Alissa Marakina FURE
Je quitte le restaurant toute honteuse. Il faut vraiment être très malchanceux pour faire des trucs aussi bête. Je n'aurais pas pu faire plus maladroite. Non seulement il s'est rendu compte que je l'observais en catimini. Mais aussi, je me suis tournée en ridicule face à tous ces gens dans le restaurant qui ont assisté à la scène. Et pas des moindres. Si je pouvais creuser un trou et y entrer.
Je cours jusqu'au parking de l'hôtel et m'engouffre aussi rapidement que je peux dans ma belle décapotable bleue nuit. Je demarre en trombe et roule jusqu'à l'agence sans jamais m'arrêter un seul instant en chemin. Je file directement dans mon bureau dès que je suis arrivée sans prêter attention au regard sur ma robe tachée par la sauce. Je suis toujours un peu secouée par ce qui vient de se passer là bas. A chaque fois que je croise ce type, je finis par faire des choses vraiment ridicules. C'est inadmissible.
Après une bonne douche et aussi après m'être changée, installée derrière mon bureau, prête à prendre le boulot, mon téléphone sonne. Je regarde l'écran. C'est Serena, ma plus grande sœur qui m'appelle. Je décroche aussitôt car il me fallait discuter avec quelqu'un pour émerger de mon mal être depuis que je suis revenue.
- Coucou Nana ! Comment tu vas ?
- Je vais bien petite sœur. Et toi comment ça marche de ton côté ?
- Ça va oui. Et toi ?
- Tu vas bien ? Demande Serena l'air inquiet.
- Oui. Pourquoi ?
- Tu redemandes encore comment je vais.
- Ah ! J’ai pas prêté attention. Mais je vais bien, je te jure.
- Si tu le dis, répète ma sœur sans conviction. Bref... Je serai sur Paris la semaine prochaine. J'espère te voir petite sœur. Cela fait vraiment longtemps que l'on n'a pas eu du temps toutes les deux. Je m'installerai chez les parents le temps que je passerai là bas. On pourra se voir.
- Pourquoi tu ne viendrais pas chez moi de préférence ? On aurait eu nos petits moments tranquilles, sans les parents à côté, rattraper le temps perdu toi et moi... Les filles seront là, elles aussi ?
- Non, non.
Pendant un instant, j’ai cru l’entendre renifler. Je me suis convaincue que ce n’était pas le cas lorsqu’elle a enchaîné :
- Elles resteront avec leur père. Je ne serai là que pour un weekend. J'ai cru que tu aurais eu besoin de ton intimité. Raison pour laquelle j'ai préféré aller chez les parents.
- Hmmmm ok ! Fis je déçue. Je vois. Ben je passerai te voir là bas alors. Tu me fais signe quand tu seras là grande sœur. Mais en aucun cas tu ne m'aurais derangée chez moi.
- D'accord Mara. Bon, ben, une prochaine fois alors... Bon j'y vais. Je t'appellais pour ça en fait. Je suis à la banque en ce moment. Et je dois recevoir un gros client dans quelques minutes.
- On s'appelle Nana.
- Bisous ! Ciao ! Je t'aime.
- Attend Nana ! Des nouvelles de Mickaëla ?
- Au dernier nouvelle elle était en Irlande. Tu connais ta sœur. Elle voyage sans raison. Il suffit qu’elle se réveille un bon jour avec l’envie.
- Ta sœur est folle. C'est le genre à te sortir des excuses pour expliquer ses multiples escapades comme "j'ai eu envie de respirer un autre air". Mon Dieu !
- Ma sœur tu dis ?
Serena se lance dans un fou rire.
- N'est ce pas toi que maman a dit qui est la fausse jumelle de Mickaëla ? Elle se moque.
- N’importe quoi.
- Tu étais là quand maman a dit que tu fais les conneries comme si au moment où elle te portait dans son ventre, il y avait des résidus de Mickaëla à l'intérieur de son utérus. C'est toi son double Mara.
- Ta mère est dérangée dans sa tête, je m’esclaffe. Tout ça parce que je refuse les soupirants qu'elle me présente.
