Chapitre 12 : l'histoire rationnelle de ma vie

1216 Words
- « Ce n'est pas possible, Je refuse de te croire. » Me dit-elle très choquée. Le regard très intrigué, je n'arrivais pas à croire ce qui sortait de sa bouche, comment pouvait-elle m'informer du décès de ma propre sœur un an plus tard alors que moi son propre frère je ne suis pas au courant. - « Solange me disait tout d'elle, elle était comme un mère pour moi. » Ajouta –t-elle. - « Que te disait-elle ? » lui demandais-je. L'expression du visage de Delphine changea tout d'un coup, et elle dessinait une tristesse énorme. Le regard dans le vide, elle me parlait. - « Votre grand-père ainsi que le mien, étaient de très grand ami. » me disait-elle. Alors que je manifestais ma joie face à la nouvelle. -« C'est une très bonne nouvelle çà ? » disais-je en joie. -« Ne saute pas trop vite de joie. » me répondit-elle froidement. « Je vais te dire pourquoi je suis l'ennemie du clan de ta sœur Natacha. » Je la regardais avec beaucoup d'intrigue car je savais que j'allais encore apprendre de cette conversation. - « A l'époque où la récolte de Cacao n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui, il fallait se serrer les coudes pour avoir de quoi manger dans ce village. » Me dit-elle en plissant sa bouche. « on vivait dans la paix et la sorcellerie néfaste n'existait presque pas. Mon grand-père possédant de vastes terres qu'il considérait comme des terres inutiles car il y poussait du cacao, une culture qui n'avait à l'époque que des vertus médicinales. Il l'offrit au votre, pour que celui-ci en fasse une plantation de tomate. Quelques jours après avoir offert ces terres officiellement au tien, mon grand-père appris qu'en fait des « Ukwu » (les blancs), était à la recherche de cette culture qui en fait valait de l'or. Il revint sur sa décision, et demanda au votre de lui restituer ses terres en échange d'une autre terre. Malheureusement pour ce village, votre grand-père refusa, et cela fût le début de tous les maux qui existent ici. Les deux amis s'entredéchirèrent, et le tribunal coutumier trancha en faveur du votre, ce que mon grand-père n'accepta jamais, quelques années plus tard, votre grand-père devint l'homme le plus riche du village et par-dessus tout, il ravit la place à celui qui fut pendant longtemps dans cette position. Ce que beaucoup ne vous dise pas concernant la jalousie et la convoitise, c'est qu'elles sont les clés de la sorcellerie en elle-même. Le mien, ne supportant pas cette situation, se rendit dans la forêt d'Akwokwo, rencontrer la déesse Asagah avec qui il fit un pacte : celui de recouvrir ses terres et d'être le plus riche du village. Alors, la déesse Asagah lui fixe d'autres conditions, elle lui promit qu'il sera effectivement le plus riche, et que s'il tuait son meilleur ami, il sera à nouveau en possession de ses terres. Mais ce qu'elle ne lui avait pas dit c'est que derrière cette condition se cachait une autre. Il devait lui livrer son âme ainsi que celui de sa famille jusqu'à la 5ème génération. Très surpris par cette histoire que je n'avais jamais entendue. - « Waouh ! Je n'avais jamais suivi cette histoire. » Lui dis-je. - « Veux-tu que je continue ? » me demanda-t-elle - « Bien sûr que oui ! » lui répondis-je - « Parfait ! Sans donc hésiter, mon grand-père accepta les conditions qui lui fissent fixées, et quelques mois après il reprit sa position et construit la maison la plus gigantesque de tout le village. Ainsi, il acheta toutes les terres voisines à celui du tien. En quelques années, il possédait toutes les terres agricoles, à l'exception de celui du tien. Mais sa haine envers le tien lui poussait en vouloir plus, et ton grand-père savait que la prochaine étape sera ses terres. - « C'est bien beau mais jusque-là, tu ne m'expliques toujours pas pourquoi tu affirmes que ma sœur est décédée ? » lui dis-je en l'interrompant. - « Peux-tu me laisser poursuivre ? » me répondît-elle - « Ok ! Désolé. » Lui dis-je - « Mon grand-père vint voir le tien, et lui fît une proposition pour reprendre ses terres, et le menaça de représailles s'il n'acceptait. Une nouvelle fois, le tien lui répondit non ! Le mien se retira en disant au tien, qu'il le regrettera toute sa vie. Quelques jours après sa visite, ton grand-père perdit son premier fils de façon anodine, deux semaines plus tard sa seconde fille mourût de la même manière que le précédent. C'est lors de la mort de son avant dernier fils, que ton grand-père comprit qu'il devait prendre au sérieux les menaces du mien. Il se rendit à son tour chez les Dieux des eaux dans le fleuve moungo pour rencontrer la déesse Agouogouo, pour qu'elle lui vienne en aide. Celle-ci lui demanda ce qu'il voulait, il répondit : « je veux avoir le pouvoir de me venger de ..., et je veux être très puissant ». Elle lui promit ainsi qu'il sera l'homme le plus puissant du village, mais à une condition que dans sa deuxième génération, qu'il accepte de mettre au monde le mal en personne. Ton grand-père accepta les conditions sans mesurer les conséquences, Ainsi mon grand-père perdît aussi 5 de ses 6 enfants en l'espace d'un an. Mon grand-père se rendit chez le tien, pour le profaner des menaces. « S'il arrivait un seul truc à mon fils, je te promets, je tuerai le tien aussi. » Les deux tombèrent d'accord, de ne plus s'en prendre à leur famille respective. Mais, après la naissance de mon petit-frère, mon père mourut dans des circonstances tragiques. Cela fût le début de toute la discorde dans ce village. Ton grand-père clama son innocence, mais mon grand-père meurtrit par la mort de son fils, ne voulut rien entendre. Alors le village se divisa trois clans, le clan des « Zabatakè » (cœur noir) qui fût formé par ton grand-père, les « Njikom » (les esprits) formé par mon grand-père et les « Okwe » (esprit solide) le clan de la chefferie traditionnel. - « Les Njikom ? » lui demandais-je très étonné - « La guerre éclata, et la conséquence fût-elle que nos grands-parents y laissèrent leurs vies, et la lignée des Njikom fût éradiquée. Ainsi ton père prit tous les pouvoirs, mais alors qu'il devait hériter de celui de son feu père. » - « Eradiqué ? Tu es sensée être la dernière ? Qui sont les Okwe ? Je n'ai jamais entendu parler d'eux dans ce village. » Lui demandais-je très surpris. - « Je suis du clan Okwe, et je suis la dernière survivante. Ce clan fût formé par Solange et Brenda, qui refusèrent d'entrer dans la sorcellerie s'opposant ainsi à leur propre père, elles firent venir le curé dans ce village et implanta l'église qui pendant longtemps exterminait les membres du Zabatakè. » Surpris par sa réponse, j'écarquillai mes yeux. - « Le curé était dans ton clan ? »lui dis-je Une voix coupa notre conversation. - « Oui ! J'étais membre de ce clan. » Répondit le curé Le curé, ainsi que tout le clan de Zabatakè armé de gourdins apparurent derrière nous.
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