Il se pencha, prit le mince poignet et appuya son doigt pour compter les pulsations. Ce geste professionnel, Vital l’avait fait plus d’une fois depuis qu’il s’occupait de la santé de Madel. Une rougeur monta au jeune visage, à ce souvenir. Le poignet frémit un peu entre les doigts doux et forts dont le contact était si léger, si discret. Une émotion, qui semblait un mélange de tristesse, de pitié, d’irritation, fit palpiter pendant quelques secondes les lèvres de Bernard et assombrit son regard. Ses doigts s’écartèrent, en laissant retomber lentement la main de Madel. – Oui, les nerfs sont un peu fatigués. Le changement a été trop brusque pour vous. Elle murmura : – Oh ! oui. La clarté mélancolique de ses yeux se répandait sur son visage aminci, d’où le sang se retirait lentement. Elle