- A qui le dis tu ? Ta mère et les mariages... Bon, cette fois, j'y vais pour de bon petite sœur. Je dois justifier mon salaire. On ne me paie pas pour passer des appels à ma famille sinon servir le client lui même.
- Vas-y. Je t'attends ici à Paris ma grande. Tu n'as pas idée comme j'ai hâte. On va faire les quatres cents coups.
- Je t'en prie madame. Attend que Mickaëla rentre pour ces genres de projets. Moi même, je suis une mère de famille. Je n’ai plus l’âge pour ses choses là.
- D'accord la mère de famille. Je t’attends. Même si c'est pour des soirées pyjamas, terminé-je sur une note amusée.
Après avoir raccroché avec ma sœur. J'ai fait sortir mon carnet de note. J'ai relu les infos notées lors de la réunion avec monsieur COLLIN. Puis j'appelle Madi.
- Madi, tu peux venir s'il te plaît ?
- J'arrive tout de suite mademoiselle FURE, elle me répond dépuis sa position.
Je récupère un feutre noir et un rouge dans le tiroir du bas dans le but de créer une ébauche sur le petit tableau se trouvant au bureau en attendant que Madi n'arrive. J'essaiyais de trouver d'autres idées innovantes pour mes prochaines prestations de service.
Au tableau j'écris le thème de notre prochain évènement pour un essai. Autour j'ajoute certains éléments se rapportant à celui ci et fis matcher les détails par thème.
Deux coups sont portés à la porte de mon bureau.
- Entrez donc Madi.
- Vous aviez demandé à me voir mademoiselle.
- Oui ! J'aurais besoin que vous rentriez en contact avec Armand COLLIN. C'est le responsable de Collin's magazine. Vous vous assurerez qu'il reçoive tout ce qui se révèle être nécessaire pour se faire une idée propre de notre agence dans le cadre légal. Nos formulaires, nos tarifs ainsi que nos brochures... Je dis tout. Envoie lui tous les détails en rapport avec nos prestations de services. Ajoute aussi le contrat. Qu’il aie une idée. Je veux qu'à notre prochain rencontre avec COLLIN que tout soit déjà au point pour la signature du contrat sans avoir à tout lui expliquer moi même.
- C’est d'accord mademoiselle FURE.
- Autre chose, met moi en communication avec notre boutique de fleurs habituelle. Je dois prendre de l'avance sur certains dossiers.
J'ai discuté avec elle quelques minutes. Bientôt j'aurais besoin d'être réapprovisionnée, je dois prendre les devants. Sinon, je n'aurai pas de fleurs pour mes décos. Décembre arrive. C'est le mois des mariages et des festivités en masse.
Quelques minutes après avoir raccroché, Madi me signale l'arrivée d'un visiteur. Alors que ce dernier n'avait pas rendez vous. En plus, il n'a pas non plus voulu décliner son identité. Mais je décide de le recevoir tout de même. C'est peut être un client mécontent. Ces gens riches ont une façon hors du commun de régler les conflits et je ne tiens pas à ce que cela se passe à l'accueil. Je décide alors de le recevoir.
- Envoie le moi à mon bureau.
Grande a été ma surprise de constater que ce n'était nulle autre que Sebastian ou Gabriel, qu'importe son prénom déjà. Mon cœur s’emballe dans ma poitrine. Pourtant, je me mis simplement débout pour l'accueillir. On s'échange une poignée de main.
- Bonsoir ! Le saluais-je gardant nos mains toujours liées. Je ne m'attendais pas à vous recevoir ici. Vous avez des revendications à faire passer à propos de la soirée de... votre fiançailles, je déglutis. Quelques chose vous a déplu dans notre manière de travailler ? Je prends un ton détaché.
Il fixa nos mains toujours enlacées. Je retire la mienne toute gênée de façon brusque. Puis, d'un geste de la main, je lui montre la chaise afin qu'il puisse s'asseoir. Il prit donc place en face de moi, les jambes croisées et les doigts entrelacés à hauteur de son visage.
