POV de Cécilia
Xavier se tenait derrière moi, son visage figé dans une expression de fureur glaciale.
Mon compagnon loup—non, celui qui allait bientôt devenir mon ex-compagnon—assistait à toute cette scène qui se déroulait sous ses yeux.
Je me suis tournée à nouveau vers le groupe, mes yeux se posant sur la fille aux cheveux courts assise dans un coin du canapé. Il y a quelques instants à peine, elle croisait les jambes avec assurance, enroulant une mèche de cheveux autour de son doigt avec une expression suffisante. À présent, son visage s'était complètement décomposé, elle me regardait comme si elle voulait m'arracher la gorge.
Alors c'est ici qu'ils tenaient leurs petites réunions de meute. À en juger par la façon désinvolte dont ces hommes parlaient, ce n'était pas la première fois. Ils apparaissaient déjà ensemble en public sans même essayer de cacher leur relation.
Xavier s'avança, sa présence d'Alpha emplissant la pièce.
Soudain, comme des marionnettes dont on aurait tiré les ficelles, tout le monde se mit en mouvement.
"Luna Cécilia, nous sommes vraiment désolés, nous disions juste n'importe quoi", bafouilla l'un d'eux, le titre de 'Luna' sonnant désormais creux.
"Luna Cécilia, il n'y a rien entre Xavier et Mademoiselle White", ajouta un autre désespérément.
"Luna Cécilia, s'il vous plaît, ne prenez rien de tout cela au sérieux."
Xavier me saisit le poignet, sa prise ferme alors qu'il tentait de m'entraîner vers la sortie. Le lien partiel entre nous s'enflamma douloureusement à son toucher, un cruel rappel de ce que nous avions partagé autrefois.
Je me suis retournée et lui ai jeté mon verre en plein visage.
La pièce devint silencieuse comme un cimetière.
Tous me regardèrent avec des yeux écarquillés, leur stupéfaction était palpable. Comment une humaine osait-elle défier un loup Alpha en public ?
Si j'avais eu des instincts de loup, ils m'auraient hurlé de me soumettre—mais je n'en avais pas. J'étais simplement une humaine qui avait finalement atteint son point de rupture.
Je lui adressai un sourire doux, "Vas-y, continue à t'amuser avec ta petite amie. Je ne vais pas gâcher ton moment de bonheur." Je tentai de dégager ses doigts de mon poignet, bien que chaque contact faisait vaciller le lien qui nous unissait. Le visage de Xavier s'assombrit dangereusement, son loup grondant sous la surface. Sans prévenir, il me souleva et me jeta sur son épaule. Tout le monde dans la pièce resta figé. Dans le couloir, je me débattais vigoureusement contre sa prise, suspendue à son épaule. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent à point nommé.
Lorsque Xavier m'emmena dans l'ascenseur et se retourna, je vis un homme - de sa taille imposante, il occupait presque la moitié de l'espace. Son costume noir sur mesure mettait en valeur des épaules larges et une silhouette puissante, et ses chaussures en cuir coûteuses encadraient ses longues jambes élancées. Même ses bras relâchés laissaient transparaître une force contenue, et ses larges.
L'air de l'ascenseur devint brusquement tendu. Je ne pus m'empêcher de lever les yeux vers lui alors que nous nous préparions à partir. Ce que je vis fut un visage séduisant, aux traits anguleux, avec des yeux de loup gris acier emplis de danger qui brillaient dans leurs orbites profondes. Il m'observait avec un léger dédain, ses lèvres fines étaient un peu pincées, et sa mâchoire était aussi dure qu'un coup de couteau. Un visage extrêmement agressif, mais avec une élégance aristocratique détachée.
Je couvris vite mon visage et baissai à nouveau les yeux. Mes sens humains étaient peut-être moins aiguisés que ceux d'un loup, mais même moi, je pouvais sentir le pouvoir émanant de cet étranger. Un Alpha, sans aucun doute—et pas n'importe quel Alpha. À l'extérieur du club, Xavier me jeta sur la banquette arrière de sa voiture avant d'y grimper lui-même.
Je me débattis pour me redresser, étourdie d'avoir été transportée à l'envers puis ballotée. Ma tête tournait, et je me sentais comme si j'allais avoir une commotion. Xavier prit des lingettes humides dans la boîte à outils de la voiture et commença à se nettoyer le visage. Mes yeux aiguisés remarquèrent ce qui ressemblait à un paquet de préservatifs derrière la boîte de mouchoirs. Les preuves de sa trahison étaient littéralement partout. Sa voix accusatrice emplit l'habitacle, "Qu'est-ce que tu faisais là ? Essayer de me prendre en flagrant délit d'infidélité ?"
J'ouvris la portière de la voiture, avec l'intention de sortir. Cette voiture me semblait contaminée.
"Cécilia !" grogna Xavier en me tirant à l'intérieur. "Où crois-tu aller ? Tu ne sais pas quand t'arrêter ?"
