Chapitre 7

3080 Words
Jîhen Après mon enménagement, j'ai vite pris mes repères. Même si je suis seule je suis heureuse dans ma nouvelle vie mais c'est vrai que Halim me manque. Je sais c'est bizarre vu qu'on se parle pratiquement jamais mais je pense souvent à lui, je sentais qu'on commençait peu à peu à créer un lien. Je me dis qu'il était gentil avec moi et maintenant que je ne dépend plus de mes parents, peut-être qu'on pourrait avoir une vrai relation frère-soeur. Faut que je me débrouille pour avoir contact avec lui. [07h30] Je me lève doucement de mon lit, j'avais pris l'habitude de me réveiller tôt. Je pars à la salle de bain prendre une douche et me laver les dents. Je met un simple tee-shirt noir et un jogging gris ainsi que des chaussettes. Je me brosse les cheveux et me fait une tresse. Je me dirige vers ma cuisine et me fait un thé avec des tartines. Au début ça me faisait vraiment très bizarre de manger autre chose que ma nourriture quotidienne mais ça me faisait surtout du bien étant donné que j'ai repris un peu de poids. J'étais moins maigre et moins creuse, j'avais plus de couleurs j'étais plus rayonnante et comme ça faisait plaisir de se voir comme ça. Après je n'ai rien mangé d'extraordinaire non plus depuis que je suis ici mais au moins je pouvais en manger autant que je voulais. Je débarasse et lave la vaiselle. Je passe la serpillère dans l'appartement et lave mes habits à la main, je n'ai pas les moyens de m'acheter une machine à laver. Je sors de chez moi pour jetter la poubelle dans le local et me dirige vers ma boite aux lettres. Je prend les quelques lettres et pub qui trainés et remonte à mon étage. Je rentre dans l'appartement et me pose sur une chaise. Facture, facture, facture, lettre des huissiers...Et beh, je suis dans une belle galère. J'ouvre la dernière lettre en soupirant en sachant très bien que ce n'est qu'une facture de plus. "À la suite de la lecture de votre dossier, je pus constater une certaine motivation. Je vous donne alors rendez-vous mardi 9 mars à 14h30 au centre de loisirs ***** afin de passer un rendez-vous. Coordialement, Mme.Sanchez." C'est pas vrai, j'ai dû lire et relire la lettre avant de bien comprendre que j'avais un entretien demain. Je saute de joie, j'attendais ce jour depuis maintenant 3 mois. Je commençais à m'endetter et c'est vraiment la meilleure nouvelle qui puisse tomber. Je cours vers mon armoire pour choisir une tenue présentable. Je n'ai rien, à part 2, 3 joggings, quelques tee-shirt et un jean légèrement troué. Je regarde dans l'enveloppe que m'a donné ma mère : 200€. J'enfile mes baskets, prend l'enveloppe et mes clés et sort de chez moi. Super mais je fais quoi maintenant ? Je connais rien ici moi. En voyant mon air perdu, une dame s'approche de moi. J'étais émerveillé par sa beauté, elle avait les yeux clairs et un très beau voile beige, elle n'avait aucune ride à croire que la vieillesse avait peur d'elle. Elle était assez mince et portait une longue robe rose pâle. La dame : As salam-aleykûm ma fille ça va ? Qu'est-ce que je fais ? Je lui fais un signe vers ma bouche pour lui faire comprendre que je suis "muette". La dame : Tu n'arrive pas à parler ? Oh tu es muette ? Je hoche la tête en guise de oui. La dame : Ah ma fille, tu es nouvelle ici ? "Oui." La dame : Ne sort pas toute seule comme ça c'est dangereux. "Oui." La dame : Que cherche tu ? Je lui montre du doigts mes habits. La dame : Tu cherche des habits... Je fais un signe des mains pour dire "argent". La dame : Habits, argent...tu veux t'acheter des habits ? "Oui." La dame : Ah d'accord, c'est loin le centre commercial ma fille je peux pas te laisser seul...viens tu sais quoi, je vais déposer ça chez moi et je vais demander à mon fils de nous raccompagner en voiture d'accord ? "Oui." La dame : sourire, Allez viens. Je prend un sac de course, elle me remercie et on avance vers son bâtiment. Elle me parlait un peu de sa vie. Elle avait une fille et quatres garçons. Elle me disait à quel point ses fils la rendait folle mais à quel point elle les aimait et ça se voyait. Plus elle me parlait et plus je me disais, c'est donc ça une mère ? Je veux dire, une vraie mère ? Je voyais dans ses yeux l'amour, quelque chose que je n'ai jamais vu dans les yeux de la mienne. Non, dans les siens je ne voyais que de