Chapitre 4
(NARRATRICE : CAROLINE)
Comme promis, en fin d'après-midi, Guillaume revient avec l'enveloppe contenant les résultats. Il me regarde d'un air compatissant.
- Le détective privé avait raison. Je suis bien la sœur de cette femme. N'est-ce-pas ?
- Oui, fiabilité à quatre-vingt-dix neuf pour cent. Je suis désolé Caroline !
Je soupire complètement abbatue même si je me doutais déjà du résultat.
- Pourquoi mes parents ne m'ont jamais rien dit ! (les larmes aux yeux)
- Malheureusement vous ne le saurez jamais donc je pense que vous ne devriez pas vous poser trop de question. Dites-vous juste qu'ils ont fait ça parce qu'ils vous aimaient.
- Ouais, c'est vrai ! Merci Guillaume ! Vous êtes un ami en or.
- C'est normal ! Vous en auriez fait autant pour moi. Voir plus.
- Oui, c'est vrai !
- Vous allez faire le test de compatibilité ?
- Bien sûr que je vais le faire. C'est une inconnue pour moi, mais s'il y a une maigre chance pour que je sois compatible alors je dois essayer. Elle ne mérite certainement pas de mourir.
- Je vous reconnais bien là !
- Après il ne faut pas s'attendre à un miracle. La compatibilité est de même pas 25 %. Je me suis renseignée cet après-midi.
- Oui, mais ça se tente !
- Bien sûr que ça se tente. Cette femme ferait peut-être la même chose pour moi. Je ne sais pas après tout !
- Tout à fait ! J'aurais aimé avoir une sœur comme vous Caroline !
- Merci, ça me touche. Par contre, cette femme vit à New-York ! Je vais devoir m'absenter un moment.
- Prenez votre temps. Une vie à sauver, c'est important. Je m'occupe des dossiers en cours !
- Merci
- Mon dieu ! Je ne suis pas retournée à New-York depuis mon enfance. Je ne me souviens même plus à quoi ça ressemble.
- Je suppose que c'est comme à la télé ! (me rassura Guillaume)
- Oui, sûrement !
A ce moment là, je ne me pose plus de question et je réserve immédiatement un billet d'avion pour New-York.
Le lendemain, après huit heures de vol, j'arrive à New-York. J'attrape un taxi et je vais directement voir le docteur Matthiews dans un des hôpitaux les plus prestigieux de la ville. Le taxi roule en direction de Manhattan et je me rends compte à quel point cette Ville est magnifique. J'ai l'impression qu'à côté Paris est minuscule. Dire que j'ai vécu là durant cinq ans !
J'arrive à l'hôpital et demande à rencontrer le docteur Matthiews qui vient très vite à ma rencontre.
- Bonjour ! Je parle très bien français si ça vous arrange ! J'ai des patients francophones qui viennent me voir régulièrement. (dit le docteur)
- Bonjour docteur. Je me débrouille en anglais, mais pas couramment. En français ça m'ira très bien.
- On va se débrouiller ! Nous allons nous comprendre ! Vous m'avez informé que vous seriez peut-être compatible avec Johanna.
- Oui, un détective privé est venu me chercher chez moi à Paris, enfin sur mon lieu de travail !
- Madame, Johanna à vraiment besoin d'aide.
- Vous n'avez pas besoin de me convaincre docteur. Si j'ai fait tant de kilomètres, ce n'est pas par curiosité. Si je suis compatible alors je ferais ce don.
- C'est très généreux de votre part.
- Non, c'est de l'hospitalité. Je ne peux pas laisser mourir une personne sachant que je peux peut-être la sauver.
- Merci
- Par contre, si je suis compatible, je veux être donneuse anonyme. Je ne veux pas que cette famille sache que j'ai fait ce don. Si vous aviez utilisé la manière légale, ça aurait été mon droit. Vous avez décidé d'outrepasser les règles alors que je suis procureure de la république française. Je trouve ça plutôt culotté !
- Il faut parfois outrepasser les règles pour sauver une vie ! Je ne vais pas vous l'apprendre à vous qui êtes magistrat.
- Oui, je l'admets !
- Ils voudront peut-être vous remercier.
- Ils m'ont abandonnée et aujourd'hui, ils me rappellent parce qu'ils ont besoin d'un don. C'est ma moelle osseuse qui les intéresse. Moi, ils n'ont pas besoin de me connaître et je ne pense pas que j'en ai vraiment envie.
- Si je peux me permettre, Johanna est une femme remarquable et d'une immense générosité. Je comprends votre position, mais je ne doute pas qu'elle voudra remercier celle qui l'a sauvé si bien sûr vous êtes compatible.
- C'est pour ça qu'elle ne doit pas savoir !
- Comme vous voudrez.
L'après-midi même, je suis reçu par une équipe médicale qui est plus que bienveillante. Je fais les tests et rempli tous les papiers. Je vais me reposer pour la nuit dans un hôtel et je rentre rapidement à Paris. Je ne vous cache pas que cet aller et retour aux Etats-unis m'a épuisée. J'espère néanmoins que je vais pouvoir aider cette femme. Je suis peut-être dur, mais je n'arrive pas à dire que c'est ma soeur. Je ne doute pas de la bonne fois du médecin quand il me dit que cette Johanna est quelqu'un de bien, mais je n'arrive pas à sentir de lien avec elle. C'est tellement triste de penser comme ça !