Je tentai de calmer ma respiration en appuyant mes doigts les uns contre les autres pour me stabiliser. "Je veux rentrer chez moi," réussis-je à dire.
Xavier appela loup solitaire Henry, qui attendait devant le club, pour qu'il vienne nous chercher.
Pendant tout le trajet, nous restâmes silencieux. Je me tins aussi loin que possible de lui, le visage pâle comme si j'allais vomir d'une minute à l'autre. L'odeur d'alcool flottait sur lui—piquante, capiteuse, mâtinée d'un parfum qui n'était pas le mien.
À la maison, je sortis immédiatement de la voiture.
Dans la cuisine, je bus d'un trait un grand verre d'eau glacée avant de me sentir un peu mieux.
Lorsque je revins dans le salon, Xavier était assis. Je m'approchai et m'assis également.
Un silence étouffant s'installa entre nous jusqu'à ce que Xavier se décide à parler enfin. "J'étais là pour une réunion d'affaires. Faire irruption dans le club de cette manière et provoquer une scène... tu m'as vraiment embarrassé. Ne réalises-tu pas à quel point tu as l'air stupide et ridicule, à te comporter comme une mégère ?"
"Autre chose ?" demandai-je calmement, mes émotions enfouies derrière des murs de glace.
"Si tu veux qu'on ait encore un avenir ensemble, cesse ces suspicions inutiles. Je n'ai pas le temps de gérer tes émotions."
"Compris. Autre chose ?" Ma voix demeura posée.
"..." Xavier fronça les sourcils. "Cécilia, sais-tu à quel point tu es agaçante en ce moment ?"
Je me levai, un léger sourire aux lèvres.
Bientôt, tu n'auras plus à être ennuyé.
Je montai à l'étage.
Après la douche, Xavier se glissa sous les draps à mes côtés. Dans l'obscurité, je m'allongeai sur le côté, lui tournant le dos, me décalant davantage vers le bord du lit pour éviter tout contact physique. Chez les loups, le contact était sacré—il renforçait le lien entre partenaires. Mais nous n'étions pas de vrais partenaires, n'est-ce pas ? Notre lien n'avait jamais été complété, et désormais il se fracturait irréparablement.
Xavier se retourna et me tira brusquement dans ses bras, m'arrachant du bord du lit avec une colère à peine contenue. Son corps grand et puissant maîtrisait le mien facilement. Une fois son étreinte resserrée, je ne pouvais plus bouger du tout. Je passai toute la nuit raide dans ses bras, imaginant ces mêmes bras enlaçant Cici White.
Le matin, je préparai le petit déjeuner uniquement pour moi-même. Xavier descendit et me vit assise seule en train de manger des toasts. Il s'apprêtait à partir mais changea de direction pour s'approcher de la salle à manger, se penchant pour murmurer à mon oreille avec une voix plus douce, comme s'il essayait de m'amadouer : "Ce week-end, allons faire de la voile quelques jours. Juste nous deux." Je continuai à boire mon lait et marmonnai un "Mmm" non engageant à travers mon nez.
Sans surprise, la veille du week-end, il annula encore, disant qu'il devait partir pour Hong Kong. Cela ne me fit rien. Pas la moindre déception. Peut-être n'avait-il même pas réalisé depuis combien de temps nous n'avions pas partagé un repas ou véritablement passé du temps ensemble. Ses mots m'avertissaient de ne pas penser au divorce, mais en réalité, il me traitait comme de l'air. Si je disparaissais un jour, il ne le remarquerait probablement même pas.
Ce week-end-là, je retirai mes livres de notre étagère commune et les emballai dans une valise pour les emmener à mon nouveau chez-moi. En les triant, je reçus un appel rare de Dora.
Je répondis poliment : "Bonjour, Luna Dora." Dora répondit avec une indifférence arrogante : "Viens. Pour ce dont nous avons discuté auparavant—mettons cela par écrit." "Est-ce vraiment nécessaire ?" demandai-je, bien que je connaissais déjà la réponse.
"Je dis que c'est ainsi, donc c'est ainsi", claqua-t-elle, son autorité d'Elder Luna palpable dans sa voix.
"D'accord, je passerai cet après-midi."
"Viens à midi."
"Très bien."
À l'autre bout du fil, j'imaginais presque le visage sévère de Dora, elle doit sûrement avoir concocté un petit tour pour me dégoûter, rien de plus qu'une image désolante de Xavier et cette petite louve se rapprochant de manière intime. Elle espère probablement que je sois témoin de la scène pitoyable entre ce couple minable, n'est-ce pas ? Après tout, à ses yeux, seul un loup-garou de sang pur est digne de son précieux fils. Mais malheureusement pour elle, je ne me laisserai pas abattre par ça.
Peu m'importe quel stratagème elle mijote. Vas-y, lâche-toi, chère belle-mère Dora !