement soulagé, puis me raclait la gorge. Je regardais de gauche à droite dans le couloir, pour être sûr que personne ne nous écoute. Ça me coûtait beaucoup de parler de mon passé à quelqu'un, et j'avais encore plus peur de sa réaction, lorsque je lui apprendrais toute la vérité. – Les mecs qui t'ont agressé font partie d'un gang. Dis-je après une grande inspiration. Les sourcils toujours froncés, je ne remarquais aucune surprise dans son regard. Ses yeux bleus me fixaient toujours, et j'étais légèrement déstabilisé. – J'ai fais partis de ce gang pendant presque deux ans. C'est là que je voyais ses yeux s'arrondir de surprise. Je baissais un instant les yeux, avant de reprendre : – Le seul de mes frères que tu n'as pas vus, Kyle, était l'un des chefs. C'est lui qui nous a embarqués là-dedans, Josh et moi. – Et qu'est-ce que je dois comprendre ? Qu'est-ce que ça à voir avec moi ? Me disait-elle d'une voix froide. Je soupirais, redoutant le moment où elle partirait d'ici sans me laisser terminer. – La spécialité de ce groupe est le t**************e. C'est là que j'ai commencé à en prendre, alors que j'étais seulement au collège. Mon frère, Kyle, nous chargeait de la plupart des livraisons. Comme on était encore enfant, on prenait moins de risque que lui. Au début, tout se passait bien, on était content de faire tout ça. A quatorze ans, on se prenait pour les rois du monde. Elle plissait les yeux. Elle voulait peut-être que j'aille directement à l'essentiel ? – Alors tu les connaissais bien ? – Oui. Je ne sais pas qui t'a agressé exactement, mais je connais tous les noms du groupe. Je voulais seulement t'expliquer avant. Pour que tu comprennes un peu mieux. – Pour que je comprenne pourquoi on m'a v***é, alors que je n'ai rien à voir dans tes histoires de m***e ? Sa voix était soudain plus menaçante, et je devais tenter de la calmer, pour être sûr qu'elle ne disparaisse pas avant la fin de mon explication. – Mia, s'il te plaît, écoute-moi. Il faut que je te raconte. Je n'en ai parlé à personne avant toi, mais il faut vraiment que je te dise pourquoi je les connais. – Pourquoi tu les connais ? Je m'en fous de ça, tu viens de me le dire. Moi, je veux seulement savoir pourquoi ils s'en sont pris à moi. Je soupirais discrètement. La voir aussi têtue m'énervait, mais je ne pouvais pas lui en vouloir. – Je les ai dénoncés à la police, plusieurs mois après. Ils n'ont trouvé aucune trace de d****e. Ils n'ont jamais trouvé leur planque, mais ils ont fini par trouver des preuves concernant mon frère, Kyle. Je leur ai dit qu'il avait tué quelqu'un, et il s'est ensuite fait arrêter. Elle blêmissait. Je fermais les yeux un instant, redoutant ce qui allait se passer ensuite. – Il faut que je te raconte tout ce qui s'est passé, sinon tu ne vas pas comprendre – Ne pas comprendre ? Mais tu te fous de moi ? Elle me poussait violemment et je la regardais se décomposer. – On m'a agressé à cause d'un stupide règlement de compte ? C'est bien ce que tu viens de dire ? Ils s'en sont pris à moi pour se venger de toi parce que tu as dénoncé ton frère ? Je voyais ses yeux se remplir de larmes. Ça me faisait très mal de la voir comme ça, et je me détestais encore un peu plus. – Mia, ce n'est pas ce que j'ai voulu. Je ne l'ai jamais voulu. Tu ne connais pas toute l'histoire... – J'en ai assez entendu. Au fond, tu avais parfaitement raison, tu n'es pas quelqu'un de bien, et je n'ai rien à faire avec quelqu'un comme toi. Je serrais les dents. Ce qu'elle venait de dire était la pire chose que je n'avais jamais entendue. Mais le pire dans tout ça, c'est qu'elle avait raison. Je ne suis qu'un c*****d, et ça, ça ne changera jamais. Elle commençait à partir, mais je disais fort pour qu'elle entende : – Je vais me rendre à la police. Elle s'arrêtait en plein milieu du couloir. De là, je pouvais encore la voir trembler. Je ne faisais que la détruite un peu plus, à chaque fois que je lui parlais, et ça me faisait mal de l'admettre. – Demain. Je leur dirais les noms, tout ce que je sais également. Je montrerais également les appels que j'ai reçus depuis la fête, et je dirais que deux d'entre eux m'ont parlé pendant ton agression. – Parce que tu as reçu d'autres appels depuis ? Me disait-elle en se retournant, l'air furax. – Ils ne m'ont jamais vraiment lâché, surtout depuis que je suis rentré de France. Mais, je te promets qu'ils ne te feront plus jamais de mal, et moi non plus – Je suis contente de l'entendre. Maintenant, je rentre, j'en ai déjà assez entendu. Je ne disais plus rien. Mia avait envie de rentrer, et moi, je ne pouvais pas la forcer à rester face à un mec comme moi. – Qu'est-ce que tu fais, ce soir ? Dis-je doucement. – Je vais chez Alyssa. Ils font une soirée. Je faisais une petite grimace. Il y aurait sûrement son frère et d'autres mecs, et j'étais jaloux, même si on était plus ensemble – D'accord. Elle me regardait encore un moment, puis finalement, elle se retournait en direction de la sortie. – A lundi. – A lundi... Dis-je doucement. Je la regardais marcher en direction de la sortie, espérant qu'elle se retourne. C'est quand la porte claquait derrière elle que je reprenais mes esprits. Je ne suis qu'un c*n. Je ne suis qu'un c*n. Je ne suis qu'un... c*n.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD