Je l’ai aidé pour cela, car ses mains tremblaient. Alors, parés comme sylphe et sylphide, nous avons joint nos mains, puis nos bouches, puis nos corps. Et nous avons prononcé dix-sept fois au moins les paroles sacrées : « Tu es mon aimé(e). Je me donne à toi. » Et ce fut fait. Tout doucement, très lentement, dans la tendresse et la lumière. Désormais je suis une femme. Je saigne un peu. Et c’est bien. 30 octobre 1940 Le médecin responsable du centre de détention d’Aincourt, François Chardin, faisait partie de l’équipe thérapeutique de l’ancien sanatorium. Il se rappelait de moi lorsque je suis venue lui proposer de travailler sous ses ordres comme infirmière. Même si je n’ai pas encore fini ma formation, il paraît enchanté de ma démarche, car il ne bénéficie pour l’instant d’aucune assis

