Adossée contre le mur en brique rouges, je sens la fraîcheur imprégner le dos de mon pull et la chair de poule se hérisser sur mes bras. J'ai un peu froid mais ça me fait du bien. J'étouffais à l'intérieur. De la buée s'échappe de ma bouche par mes lèvres entrouvertes et s'estompe bientôt dans l'air de la ruelle. Elle est bientôt remplacée par la fumée plus opaque de ma cigarette. Alors que j'aspire une deuxième bouffée, le déroulement de la soirée défile dans ma tête. D'abord la préparation, le chef Alain en pleine action, la chaleur de ses paumes contre mes épaules. Qu'est-ce que j'ai dû le décevoir en partant comme voleuse. Puis vient le tour des clients désagréables, la misogynie des mecs à la table huit, la jalousie des cuisinières. Non je n'aurais pas supporté de rester ici. Prendr

