- « tous les sorciers ne sont pas mauvais, vous savez ? » dis-je en connaissance de mon état actuel.
- « Pardon ? On n'est pas en ville ici hein ? Ces êtres sont loin d'être des anges et je compte bien venger mes parents en les abattants tous. Je haïs les sorciers ! » Disait-elle le regard froid.
(...)
Elle se tourna ainsi vers moi, et m'adressa la parole.
- « Au fait, qu'est-ce que tu venais faire chez ce sorcier ? » me demandait-elle alors que je vis l'expression de son visage ébahi.
Je me suis mis à faire une introspection car ma tête bourdonnait de questionnement. Je me posais des questions du genre, si je lui disais que j'étais sorcier, n'allait-elle pas s'acharner contre moi ? Quand rapidement je pris la décision de ne pas lui dire que j'étais sorcier.
- « ben... Heur.... » Disais-je très hésitant alors que je cherchais des réponses raisonnables à sa question. « Je venais pour demander une prière au curé. »
Quand soudain ma phrase la fit rigoler aux éclats.
- « Une prière à ce sorcier ? Es-tu suicidaire ? »
Elle en rigola encore plus.
- « D'ailleurs d'où viens-tu ? Ton visage ne me dit pas grand-chose. »
- « je viens de Douala, mais auparavant je vivais ici. Je suis parti après la mort de mes parents. » Lui disais-je.
L'expression de son visage manifesta un étonnement hors du commun.
- « Humm ! Tu es décidément l'homme le plus c*n de ce village. » Me disait-elle alors que je fus confus par ses dires. « Pourquoi es-tu revenu ici ? Tout le monde rêve de fuir cet endroit maudit, toi tu l'avais pourtant réussi. »
- « Cà n'a jamais été mon choix de revenir, mais l'oncle chez qui je vivais, décéda ainsi que toute sa petite famille par magie noire. Voilà pourquoi je suis rentré, car on avait plus où rester en ville. »
- « Sache donc que ton retour n'est pas simple, la même personne qui a tué votre oncle, vous voulait surement dans ce village. » me disait-elle quand elle eut un éclair dans la cervelle. « Mais attend ! C'est vous les citadins dont tout le village parle ? Humm... » Me demandait-elle par la suite.
- « je ne sais pas, d'abord les villageois disent quoi de nous ? »
- « Rien, j'ai suivi par la bouche de certains que votre oncle était un grand sorcier de ce village. » Dit-elle
- « C'est ce que tout le monde nous dit aussi. »
- « En tout cas c'est l'œuvre des sorciers de ce village, ici, les décès ne sont jamais simples croit moi. En tout cas... Je me présente moi c'est Delphine et toi ? » Me disait-elle en me tendant la main, et on se salua normalement.
- « Moi c'est Clinton. » lui disais-je alors que la chair de poule envahie tout mon corps. Ce fut vraiment une sensation étrange, Je compris très vite que cette n'était pas simple...
- « Clinton, tu vas devoir faire attention, dorénavant tu es tout autant en danger que moi. D'ailleurs les gens comme toi se font rapidement bouffer. » Me dit-elle en me lançant un sourire moqueur. « Vient on va chez moi, tu rentreras chez toi au petit matin. »
- « non ça va aller, je peux rentrer seul ».
- « non, tu m'as sauvé la vie, je ne peux pas te laisser comme ça, tu es tout autant en danger que moi. Donc tu viens avec moi. »
Elle me prit par la main et nous nous rendîmes dans son domicile. Devant la porte de son entrée elle m'adressa une nouvelle fois la parole.
Sa maison était une vieille cabane en planche qui manquait d'entretien, il serait judicieux de dire que les bois s'étaient fragilisés, quand à la toiture, elle était affaiblie par la rouille qui se laissait voir à des kilomètres.
- « je ne suis pas très ordonnée donc ne prête pas attention aux décors. » Me disait-elle.
Elle ouvrit la porte de sa cabane, et là ....
Une lumière tellement luisante se mit à m'éblouir les yeux, et c'était d'une douleur tellement insupportable que je me mis à hurler de douleur, tout en me tenant la face.
- « Aïe !!! »
Delphine surprise me tint les bras en disant.
- « Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Les mains sur les yeux, je n'arrivais pas à contenir cette lumière.
- « la lumière dans ta maison, elle m'éblouit le visage. »
Delphine continua à me tenir par le bras, tout en regardant en direction de l'intérieur de sa maison mais bizarrement elle ne voyait rien d'étrange.
- « De quelle lumière parles-tu ? »
Soudainement... elle me relâcha, et je m'écroulai à quatre patte au sol tellement la douleur m'était insupportable.
- « Ah.... Je vois. » Me dit-elle
Elle ramassa une barre de fer qui traînait devant sa porte.
- « Donc... Clinton ? Tu es un sorcier aussi ? »
Elle se mit à me frapper sur le dos avec la barre de fer tout en me criant dessus.
- « saleté ! Je vais t'exterminer. »
Le coup me fit me ruer au sol, je n'arrivais toujours pas à voir car la lumière émanant de sa cabane m'éblouissait de plus en plus. J'avais donc une double douleur, celle des coups reçus, et cette lumière qui me faisait l'effet du piment dans les yeux.
- « Non, je ne le suis pas. »
Elle ne s'arrêtait pas de me frapper avec sa barre de fer.
- « oui, c'est ça, le malade ne sait pas très souvent qu'il est malade. » Me dit-elle.
- « non, je ne le suis pas, du moins laisse-moi t'expliquer. »
- « tu ne m'expliqueras rien, dit moi à quel clan appartiens-tu ? »
- « Puisse que je te dis que je n'appartiens à aucun clan. S'il te plaît arrête cette lumière... S'il te plaît. »
Elle arrêta de me frapper.
- « Tu es un sorcier, et moi, je ne fais pas confiance au gens comme toi. Un lion et un zèbre ne seront jamais amis. »
- « je ne suis pas un sorcier, Je te le promets. Laisse-moi t'expliquer, s'il te plaît arrête cette lumière. »
- « Qui t'envoie ? » insistait-elle
- « réfléchit un peu si je voulais te faire du mal, je l'aurais sans doute fait depuis. S'il te plaît. »
Après quelques secondes de réflexion, je réussis à convaincre Delphine qui alla fermer sa porte tout en tenant la barre fer dans sa main. Ainsi ma vue me revint. Allongé à même le sol, j'essayai de me redresser.
- « je n'ai besoin d'aucune explication va-t'en sinon j'ouvre ma porte. »
- « Aie... Tu frappes fort, tu frappes comme un homme. » disais-je alors que je me levais. « Delphine ! Laisse-moi t'expliquer. »
- « je ne veux rien comprendre, estime toi heureux que je ne te bute pas. Va-t'en et sur le champ. »
- « Delphine... »
-« j'ai dit de t'en aller. »
C'est ainsi que je pris la route pour la maison, malheureusement sans pouvoir lui expliquer que je n'étais pas ce genre de sorcier.