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1713 Words
– Michel, Michel... Où es-tu ?! Je me réveille au son de la voix stridente d’Henrique, plus connu sous le nom de Hick, qui résonne dans le couloir. Il semble très agité, ce qui serait normal pour une enfant de trois ans, mais pas pour lui qui est généralement si réservé. – Michel ?! Son cri provient maintenant de ma chambre. Je plisse les yeux en essayant de distinguer mon petit frère, incroyablement agaçant. Il saute d’un coin à l’autre de la pièce, visiblement excité par quelque chose. Qu’est-ce qui prend à ce gamin ? – Michel, elle est tellement jolie et gentille, en plus d’être très câline . je me redresse dans mon lit, ne comprenant rien à ce qu’il raconte "son nom est Scarlett, et elle sera ma future compagne . conclut-il d’un seul souffle, un grand sourire aux lèvres." Scarlett ? Compagne ?... – HENRIQUE JACKSON MARTIN, ton frère dort et tu ne devrais pas le déranger . Ma mère apparaît dans l’embrasure de la porte, les bras croisés, lançant un regard sévère à Hick tu sais qu’il a du mal à dormir. Elle me regarde avec inquiétude. Elle a raison. Depuis des années, je n’arrive plus à bien dormir. C’est sûrement pour cela que je passe autant de temps à m’occuper du royaume et à m’entraîner. Mais ces derniers jours, je suis particulièrement agité. Même Klaus est nerveux, probablement à cause de l’anniversaire d’Elisa qui approche. – Ne t’en fais pas, Dona Kath, je dors suffisamment . je sais qu’elle ne me croira pas, mais je préfère clore le sujet . Vous restez au château ce soir ? Vous savez que vous pouvez rester autant que vous voulez . dis-je en voyant les yeux de Hick s’illuminer à cette idée. – Pas cette fois, chéri. Ton père veut parler à Henrique . je fronce un sourcil, intrigué il m’a fichu une sacrée peur en disparaissant dans la... je la regarde, stupéfait. – Quoi ? Comment ça, il a disparu ? je grogne, furieux à l’idée qu’il ait pu se balader seul, sans aucune protection. Mon Dieu, il aurait pu être enlevé, comme Elisa. Dona Kath me raconte ce qui s’est passé. Elle dit avoir été désespérée, hors d’elle en le cherchant. Henrique a été retrouvé par une femme, que ma mère décrit avec surprise comme très gentille. Elle ajoute que si cette femme ne l’avait pas trouvé, elle ne sait pas ce qui aurait pu arriver. À ce moment-là, je me sens soulagé et reconnaissant envers cette fameuse Scarlett. Henrique est sain et sauf, c’est tout ce qui compte. Mais tout change quand j’apprends qu’elle, une parfaite inconnue, a été invitée à l’anniversaire de ma compagne. – Comment peux-tu inviter quelqu’un que tu ne connais même pas ? Cette femme pourrait essayer de s’infiltrer dans notre royaume pour transmettre des informations à ces maudits suceurs de sang . je m’emporte, exaspéré par l’innocence de ma mère. À quoi pensait-elle ? – Elle ne veut pas s’infiltrer pour prendre des informations ! Scarlett est gentille, respecte ma future compagne ! je suis surpris par l’attitude d’Henrique, d’ordinaire si silencieux, mais qui maintenant défend farouchement quelqu’un qu’il connaît à peine. Je fronce les sourcils. Comment s’est-il autant attaché ? Henrique n’a jamais été ainsi, il est très difficile à approcher. – Deniel ! ma mère me fixe sérieusement , ça peut paraître fou, mais j’ai vu de la sincérité dans ses yeux quand nous avons parlé. Elle n’a pas cherché à me flatter en découvrant qui j’étais, elle ne m’a même pas traitée différemment après l’avoir su . une lueur d’admiration brille dans ses yeux . Scarlett semble être une excellente femme, et je tiens à ce qu’elle soit présente à l’anniversaire . conclut-elle d’un ton ferme. Je passe nerveusement mes mains dans mes cheveux déjà en bataille. Ma mère ne changera pas d’avis, je le sais. Je n’ai plus qu’à accepter... et à surveiller cette femme de près pendant la fête. – Très bien, mais je te préviens : je vais la coller de près, et si elle représente le moindre danger, c’est moi qui lui arracherai la gorge . ma voix devient glaciale, marquant le sérieux de mes propos . maintenant, si vous me permettez, je dois me changer. – Comme si je n’avais jamais vu ce que tu caches sous cette couverture, tu oublies que c’est moi qui changeais tes couches ? me lance-t-elle sur un ton moqueur. – Dona Kath, je crois que vous oubliez que je suis le suprême, et que si l’un des soldats vous entend, je deviendrai la risée de la caserne je la réprimande, même si au fond, ça m’est égal. Je tuerais quiconque oserait me manquer de respect, ou faire du mal à ma famille. – Comment oses-tu dire une chose pareille ? elle entame son petit numéro dramatique ,je t’ai porté pendant huit mois, j’aurais même accepté un neuvième si tu n’étais pas si pressé de sortir ! J’ai passé des nuits sans dormir, et voilà comment je suis traitée dans ma vieillesse ! Tous des ingrats, ces enfants d’aujourd’hui . elle attrape Hick dans ses bras et quitte la chambre en claquant la porte, marmonnant