1980. Mairie de Coppet.Francine tirait sur son tailleur, obsédée par la proéminence de son ventre. Elle avait décousu et recousu la veste crème, mais sa tenue dissimulait mal son état. Francine avait honte. Honte d’être enceinte à son mariage, honte de ses chaussures en imitation cuir, honte de ses vêtements en coton, honte de sa coiffure trop simple, honte de son visage carré et de la peau de ses mains épaissies par le travail. La comtesse ne lui versait plus de salaire et Louis ne lui avait pas donné d’argent pour une robe, ou quoi que ce fût d’autre. Lui-même se mariait dans le costume qu’il portait à l’ambassade le matin même. Pourtant, il était beau. Sa chemise n’était pas froissée, elle ne l’était jamais. Sa veste flattait sa carrure et ses hanches fines, son pantalon tombait parfait