- Pas de ce point de vue là, il répond enfin. Tout était parfait. Je tenais d'ailleurs à vous remercier pour ce moment magique que vous et votre équipe nous aviez concocté à ma fiancée et à moi. Elle était ravie. Et moi aussi d'ailleurs. Tout était d’une perfection maximale. On ne saura vous enlever ce qui vous appartient. Elle et moi, nous avions été satisfaits. Enfin, si on enlève le gène engendrer par ce moment où vous aviez fait tomber votre verre par terre tout en m'appelant par un autre prénom, il darda sur moi un regard son attente de réponse.
Je le fixe droit dans les yeux moi aussi et replace mes jambes de manière à prendre une allure impénétrable.
- Et donc ? M’exprimé-je avec désinvolture.
- omment ça ”et donc” ? Je n'ai pas compris pourquoi tu m'as appelé ainsi. Je te le demande. La moindre des choses serait que tu m'expliques.
- Donc, on est passé au "tu".
Gabriel me fixe l'air de dire "ce n'est pas le moment". Je souris en coin.
- On arrête un peu Sebastian. On n'est que tous les deux là. Pas besoin de continuer à jouer la comédie avec moi. Toi et moi, on a bien plus que ça à gérer tu ne crois pas ? Et mentionner par ci et là ta fiancée ne m'intimide pas. Sait-elle qui tu es ?
Il rit nerveusement.
- Mais de quoi diable est ce que tu parles ? Je ne te connais pas dutout. On n'a rien à gérer tous les deux. C'est encore quelle histoire ça ? D’où est-ce que tu me connais ?
Je me lève, va vers lui et je m'accroupis à son niveau. Caressant sa cuisse d'une main, je recherche son regard.
- Regarde moi droit dans les yeux. Prend ton temps. Et quand tu auras fini, ose me dire que tu ne me reconnais pas Sebastian. Moi, Alissa Marakina FURE.
- Je...
Il tressaillit à mon contact.
- Je ne suis pas ton Sebastian. Je ne l'ai jamais vu ton type. Je m'appelle Gabriel LEMARCHAL. Je suis un homme d'affaires assez connu. Pas le genre à jouer au double identité. Dans le milieu je suis beaucoup trop sur le feu des projecteurs pour ce genre de foutaise.
- Et pourtant vous avez la même tête. Tu m'expliques ça comment ? Tu es jumeau par hazard et tu ne le savais pas ? Sébastien, lui, il ne l'était pas en tout cas.
Il prend tout son temps pour me reluquer. Il batta des cils des minutes après. Quoiqu'il jouait les amnésiques, dans son regard, on sent que quelques chose avait l'air de le déranger. Il recula sa chaise de quelque centimètres de moi. Je le suis faisant preuve de sensualité. Du bout des doigts, je touche son visage, relève son menton et maintient sa tête à quelques centimètres de la mienne. Gabriel se debattait pour gérer ses pulsions.
- Je ne vois toujours pas.
Je m'approche d'autant plus de lui et murmure avec toute la sensualité qui me caractérise :
- Tu es sur de toi ?
- Plus... plus que sur, il déglutit.
Je rapproche ma tête de la sienne et l'embrassa à tout rompre sur un coup de tête. Il ne m'oppose aucune résistance. Bien au contraire, il me maintient la nuque au bout d'un instant tout en me poussant à me mettre debout. Lui tout comme moi avaient besoin de ce contact. Enfin, je préfère le croire ainsi. Car, nos corps plaqués l'un contre l'autre, on se dévorait les lèvres comme des amants qui se sont perdus de vue depuis des lustres et qui s'impatientaient de se retrouver. Il était plus déchaîné que moi.
Il me bouscule lentement en continuant ses caresses. Ses mains alla presser mes seins alors que sa bouche s’emmêlait à la mienne. A un moment donné, je me suis retrouvée coincée par le bureau. Il passe une main sous mes fesses, me soulève et me fait m'asseoir sur celui ci. J'entrouve mes jambes, l'attire plus à moi et les entrecroisent derrière lui.
Ce b****r est allé bien plus loin que je ne l'aurais voulu. Mon intention première était simplement de l'embrasser afin de me prouver à moi ainsi qu'à lui aussi que je ne m'étais pas trompée sur la personne en face comme il passe son temps à clamer qu'il n'est pas celui auquel je pense. Je ne m'attendais surtout pas à frémir autant dans ses bras. Pas après tout ce temps et tout ce qui s'est passé entre nous. Pourtant, lorsque ses doigts touchèrent ma peau, à travers la petite ouverture du dos de ma robe c'était comme si je venais de recevoir une décharge électrique à cette endroit. Une chose venait d’être confirmée. Je le désire autant, voire plus qu’avant.
Je me détachais de lui difficilement car je me voyais déjà transporté sous d'autres cieux et ce n’était pas là le but du manège. Il ne fallait être prise à mon propre piège. Je lissais quelques plis imaginaires de ma robe. Puis je suis retournée m'asseoir à ma place.
- Tu as une idée maintenant ?
A ce moment, Gabriel jouait les choqués.
- p****n, mais t'es qui toi ? Ça ne va pas la tête ? Pourquoi m'as tu embrassé ? Tu m'es tombé dessus comme une folle.
- Allissa Marakina FURE. Fille de Mathis et Eunice FURE. Celle qui... Tu n'arriveras pas à me faire croire que tu es amnésique Sebastian. Tu sais parfaitement ce que tu fais. Et tu sais aussi qui je suis. Tout ce cinéma que tu fais là, tu laisses ça pour ta copine. C'est uniquement elle qui ne sait pas qui tu es.
Gabriel expire bruyamment.
- Je ne sais pas ce que tu me veux. Je viens d'être fiancé il y a à peine quelques jours. Tu devrais le savoir vu que c'est toi et ton agence qui aviez tout organisé. Alors, tu ne peux pas me sauter dessus comme ça. Je ne peux pas faire ça à ma future femme. Je... je vais me marier, p****n.
- Ah ouais ! Ce ne sera pas si grave, parlé-je avec sarcasme. Après tout, ce n'est pas la première femme que tu abandonneras si lâchement au dernier round. Tâche tout simplement de ne pas le faire à l'église cette fois. Tiens tes couilles.
- Cela doit être une mauvaise blague. Parce que... tu es vraiment malade toi. Il faut que tu te fasses consulter. Encore une fois, je ne suis pas ton Sébastien chose truc. Ne viens pas t’immiscer dans notre vie à ma future femme et à moi.
Il s'en va furieux en claquant la porte de mon bureau. Je me remis de mes émotions et reprend le travail. Tout le long je n'ai fait que penser à ce type. Il était tellement convaincu que j'en arrive moi même à douter de l'identité de la personne en face de moi. Peut être que ce n'est pas lui enfin de compte. Mais pourquoi cette ressemblance troublante ? Je pris un air pensif, l'extrémité inférieure du crayon dans ma bouche.
- Mais bon sang ! Qui est ce type ? Sebastian n'a jamais eu de jumeau. Se pourrait il qu'il ait eu un accident le jour du mariage qui lui a bousillé le cerveau et c'est pour cela qu'il ne s'est jamais pointé ?
Gabriel LEMARCHAL
Je ne fais qu'imaginer des choses dans ma tête depuis que je suis revenu de l'agence. Des questions sans réponses, c'est tout ce que j'ai. Alors que cette fille semble être sûre de ce qu'elle avance tantôt. Elle n'a pas l'air déphasé non plus. Il doit y avoir du vrai dans ce qu'elle raconte.
Les seules personnes pouvant me donner une quelconque explications ce sont mes parents. Néanmoins, je ne sais pas comment porter la chose à leur connaissance. La vérité est que j'ai moi même la trouille par rapport à ce que je peux trouver. Je n’aurais pas pu oublier une femme comme elle.
- Tu rêves d'elle, me rappelle ma conscience.
Oui. Mais, ce n’est pas pareille. Une vie avec une femme aussi intense ne s’oublie pas.
Je ramasse mes affaires et me prépare à partir. Dans l'état où je suis, ce serait un vrai miracle si j'arrive à vraiment faire quelque chose de créatif.