encore dans sa barbe. Je souris devant son incroyable et unique façon d’être. Je me dirige vers la salle de bain, fais ma toilette et prends une douche froide, appréciant le contact revigorant de l’eau sur mon corps. Après quelques minutes, je sors et m’enroule d’une serviette blanche autour des hanches. Je m’arrête devant le miroir, non embué grâce à l’eau froide, et regarde mon reflet : l’enveloppe d’un mâle qui, malgré une apparence invincible, a un point faible. Elle est mon point faible. ✦ Flashback Je marchais dans les rues de Black, revenant d’une chasse. J’avais attrapé un énorme élan, ce qui avait un peu ravivé mon moral. En passant devant le château des Collins, une odeur m’a frappé. Légère, indéfinissable, mais suffisante pour enivrer mon loup. Il voulait cette chose, quoi que ce soit. Je me suis arrêté pour inspirer plus profondément. Cette odeur... Je me suis élancé sans réfléchir. Mes pas n’étaient plus dictés par ma raison. J’ai atteint le portail, immédiatement ouvert par les gardes qui, par sagesse, n’ont même pas osé me questionner. À peine entré, l’odeur est devenue plus intense. Je n’avais plus aucun contrôle, mes pas fermes me dirigeaient droit vers ce qui semblait être le jardin. Au loin, j’ai aperçu l’Alpha Christian et la Luna Elisabeth, enlacés devant un rosier. Trop mielleux à mon goût. Plus j’avançais, plus mon loup devenait déchaîné. Il était prêt à protéger, sans que je sache encore quoi. Je marche sur une feuille sèche. Ils se retournent, surpris, ne s’attendant visiblement pas à ma visite. Je les comprends. Moi-même, je ne m’attendais pas à être ici. Mes yeux cherchent autour d’eux, espérant apercevoir quelqu’un d’autre. Déception. Un instant, j’ai cru avoir trouvé ma compagne... MA COMPAGNE ! La voix de Klaus résonne dans mon esprit. m***e. A-t-il vraiment dit ce que je pense ou est-ce mon imagination ? Arrête de tergiverser, regarde le ventre d’Elisabeth. Notre compagne est là.Mon regard se porte rapidement vers elle et, à ma grande surprise, cette odeur envoûtante vient effectivement de là. Nous l’avons trouvée ! – Pourquoi fixes-tu le ventre de ma compagne ? La voix de Christian me sort de mes pensées si tu continues, on va avoir un sérieux problème, suprême ou pas .son ton est sans équivoque. En temps normal, j’aurais tué quiconque m’aurait défié ainsi, mais là, rien d’autre ne comptait. – Ma compagne... Elisabeth porte en elle la future luna suprême dis-je d’une traite. Leurs réactions passent de la surprise à une joie pure. Christian, devenu pâle comme un linge, fait tournoyer Elisabeth, qui éclate de rire. Une scène digne d’un film, si je n’étais pas intervenu. – Je comprends votre bonheur, mais évitez de la faire tourner. On ne sait pas si ça peut nuire à ma destinée . Christian me fusille du regard, puis hoche la tête, préoccupé. Elisabeth, elle, lève les yeux au ciel en marmonnant quelque chose sur « les mâles ». Christian a fini par accepter, après une sérieuse discussion. Les mois suivants furent parfaits pour moi, moins pour eux, car je ne les quittais plus d’une semelle. Je surveillais l’alimentation d’Elisabeth, l’aidais dans tout et interrompais même leurs moments intimes. C’est frustrant de voir que tout s’est terminé de façon aussi tragique. ✦ Je suis tiré de mes pensées quand quelqu’un couvre mes yeux et m’embrasse. Je repousse aussitôt la personne, découvrant Valérie. – Pour qui tu te prends à entrer ici et faire ça ? je grogne, tentant de me contenir. Cette femme me rend fou.m Valérie a un an de plus qu’Elisa. Elles sont cousines du côté maternel. Depuis ses dix-huit ans, elle développe une obsession maladive pour moi. Mais depuis que j’ai su pour Elisa, je ne me suis jamais lié à une autre. Contrairement à d’autres mâles, je refuse de m’engager avec quelqu’une d’autre en attendant qu’elle soit en âge. – Ne sois pas si froid, chéri. Où voudrais-tu que je sois d’autre ? Elle trace une griffe sur mon torse Tu dois te débarrasser de cette pitié que tu ressens pour ce déchet d’avort... Mon loup surgit aussitôt. Je l’attrape par la gorge, la plaque contre le mur, consumé par la rage. – Ne t’avise plus jamais de parler d’elle ainsi. Si tu oses ouvrir la bouche encore une fois à son sujet, je te jure que je te tue mon ton glacial fait trembler son corps . compris ? je serre davantage. – T-tu... es en train d’é... ses mots ne m’atteignent pas. Je continue. – J’ai demandé si tu as compris ? dis-je en plongeant mes yeux dans les siens. – O-o-oui... su-suprême . je la relâche et m’appuie sur le lavabo, essayant de reprendre le contrôle. Mon loup réclame du sang. – Dégage ! je grogne. Elle ne tarde pas à s’éloigner, ses pas s’évanouissant dans le couloir. Je respire profondément, fixant mes yeux rouges dans le miroir. Valérie a réveillé ce côté sombre en moi, celui qui surgit à chaque fois qu’Elisa est concernée. Car comme je l’ai dit : elle est mon point faible. ?
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