XII Un succès cheveluParmi les célébrités qui fréquentaient ma maison figurait ce que l’on se plaît à appeler un Génie. Le mot a été prodigué, mais il a encore quelque valeur. C’est, du reste, un état plein de charmes, quand on l’exerce en conscience et avec gravité. Tout homme qui hésite ou qui doute y est impropre ; il faut croire en soi pour y exceller et ne pas broncher dans cette croyance. Alors on monte sur les sommets de l’art ; on devient un Génie qui a du métier, qui sait son affaire. C’est l’idéal de l’emploi. Le Génie qui daignait m’honorer de ses visites, et que je n’amoindrirai pas en employant son nom vulgaire, était particulièrement doué de cette bonne opinion de lui-même qu’il déguisait sous une modestie parfaite. Il est impossible de s’adorer avec plus d’humilité, de pos

