II

2863 Words

II Quiconque observe ce qui se passe autour de lui sait, après quelques heures de séjour à Palerme, qu’on n’y songe guère à autre chose qu’à l’amour. Le climat le veut ainsi. Nous sommes à vingt lieues de l’Afrique, sous le même degré que l’Andalousie, sur la terre la plus généreuse du monde, dans une espèce de paradis où l’homme n’a qu’à se laisser vivre pour être heureux. Ce n’est pas en vain que le proverbe dit : Palermo felice. Sauf deux ou trois jours par mois où le souffle énervant du sirocco vient changer le bien-être en abattement, il n’y a point de pays où l’on se sente plus constamment dispos de corps et d’esprit. On distingue aisément parmi les habitants deux races diverses : l’antique sang de la Sicile et le sang espagnol ou mauresque. L’élément normand est plus rare, mais on

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