- Marissa, je rentre. S'il y a quelques chose à régler en urgence, tu peux faire le transfert à l'un des frères PARKER s'il te plaît. Peu importe que ce soit des dossiers sur lesquels je travaillais seul.
- D'accord monsieur. Bon après midi ! Et aussi bon rétablissement monsieur !
- Merci Marissa !
Je conduis jusqu'à chez moi. Maman était dehors dans l'entrée principale de la maison à faire du jardinage. Elle a amenagé un petit espace pour ses plantes. Pour ma mère et ses plantes, il n'y a pas d'heure. Elle les traite avec tellement d'amour. C'est une vraie passion pour elle. Ça m'étonne même avec toute la connaissance qu'elle a qu'elle n'a jamais pensé à ouvrir une boutique de fleur. Plus d'une fois je lui ai insufflé l'idée. Elle n'en a jamais donné suite.
- Bonsoir maman ! Je m’en vais la prendre dans mes bras dès mon arrivée.
- Tu rentres tôt aujourd'hui ! Quelques chose ne va pas mon fils ? Tu as le visage tout pâle mon cœur. Tu es malade ?
- Tout va bien maman, je réponds le regard fuyant. Tu n'as pas à t'inquiéter... Il est où papa ?
- A la banque, je crois. Quelques chose ne va pas ?
- Mais papa ne travaille pas aujourd'hui. Qu'est il allé faire à la banque ?
- Exactement. Il avait dit qu'il n'allait pas rester.
- Tu me fais signe quand il arrive s'il te plaît. Il y a un sujet dont je voudrais que l'on en discute tous les trois. Je préfère te prévenir maman que ce n'est sûrement pas contre vous deux que j'agis au cas où tu te mettrais à y penser. C'est vraiment important pour moi.
Maman dépose le seau qu'elle tenait.
- De quoi veux tu nous parler fiston ? Tu me fais peur.
- Ce n'est pas un truc à avoir peur maman. Note juste que c'est important pour ton fils... Je vais m'allonger un peu maman. N'oublie pas de me prévenir quand papa sera là.
Je lui fais la bise avant de rentrer pour de bon cette fois. Je rejoins mon lit en m'allongeant dessus sans prendre la peine d'enlever mes chaussures. J'étais si épuisé que je ne me suis pas encombré avec autant de paperasse.
Rien de ce qui se passe autour de moi n'a l'air anodin. Déjà que je rêvais de cette fille bien avant qu'elle ne vienne s'incruster dans ma vie. Maintenant je me rend compte que ma vie et la sienne sont peut être liées quelques part. On dirait que ma vie est sur le point de prendre un autre tournant sans que je n'étais preparé à cela. Ce sont tant ces choses qui m'arrivent quand je ne suis pas là, on dirait.
Je repense à ce qui s'est passé tout à l'heure dans son bureau. J'ai la chair de poule. Cet instant où on s'est embrassé à en perdre haleine. Ça repasse en boucle dans ma tête au point où même mon kiki s'est soulevé. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je ne suis pas de ceux qui trompent leur partenaire. C’est bien la première fois que cela m’arrive ?
- Bon sang mec ! Que fais tu Gabriel ? Tu viens de te fiancer vieux, me répétais je.
J'espérais de cette manière arriver à me convaincre de ne pas être focus. Mais rien n'y fait. Ma pensée refuse de visualiser autre chose que la petite bouille de cette femme et ses seins durcis sous mes paumes. Finalement, j'appelle ma fiancée et lui propose de venir à la maison. Elle doit pouvoir contrecarrer les méfaits de l'emprise qu'exerce cette fille sur mon corps. Ma libido n'a jamais été aussi incontrôlable que ça l'est en ce moment.
Silvia est mannequin. Toujours est-il que je lui disais tout le temps que ce n'est pas un vrai métier et qu'elle devrait en changer. Pourtant ce qui me sauve aujourd'hui ce n'est ni plus ni moins que la flexibilité de son agenda.
Elle vient chez moi dans l'après midi toute pimpante comme à son habitude. Je lui saute dessus sans préliminaire. Evacuer cette tension sexuelle que j'ai accumulé en cherchant à repousser cette fille... Pourquoi diable je pense encore à elle ?