la haine et de la cruauté. La dame : Ahlala, quand je parle je m'arrête jamais moi. Je lui souris, on arrive devant son bâtiment. On prend l'ascenceur jusqu'au 6ème étage et elle sonne. La porte s'ouvre sur une belle fille, sûrement sa fille. Elle avait de très long cheveux noirs, le teint mâte et les yeux marrons très clair. C'est de famille la beauté à ce que je vois. Elle fait un bisou à sa mère et lui prend ses sacs des mains. La fille : Oh désolé je ne t'ai même pas vu, je m'appelle Assia. La dame : Elle est muette ma fille. Assia : Oh, euh...rentre je t'en prie. Je secoue la tête mais Assia insiste alors je retire mes chaussures et rentre dans leur appartement. Il est super beau et super bien décoré, j'aimerais bien avoir un appartement aussi beau. La dame : Tiens ma belle. Elle me tend un verre de jus, Assia me dit de m'assoir sur le fauteil, elle ramène des gâteaux et s'installe à mes côtés, sa mère en face de nous. Je m'attendais pas à une aussi belle accueil, je ne pouvais pas refuser. La mère d'Assia : Mange ma fille. C'est des gâteaux arabes tout le monde en raffole normalement. Je ne bouge pas et regarde l'assiette. Qu'est-ce que je fais ? Je n'ai jamais mangé ça moi. Je prend un gâteau un peu hésitante et l'amène à ma bouche avant de croquer dedans. C'est trop bon. La mère d'Assia : Olaalaa regarde comment t'es toute maigre, tu mange pas ou quoi ? Mange tout, c'est pour toi ma fille. Je lui fais un énorme sourire, je me fais pas prier et mange les gâteaux. Assia : Et...tu t'appelle comment ? La mère d'Assia me tend une feuille et un stylo. "Jîhen." Assia : Ouah t'a un très jolie prénom. "Merci." La mère d'Assia : Appelle moi Samia ma fille. Assia : Et si on invitait Jîhen a manger à la maison ce soir ? Samia : Ah c'est une bonne idée. "Non, je veux surtout pas vous déranger." Samia : Ah non pas du tout au contraire, accepte ma fille tu me feras très plaisir. "D'accord." Samia : Bon on va y allez, il est où Yûnus ? Assia : Dehors. Samia : Ah je voulais qu'il nous dépose au centre commercial. Assia : Y'a Ismael dans sa chambre hein. Samia : ISMAEL ! Quelques secondes défilent avant qu'un jeune homme apparait. Il était assez grand et imposant, le teint mâte comme Assia et les yeux verts. Il me faisait penser à mon frère Halim. Samia : Emmène-nous au centre commercial hefek (*s'il te plaît). Ismael : Mmh ouais. Assia : Je viens avez vous. Il tourne sa tête vers moi, il me regarde de haut en bas, je baisse les yeux assez gênée. Assia part s'habiller, je remet mes chassures et nous sortons de la maison. On avance vers le parking, on monte dans sa voiture et il démarre. Le trajet est silencieux, il nous dépose en disant à sa mère qu'il vient nous chercher dans deux heures. Il me regarde une dernière fois avant de s'en aller. On avance dans le centre commercial, mon carnet et mon stylo à la main. Assia : Tu cherche plus des robes ou des jeans ? "Non enfaite j'ai rendez-vous demain pour un travail alors je voulais être présentable." Samia : Ah oui, quel travail ? "Animatrice dans un centre de loisir." Samia : Ah et tu fais des études ? "Oui je suis au lycée, je passe le bac cette année." Samia : Ah c'est vrai ? Comme mon fils, c'est bien, faut travailler hein. "Oui." On fait quelques tours, j'ai réussi à trouver mon bonheur mais Assia m'a quand même beaucoup aidé. Elle m'a bien fait comprendre sans me blesser que je n'avais aucun goût pour la mode ce qui n'était pas totalement faux. Samia nous paye une glace. J'ai l'impression d'avoir vécu dans l'ombre toute ma vie et de sortir maintenant, j'ai l'impression d'être née hier et de découvrir la vie aujourd'hui. Bon après c'est vrai que le monde extérieur me faisait toujours un peu peur, peur du monde, du regard des gens ou pire encore croiser un membre de ma famille. On passe un bon moment, je n'ai jamais connu des personnes aussi gentilles avec moi. On passe dans un magasin pour que Assia puisse s'acheter des cahiers. Je m'amusais à toucher à tout comme un enfant. Me retournant d'un geste brusque et maladroit, j'ai finis par percuter quelqu'un. -? : Tu peux pas faire attention ? J'essaye de contourner la personne mais elle me retient par le poignet. -? : Oh je te pa... Je lève les yeux et vois mon frère Halim. Il avait l'air tout aussi choqué que moi, il cligne des yeux pour bien