Quelques jours plus tard, je travaille à mon bureau et rame sur une affaire difficile. Je ne sais pas du tout comment je peux convaincre le juge d'instruction que nous faisons fausse route sur cette affaire.
Mon téléphone sonne.
- Procureure Caroline Kepner, je vous écoute !
- Bonjour madame Kepner. Je suis Roy Matthiews, le médecin oncologiste de Johanna. Je vous appelle pour vous informer que vous êtes compatible pour le don de moelle osseuse.
- Ah ! Ben... C'est une bonne nouvelle.
- Vous êtes toujours d'accord ?
- Absolument. Je n'ai pas changé d'avis.
- Vous pouvez vous déplacer quand ?
- Je peux prendre l'avion demain s'il y a encore des disponibilités. Je serais là dans l'après-midi.
- D'accord. Donc on se voit après-demain et je vous expliquerais le protocole.
- D'accord ! À jeudi docteur.
Je raccroche, je me mets à sourire. Bizarrement, je prends cette nouvelle comme une victoire. Je suis surtout très soulagé pour cette femme que je ne connais pas dans le fond, mais qui a les mêmes liens de sang que moi et qui quoi qu'il en soit, ne mérite certainement pas de mourir.
Je décide de mettre mon dossier de côté, je me lève et je vais voir Guillaume.
- Guillaume
- Oui Caroline
- Je dois repartir demain à New-York pour plusieurs jours. Le médecin vient de m'appeler et je suis compatible.
- D'accord ! Prenez votre temps. C'est important.
- Oui ! Je sais. Merci !
- Je vous admire Caroline ! Vous êtes une femme d'une grande beauté euh bonté, excusez-moi pour ce lapsus !
Je me mets à rire. Je le vois légèrement rougir. Je ne sais pas s'il a parlé trop vite ou s'il le pense vraiment, mais ça me fait vraiment plaisir. Je lui dirais bien que je le trouve charmant moi aussi, mais je ne sais pas comment il pourrait le prendre.
- Si c'est révélateur, ça fait toujours plaisir.
Guillaume me sourit. J'avoue que je détourne souvent la tête lorsque cet homme me sourit.
- C'est révélateur en plus. Je le pense vraiment.
- Merci ! (souriant).
- Je vous appelerais.
- J'y compte bien. Partez maintenant, prenez votre journée pour vous organiser. Je gère !
- Merci ! Mon ex-mari ne voudra pas prendre Lola chez lui, elle va devoir rester seule par contre !
- Elle est grande Lola maintenant !
- Oui ! Je lui fais confiance !
- Écoutez, donnez lui mon numéro au cas où elle aurait besoin de quelque chose ou en cas de soucis. Si elle a besoin de moi, je serais là ! Partez l'esprit tranquille !
- Merci Guillaume ! Vous êtes adorable !
Le lendemain, j'arrive à New-york en fin d'après-midi. Je suis complètement exténuée par le vol que j'ai dû prendre à six heures du matin. J'arrive il est à peine neuf heures alors qu'il est déjà quinze heures à Paris, je décide de m'arrêter dans une bakery afin de prendre un petit-déjeuner. Un peu plus tard, je tente ma chance en allant rejoindre l'hôtel que j'ai réservé. Ma chambre n'est pas disponible avant quinze heures, mais en échange d'un bon pourboire de cinquante dollars, la chambre est rapidement disponible. Je me mets un peu dans le lit et m'endors. Je me réveille quelques heures plus tard et je décide finalement d'aller me balader un petit peu du côté de mémorial du 11 septembre. Je trouve cet endroit tellement beau et triste à la fois. Plus tard, je vais dîner dans un restaurant et finit ma journée par une ballade à Times square. Je suis ébloui par cet endroit. C'est magnifique tout simplement !
Le lendemain, je rencontre le médecin qui m'explique le protocole. Je signe les papiers d'accord et désigne ma personne de confiance. Sans réfléchir, je mets les coordonnées de Guillaume. Oui, c'est vrai ! Je suis divorcée, ma fille est mineur, je n'ai plus de famille. Qui mettre ? Peut-être ma meilleure amie "Laure", mais elle est tellement occupée !
Pour finir, je profite de mon après-midi de libre pour continuer la visite de cette magnifique ville de New-York que je n'avais encore jamais vue ou très peu durant mon enfance. Je me rends compte que c'est une ville fantastique et je commence à me demander pourquoi je ne suis jamais venue la visiter alors que j'y suis née et que c'est la ville d'origine de ma maman, oui parce que même si je sais aujourd'hui qu'elle m'a adopté, elle restera toujours ma maman et elle me manque tellement ! Je pense qu'elle serait fière de moi.
Du coup, je me pose beaucoup de question. Je me demande pourquoi mes parents ont quitté un si bel endroit pour venir vivre en France. Peut-être qu'ils voulaient éviter qu'un jour mes parents biologiques me retrouve. Je ne sais pas y répondre. Ils m'ont toujours dit que s'ils étaient partie, c'est parce que mon père devait reprendre l'entreprise familiale, une entreprise de télécommunication que j'ai choisi de vendre au décès de mes parents tous deux décédés lors d'un v*****t accident de voiture.
A suivre