« Vous comprenez, je n’ai rien dit… Tant pis pour lui, aussi ! J’ai bien fait. C’est un bon débarras. » Cette franchise brutale déplut à Félicité. Aristide, comme son père, comme sa mère, avait son cadavre. Sûrement, il n’aurait pas avoué avec une telle carrure qu’il flânait au faubourg et qu’il avait laissé casser la tête à son cousin, si les vins de l’hôtel de Provence et les rêves qu’il bâtissait sur sa prochaine arrivée à Paris ne l’eussent fait sortir de sa sournoiserie habituelle. La phrase lâchée, il se dandina sur sa chaise. Pierre, qui de loin suivait la conversation de sa femme et de son fils, comprit, échangea avec eux un regard de complice implorant le silence. Ce fut comme un dernier souffle d’effroi qui courut entre les Rougon, au milieu des éclats et des chaudes gaietés de