se rendre compte que c'est bel et bien moi. Halim : Jîhen ? Il a eu du mal a me reconnaître, j'avais beaucoup changé. Moins frêle, moins pâle, j'avais coupé mes longs cheveux en un carré, et je les avais teint. Je voulais au maximum être méconnaissable. Je hoche la tête, il lache son emprise sur mon poignet et me serre dans ses bras. Alors là je m'y attendais vraiment pas, c'est vraiment la première fois qu'on a un geste d'affection envers moi. Je le serre fort dans mes bras, je m'y sentais tellement bien. Il me lache et prend ma tête dans ses mains et me pose un bisou sur le front. Il a fallut seulement ce geste pour faire couler mes larmes. Il se tourne vers les deux femmes qui m'accompagnait. Il leur sourit et leur serre la main. Halim : Je suis Halim, son frère. Samia : Ah enchanté mon fils, viens Assia on avance, Jîhen tu nous rejoins dans le rayon juste là ? "Oui." Elles partent me laissant seul avec mon frère. Il me ramène dans un autre rayon moins bondé. Il me serre une nouvelle fois dans ses bras et sèche mes larmes. Halim : p****n ça fait du bien de te voir en forme. Faut que je te parle, je veux rattraper le temps perdu mais là je peux pas Nahil est censé me rejoindre faut surtout pas qu'il te voit. " 18 rue ***** ***** c'est mon adresse." Halim : Je viens vers 13 heures, prend soin de toi ma soeur. Il me fait un rapide bisou sur le front et s'en va. Il est partit tellement vite j'ai pas eu le temps de répondre, j'avais le cœur tout chaud et battant à 1000. Je réalisais ce qui venait de se passer, le monde est si petit et le destin si bien fait. J'essaye de rejoindre discrètement Assia et Samia le sourire aux lèvres. [13h04] Mon frère devait arriver d'une minute à l'autre alors je range l'appartement. Je fais les cent pas en tordant mes doigts jusqu'à ce que la sonnette me tire de mes pensées. J'ouvre la porte et tombe sur Halim. Je le fais entrer et on s'installe dans le salon. Halim : Maman a dit que tu avais fugué. Alors celle-là, vraiment aucune honte. "C'est faux ! Elle m'a viré !" Halim : Je sais, je ne l'ai pas cru mais papa est devenu furieux. Fais attention à bien rester cacher parce que si Nahil ou papa te voit c'est la fin. "T'inquière je gère." Halim : Et donc...c'est ton appartement ? "Ouais c'est elle qui m'a envoyé ici." Halim : Comment tu fais pour payer le loyer ? "Beh au début elle m'a envoyé de l'argent mais la j'ai pas payé le loyer, y'a les huissers qui veulent venir mais j'ai trouvé un travail alors je vais m'en sortir ." Halim : T'en sortir ? Regarde t'as rien, même pas un four micro-onde, ni de frigo, ni de télé. "Je gère." Halim : Lève toi. Je me lève, il me dit de mettre mes chaussures et de le suivre. On descend et on monte dans sa voiture qui était garé sur le parking. "Où est-ce qu'on va ?" Il ne dit rien et reste concentrer sur la route. Quelques minutes après, nous arrivons dans un magasin de meubles. "Halim j'en ai pas besoin." Halim : Là c'est moi qui gère. On est rentré, on a achetait de la peinture, du papier peint et quelques autres trucs qui me manquait comme un frigo. Les gérants du magasin ont chargé tout ça dans un camion que Halim avait loué. "Merci beaucoup Halim." Halim : T'inquiète petite tête. "Comment tu vas faire pour payer tout ça ?" Halim : C'est pas l'argent qui me manque. On remonte dans sa voiture, les gérants nous aidaient à monter tous les meubles. On les à remercier et on est rentré dans la maison. Je pars me changer, je met un tee-shirt et un jogging et me fais une queue de cheval. Je retourne au salon où Halim commençait à mettre le papier peint. On met le papier peint, ensuite il monte le canapé le tapis, la table, il installe la télé. Il voulait absolument tout faire en une semaine max alors tous les jours il venait et on s'y collait. Le dernier jour on a fait la peinture, il faisait que de m'en mettre partout. Entre temps il m'avait acheté d'autres meubles, une table, des chaises etc. Il avait même acheté des assiettes, pleins de couverts et des casseroles, je manquais vraiment de rien c'était juste incroyable je me sentais enfin dans mon chez moi. Je remercierais jamais assez Halim pour tout ce qu'il a fait. [21h56] Halim : Ah je suis claqué. "Merci encore." Halim : T'inquiète, maintenant t'as une vraie maison. "Tu veux rester dormir ici pour aujourd'hui ?" Halim : Ça te dérange pas ? "Bien sûr que non, je te laisse ma chambre le lit est confortable." Halim : sourire, Je vais me laver. "Je suis invité à manger chez Samia tu veux venir ?" Halim : Non je peux pas je dois voir des potes mais vas-y toi, on se rejoint à la maison. "D'accord." Il part se laver pendant que je lui fais à manger. Je pose sur la table et pars me préparer. Je pars vers Halim qui était en train de manger, il me fait un bisou sur le front en me disant de faire attention et je sors de chez moi. Je marche vers son bâtiment le sourire aux lèvres, je crois que j'ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie, mon frère égaie vraiment mon quotidien depuis une semaine. Si vous saviez comme ça fait du bien cet amour qu'il me donne. J'attend l'ascenceur, quand elle s'ouvre je tombe sur deux gars. Je reconnais le fils de Samia, Ismael et quand je regarde bien celui qui est à côté je reconnais Yûnus, le mec de ma classe. On se fixe quelques secondes avant que je baisse la tête et que je rentre dans l'asceneur pendant que eux sortent. C'est donc lui son fils, je savais pas que quand elle disait "Yûnus" elle parlait de lui. Je sonne, Samia m'ouvre et me fait la bise. On se met à table, il y avait Jibril son plus petit fils et Assia. Elle ramène le plat, on mange en rigolant. Jibril me faisait beaucoup rire. Ensuite Assia me dit de venir avec elle alors on va dans sa chambre et on s'assoit sur son lit. Assia : Ça va ? "Très bien et toi ?" Assia : Ça va, parle moi un peu de toi. Enfin écris moi plutôt. "Tu veux je te dise quoi ?" Assia : Beh je sais pas euh...t'as des frères et soeurs ? J'avais pas trop envie de lui déballer ma vie parce que j'ai beaucoup de mal à faire confiance. À part Halim en fait je ne fais confiance à personne. Mais elle m'a l'air tellement gentille et toute douce. "J'ai 2 grands frères." Assia : Ah et tu habite ici depuis quand ? "Ça fait bientôt 3 mois." Assia : C'est fou je t'avais jamais vu. "Ouais, je préfère rester discrète." Assia : Je vois sa, tu veux faire quoi plus tard ? "Je sais pas trop, infirmière, sage femme ou voir plus grand peut-être." Assia : Oh c'est bien. On a beaucoup parlé, on apprenait à se connaître. Enfin c'est plutôt elle qui parlait et elle me posait des questions pas trop compliqués pour m'éviter d'écrire. C'est une fille très gentille. Ensuite on a prié ensemble et quand Yûnus et Ismael sont rentrés je me suis décidé à partir. Samia : Ah tu pars ma fille, beh reviens quand tu veux d'accord t'es la bienvenue. Je hoche la tête en souriant et lui fais la bise. Je dis au revoir à Assia et Jibril et met mes chaussures. Samia : Ismael accompagne la regarde il est déjà 23h. Ismael : Non j'ai la flemme. Samia : La flemme, la flemme toujours t'as la flemme toi. Ismael : C'est pas de ma faute. Samia : Yûnus s'il te plait. Yûnus : à moi, Vas-y viens. On sort, on descend les escaliers et on marche dans la cité sombre. Y'a quelques gars en bas du bâtiment qui fumé, Yûnus leur serre la main et on continue d'avancer. Même si je suis assez gênée de marcher seul avec lui, heureusement qu'il est là parce que cette cité elle fait peur la nuit, y'a presque aucune lumière. On marche silencieusement, il est à fond sur son téléphone et moi je regarde mes pieds. Yûnus : T'habite où ? Je lève la tête vers lui et le regarde grâce à la lumière de son téléphone. Il est vraiment beau, il a les cheveux noir en dégradé, la peau mâte comme la majorité de sa famille et les yeux marrons très clairs, il se ressemble tous en fait mais il a énormément de charme. Il porte un jogging gris et un maillot du Maroc avec un gilet Nike. En plus il a une voix grave mais cassé un peu vous comprenez ? Eh beh je kiffe sa voix je sais pas pourquoi et son parfum aussi, ça sent trop bon et... Yûnus : Eh oh ? Je sors de mes pensées et lui montre du doigt mon bâtiment. Il m'accompagne jusqu'à l'entrée, je lui fais un petit sourire pour le remercier et monte vite pendant que lui continue de me regarder. Je rentre chez moi, je me lave et me met en pyjama. Je prépare ensuite le lit de mon frère avant qu'il finisse par rentrer. Je lui explique que j'ai passé une bonne soirée et je m'endors sur le canapé. Faut que j'aille en cours demain et je redoutes vraiment mon retour.
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