5Mardi 14 mars. Dix-huit heures. Coup de sonnette. J’ouvre. L’abbé Steimann se tient sur le pas de ma porte. — J’ai été trop dur avec vous, dit-il sans préambule. Sous le coup de la colère, je me suis montré indigne de mon sacerdoce. Pardonnez-moi. Il me dévisage avec inquiétude. Ma mine doit être effrayante. — Vous souffrez dans votre chair et dans votre âme. Souhaitez-vous vous confesser et communier ? Il me donne l’absolution. Je communie. Il m’embrasse. — J’ai longuement réfléchi. J’ai prié. Vous êtes une victime et non un criminel. Un chantage odieux vous a contraint à vous soumettre à cette femme abominable. — Je n’avais d’autre issue. Un refus signait mon arrêt de mort. Pour une raison obscure, je sais que je dois vivre, fût-ce à cloche-pied. Lorsque vous m’avez chassé, un ins