Je la déshabille sans douceur. A chaque fois que j'essaie d'y mettre un peu de tendresse dans ce que je fais, c'est cette fille qui apparut devant moi. Ce n’est que dans ma tête. J’en suis conscient. Mais elle refuse de partir. Je finis par tout laisser tomber dégouté. Silvia ne captait rien dans ce qui s'est passé. La pauvre.
La vérité est que je n'ai jamais réussi à faire l'amour autrement qu'avec douceur. Pour concrétiser, j’ai besoin de m'imprégner de l'odeur, de la douceur de la peau de ma partenaire, de créer un lien spécial avec cette dernière. De sentir tout ce que l'on partage quand je la regarde dans les yeux. Chose qui n'est pas le cas en ce moment. J'ai eu l'impression de tromper Silvia quoique c'est avec elle que j'étais dans la chambre. Et cela me ronge de l'intérieur.
- Tu peux m'expliquer ce qui t'arrive Gabriel ?
Je m’allonge sur le lit alors que Silvia se tracassait. Je me suis voulu rassurant. Mais il n’y a pas grand chose qui est sorti de ma tentative.
- Il n'y a rien baby. Je suis juste... fatigué.
- Fatigué ! Tu ne savais pas ça avant ? Pourquoi m'avoir demandé de venir dans ce cas ?
- Car j'avais envie de te voir. Tu me manquais Cereza. N’étais-ce pas important ?
- Pourtant depuis que je suis là tu ne fais rien qui prouve que je te manque comme tu le dis. Tu n’arrives même pas à me faire l’amour.
- Ma chérie !
- Tu me trompes Gabriel ?
Je sursaute et ma réponse arrive en même temps.
- Non. Mais bien sur que non ma belle, je lui mens. Mais pourquoi j'irai tromper une femme comme toi. J'ai encore toute ma tête ma belle.
Silvia prit une mine sérieuse.
- Et tu as intérêt. Si tu t'amuses à jouer à l'idiot avec moi Gabriel. Je te jure sur ce que j'ai de plus cher que je te coupe les boules et les donnes à bouffer aux chiens.
Je touche instinctivement mon service trois pièces. Je lui souris faiblement. Qu'aurais je pu faire d'autres ? Cette femme ne blague pas quand il s'agit d'histoire avec d'autres femmes. La première fois, j'ai tellement galéré pour qu'elle accepte de me parler de nouveau. Il n'y avait même pas eu un b****r comme ce fut le cas ce matin.
Elle m'embrasse en pinçant mes lèvres durement avec les siennes. Si c'est un message, j'ai compris mama. Je ne vais pas déconner après cela. Silvia est repartie chez elle en étant furieuse contre moi.
A peine est elle partie que l'on frappe à la porte. J'ai même cru que c'était elle. Sauf que c'était maman qui venait me dire que papa était en bas.
- Tu as un souci avec ta fiancée mon fils ?
- Non maman. Pourquoi tu ...
- Et pourquoi est elle repartie aussi vite ? On s’est croisé à peine.
- Elle a un shooting photo tard dans la soirée maman, mentis je. C'est pour cela qu'elle a dû s'en aller à peine arriver.
- Je vois... Bon, je suis juste venu te dire que ton père est dehors. Tu as dit vouloir nous parler à tous les deux. On est là.
Je suis ressorti avec elle. Papa était assis dans le salon, une tasse de café à la main comme à chaque fois quand elle rentre du boulot.
- Bonsoir papa !
- Ta mère m’a informé que tu souhaitais t'entretenir avec nous à propos d'un sujet asez grave. Alors, on est là.
Je m'assieds.
- Oui. C'est à propos de mon identité. Une femme... une femme que je ne connais pas ne cesse de m'appeler Sebastian alors que ce n'est pas mon nom. De ce que je sais en tout cas. Étant donné que vous êtes mes parents. Je me dis que vous pourriez peut être éclairer ma lanterne.
Ils échangent un long regard laissant le silence me répondre.